Nord syrien, situation fin printemps 2022
Actualités mondiales & françaisesRésumé traduit depuis les articles de l'expert du Proche-Orient, et en particulier de la Syrie : Rybar.
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Les Tribus de l'Est de l'Euphrate, Présentation des Tribus de l'Est de l'Euphrate (par Rybar), SDF/YPG and Turkey conducting profitable ISIS-style trade of stolen Syrian oil, Le Trafic de pétrole en Syrie par les USA (par Rybar)
Introduction
Le 26 mai, une réunion de trois heures du Conseil de sécurité nationale turc a été tenue pour discuter des opérations militaires "actuelles et futures" turques le long des frontières sud du pays.
Cela a été précédé d'une déclaration de Recep Tayyip Erdogan sur le début imminent des hostilités visant à étendre la soi-disant "zone de sécurité de 30 kilomètres en Syrie". Les États-Unis, les ONG américaines et les représentants des milices kurdes sont sérieusement préoccupés quant aux plans de la Turquie. Et aujourd'hui, Erdogan a annoncé l'achèvement des mesures préparatoires.
Puisque la Syrie est de nouveau à l'ordre du jour mondial, l'équipe de Rybar résume le dossier syrien avant le début de la prochaine opération des forces armées turques.
Géographie

L'annonce de la nouvelle opération militaire des forces armées turques en Syrie a eu lieu le 23 mai 2022 :
"Dans un avenir proche, nous prendrons de nouvelles mesures concernant les parties inachevées du projet que nous avons commencé dans la zone de sécurité de 30 km que nous avons établie le long de notre frontière sud", a déclaré Recep Tayyip Erdogan.
Cependant, des allusions à la reprise des hostilités dans le pays voisin ont été faites avant.
La Turquie a déjà mené trois opérations à grande échelle en Syrie :
Bouclier de l'Euphrate (2016-2017) : les forces armées turques et leurs forces alliées ont occupé le triangle Azaz - al-Bab - Jarabulus ;
Branche d'Olivier (2018) : les forces armées turques et leurs forces alliées ont occupé la majeure partie du canton kurde d'Afrin ;
Source de Paix (2019) : les forces armées turques et leurs forces alliées ont occupé le tronçon entre la frontière et l'autoroute syrienne M4 de Tel Abyad à Ras al-Ayn.
A l'heure actuelle, les zones d'influence de la Turquie en Syrie peuvent être divisées en trois zones :
Le soi-disant « Grand Idleb » : la jonction des provinces de Lattaquié, Hama et Idleb, qui est sous le contrôle des forces illégales pro-turques et de l'organisation terroriste Hayat Tahrir al-Sham, de facto également contrôlée par la Turquie ;
Les zones d'opérations « Branche d'Olivier » et « Bouclier de l'Euphrate » : le nord de la province d'Alep, occupé en 2016 et 2018 par les forces armées turques et leurs bandes armées alliées ;
La zone d'opération "Source de Paix" : la zone au nord de la province de Raqqa et Hasakah, occupée en 2019 par les forces armées turques et leur bandes armées.
Qu'est-ce que Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ?
Ce groupe est la dernière itération de la branche syrienne d'al-Qaïda : l'organisation terroriste Jabhat al-Nusra.
Son objectif est indiqué dans son nom : libérer la Syrie du "régime Assad".
Cependant, après que les dirigeants de la Russie et de la Turquie ont conclu des accords sur un cessez-le-feu en mars 2020, Hayat Tahrir al-Sham n'a fait aucune tentative pour attaquer les positions des troupes gouvernementales.
Contrairement à la SNA (Armée Nationale Syrienne), les contacts de Hayat Tahrir al-Sham avec la partie turque ne sont pas publics et se font par le biais du service de renseignement. Avant même le cessez-le-feu de 2020, la direction de HTS a usurpé le pouvoir dans le "Grand Idleb" en établissant son contrôle sur toutes les sphères de la vie dans la région.

Rêves de légalisation de HTS
Le chef de HTS, Abu Muhammad Julani, malgré son passé djihadiste, tente de légaliser le pouvoir qu'il a usurpé sur le territoire d'Idleb aux yeux de la communauté occidentale, sur quoi nous avons écrit à plusieurs reprises.
En accordant des entretiens à des journalistes occidentaux et régionaux, Jiuliani tente de se distancer le plus possible d'al-Qaïda, avec lequel il a publiquement rompu en 2016, en se déclarant être une forme atténuée de "djihadisme politique" qui ne constitue pas une menace pour la sécurité occidentale.
Le fait que Hayat Tahrir al-Sham et ses dirigeants ne soient pas la cible des forces américaines dans la région suggère qu'il existe des contacts avec des représentants des États-Unis, dans lesquels la Turquie peut servir d'intermédiaire.
De plus, HTS a été soupçonné à plusieurs reprises d'avoir transféré des données sur les allées et venues de certains membres de groupes rivaux à la partie américaine en vue de leur élimination. Il existe une idée selon laquelle c'est la coopération de Hayat Tahrir al-Sham avec les services de renseignement occidentaux qui a provoqué le début d'une campagne visant à exclure le groupe armé de la liste des organisations terroristes internationales du Département d'État américain.
Pouvoir absolu de HTS
L'organisation terroriste utilise une structure civile fantoche, le "Gouvernement du Salut", qui n'est rien de plus qu'un outil qui fournit des mécanismes "juridiques" et administratifs aux dirigeants de Hayat Tahrir al-Sham pour s'emparer de l'économie et des ressources de la région.
Sous le contrôle de HTS, nous trouvons :
Le système financier d'Idleb : la principale agence monétaire et de protection des consommateurs ;
La "Sham Bank" : une banque créée par HTS, établie sur la base de la société de gestion du groupe, pour le transfert et l'échange d'argent ;
Les postes frontières, avec la Turquie et d'autres régions de la Syrie, suivants :
Le poste frontière près de Bab al-Hawa (36.23303410734168, 36.68195151986054) ;
Le poste frontière près de Dirriyah (35.992152709557615, 36.314450891480035) ;
Le poste frontière d'Az Zawf (35.94536358821396, 36.23045580743745) ;
Le point de contrôle régional Afrin-Idleb de Ghazzawiyah (36.38016927284557, 36.847383682490126) (frontière 36.34470562913283, 36.84416131992274) ;
Le point de contrôler frontalier et régional de Deir Ballut (36.34197892330664, 36.66624331274174) (frontière 36.33112531478647, 36.672888693454986).
Les sociétés énergétiques :
Watad Petroleum, sous monopole de HTS, qui importe du pétrole et du gaz de Turquie ;
Kaf Business Company et Al-Shahba Combany, deux sociétés liées à HTS, créées pour donner l'apparence d'une concurrence sur le marché.
Les sociétés de communications et Internet :
La Société Publique de Télécommunications SG,
La société SYR Connect.
Et ce ne sont là que le principal de ce qui est sous contrôle de l'organisation terroriste dans les territoires sous son contrôle.
Le totalitarisme djihadiste
HTS essaie d'acheter tous ceux qui ne sont pas d'accord avec la « ligne du parti », et si cela échoue, l'appareil répressif est utilisé sous la forme du « service de sécurité » du groupe, qui agit souvent sans décision du tribunal local de la charia.
Les exemples les plus retentissants sont les arrestations et la torture de leurs anciens partisans, le "travailleur humanitaire" Abu Hussam Al-Britani (Tukir Sharif) et le propagandiste local Bilal Abdul Karim à l'été 2020.
Une situation similaire est observée en ce qui concerne les groupes rivaux, par exemple l'incident de l'année dernière avec les groupes Jundullah et Jund al-Sham, ou l'arrestation de l'épine dorsale du groupe Khursa al-Din.
Hayat Tahrir al-Sham tente également d'étendre son influence dans les régions du nord d'Alep, contrôlées par le groupe SNA « Armée Nationale Syrienne ».
Structure de HTS
Malgré la transition médiatique de Hayat Tahrir al-Sham vers une force politique modérée et avec qui il est possible de négocier, il s'agit toujours d'une formation armée à part entière. Depuis mai 2022, l'organisation terroriste est structurellement composée de 10 brigades nommées d'après les quatre califes vertueux et 6 des 10 compagnons du Prophète qui se sont vu promettre le Paradis par Mahomet, que l'on désigne en français par « les dix qui sont réjouis par la bonne nouvelle du Paradis » :
La brigade Abu Bakr as-Siddiq,
La brigade Umar Farruk,
La brigade Usman ibn Affan,
La brigade Ali ibn Abi Talib,
La brigade Talha ibn Ubaydullah,
La brigade Zubair ibn Avvam,
La brigade Abdurrahman ibn Auf,
La brigade Saad ibn Abu Waqqas,
La brigade Said ibn Zaid,
La brigade Abu Ubeida ibn Jarrah.
Bien que HTS soit fortement dépendant de la Turquie, l'organisation terroriste n'a jamais participé aux opérations militaires de l'armée turque, et l'offensive à venir ne fera pas exception.
Qu'est-ce que la SNA (Armée Nationale Syrienne) ?
Il s'agit d'une structure entièrement contrôlée par la Turquie, créée sur la base de factions d'opposition, qui, selon les plans, était censée devenir une force armée parallèle en Syrie.
Les trois premiers corps de la SNA se trouvent dans les zones d'opérations turques "Bouclier de l'Euphrate", "Branche d'Olivier" et "Source de la Paix".
Les quatrième à septième corps de la SNA , créés en 2019 sur la base des groupes Jabhat al-Wataniya lil-Tahrir (Front de libération nationale) et Jaysh al-Izza, se trouvent dans le "Grand Idleb".
Cependant, de nombreuses sources indiquent que le groupe Jabhat al-Wataniya lil-Tahrir (Front de libération nationale) continue de fonctionner de manière indépendante du reste des formations de la SNA.
Des terroristes restent des terroristes
Dans les territoires contrôlés par la SNA, des conflits réguliers éclatent entre les représentants de différents groupes, qui se transforment souvent en batailles à part entière. Les terroristes n'hésitent pas non plus à se livrer au racket, pillage, braquage et autres activités criminelles.
Il est toujours avantageux pour la partie turque de disposer d'une force par procuration sous la forme de la SNA, qui peut être utilisée comme "chair à canon", pour des opérations militaires en Syrie, en Libye ou dans toute autre zone des centres d'intérêts de la Turquie.
Par conséquent, le commandement turc réorganise constamment la structure de la SNA afin de minimiser les conflits entre factions, d'atténuer les désaccords, d'accroître la sécurité dans les territoires sous leur contrôle et d'unir les groupes pour mener à bien leurs tâches.
Fusions et remaniements
En juillet 2021, un commandement conjoint Azm a été créé au sein de la SNA sous prétexte de contrer l'influence de Hayat Tahrir al-Sham dans le nord de la province d'Alep et d'améliorer la sécurité des territoires sous contrôle de la SNA.
Le commandement conjoint comprenait des groupes de différents corps de la SNA :
La Division Sultan Murad,
Jebhat al-Shamiya,
Jaysh al-Islam,
Failak al-Majd,
Firkat 51,
Division Sultan Malik Shah,
Liwa al-Salam.
Le 9 septembre 2021, une autre structure a été créée : "Front de Libération de la Syrie". Elle comprenait :
La division Sultan Sulayman Shah,
La division Al-Hamza,
La brigade Al-Mutasim,
La brigade Sukur al-Shamal,
La 20ème division.
Le 1er octobre 2021, la formation du "Mouvement de Libération" Harakat Tayrun / Hayat Tayrun lil-Tahrir est créée, comprenant :
Failak al-Sham (secteur nord),
La Division Sultan Murad (qui restait alors sous le commandement combiné Azm),
La Division Al-Muntasir Billah,
Suwar al-Sham,
La 1ère division (fusionnant la Brigade du Nord, la 112ème Brigade de la SNA et la 9ème Division).
Le 18 octobre 2021, le commandement conjoint Azm publie une déclaration sur la fusion des six factions qui en faisaient partie, mais sans la division Sultan Murad, qui devient une partie du 3ème corps de la SNA.
De tels événements, "d'unification ou d'harmonisation des unités militaires" se produisent à grande fréquence jusqu'à ce jour. Cela crée continuellement de nouveaux "quartiers généraux opérationnels unifiés" et de nouvelles fusions.
Bien sûr, cela ne résout pas le problème des conflits entre différentes factions, ni la situation sécuritaire dans les territoires sous leur contrôle.
Cependant, de tels remaniements peuvent affecter l'efficacité au combat des formations armées dans le contexte de l'opération à venir dans le nord de la Syrie.
Cibles probables de l'opération des forces armées turques
Dans toutes les opérations, sauf la première, les milices kurdes, qu'Ankara considère, non sans raison, comme affiliées au Parti des Travailleurs du Kurdistan, reconnu comme terroriste en Turquie, ont agi comme des adversaires.
La nouvelle offensive ne fera pas exception.
La première phase concernera Tall Rifat et Manbij.
Il est logique de supposer que les forces armées turques, en collaboration avec la SNA, établiront le contrôle de la section de la frontière entre Jarablus et Tell Abyad afin de relier les deux zones d'influence turques dans le nord de la Syrie.

Cependant, les dirigeants militaro-politiques turcs ne se soucient pas de contrôler le territoire eux-mêmes.
Qu'apportera « l'élargissement de la zone de sécurité de 30 kilomètres » à la Turquie ?
L'isolement politique des formations armées kurdes
La déclaration sur la nouvelle opération a été faite dans le contexte de l'intention de la Suède et de la Finlande de rejoindre l'OTAN, à laquelle les dirigeants militaro-politiques turcs se sont vivement opposés en raison du fait que les pays scandinaves soutiennent les formations armées kurdes en Syrie.
En tant que l'un des membres éminents de l'Alliance de l'Atlantique Nord, la partie turque tente de faire pression non seulement sur la Suède et la Finlande, mais également sur d'autres pays de l'OTAN, afin qu'ils rompent toute relation avec le PKK et les structures apparentées.
Traiter les questions de sécurité nationale
La présence de formations armées kurdes près des frontières sud de la Turquie est perçue par les dirigeants du pays comme l'une des menaces actuelles. L'expansion de la zone de sécurité ne l'élimine pas complètement, mais la minimise au moins de manière significative aux yeux du public intérieur turc.
Résoudre le problème des réfugiés
N'oubliez pas un autre problème urgent de la Turquie : les millions de Syriens vivant sur son territoire depuis le début du conflit en RAS (République Arabe Syrienne).
« Environ 500 000 Syriens sont retournés dans les zones de sécurité que la Turquie a établies depuis le début de son opération en Syrie en 2016. Nous préparons un nouveau projet qui permettra à 1 million de nos frères syriens que nous hébergeons dans notre pays, de rentrer volontairement en Syrie », a déclaré Erdogan dans un message vidéo le 3 mai 2022.
Selon le président turc, le projet couvrira 13 régions du nord de la Syrie, telles que Azaz, Jarablus, al-Bab et Tell Abyad, c'est-à-dire le territoire occupé par les forces armées turques avec leurs forces alliées lors des opérations militaires passées.
L'extension de la zone de sécurité de 30 kilomètres offrira des opportunités supplémentaires pour le retour "volontaire" d'encore plus de réfugiés en Syrie.
IS et ISIL
Enfin, il convient de noter le facteur de « l'État islamique », qui, bien que marginalement, pourrait affecter le cours de l'opération à venir des Forces armées turques.
Après avoir subi une défaite militaire en Syrie en décembre 2017, l'Etat islamique a maintenu des poches de résistance sur la rive ouest de l'Euphrate dans la province de Deir-Ez-Zor.
Cependant, après la liquidation de l'enclave près de la ville de Baghuz en 2019, l'organisation terroriste a cessé de contrôler au moins une partie du territoire de la RAS.
À cet égard, la direction centrale de l'organisation terroriste a changé de tactique, lançant une campagne de « guerre d'usure ».
Nouvelles tactiques
Désormais, le but de « l'État islamique » n'est plus de contrôler un territoire particulier, mais de mener des attentats terroristes et des sabotages visant à affaiblir ses adversaires : les troupes gouvernementales et les « Forces démocratiques syriennes » (Forces kurdes).
Jusqu'à récemment, des « cellules » de « l'État islamique » étaient également présentes dans le « Grand Idleb », cependant, la campagne lancée par « Hayat Tahrir al-Sham » en 2018 pour les éliminer a réduit presque à zéro toute activité de l'IS dans le nord-ouest syrien.
Selon la ressource de propagande Amaq, les terroristes ont mené 368 attaques en 2021, qui ont fait 736 morts ou blessés. A titre de comparaison, dans l'Irak voisine, durant la même période, il y a eu 1 227 attentats et 2 093 victimes.
Sur la rive ouest de l'Euphrate
Des embuscades et des attentats terroristes se produisent sur le territoire contrôlé par le gouvernement. Des "cellules dormantes" se cachent dans badia (désert syrien) et mènent principalement des attaques aux abords de l'autoroute Palmyre - Deir-Ez-Zor.
Mais l'essentiel des attaques de "l'Etat islamique" tombe sur la zone contrôlée par les groupes armés kurdes. Cela s'explique par le problème du camp d'al-Hol, où les familles des combattants d'ISIS sont détenues ; et des prisons avec des terroristes capturés par les Américains et les dirigeants des SDF.
De plus, il y a le phénomène du maintien d'un nombre critique de partisans de l'État islamique dans des zones densément peuplées, ce qui implique en soi des problèmes de sécurité.
Mais en mai 2020, un responsable de l'IS a ajouté de l'huile sur le feu avec une déclaration publiée par le centre des médias de propagande Al-Furqan :
Le défunt Abu Hamza al-Qureishi a exhorté les partisans de l'État islamique à se concentrer sur la libération des prisonniers dans les camps, d'abord dans les régions sunnites, puis dans les prisons et les camps de réfugiés.
L'une des conséquences les plus notoires de cette déclaration a été la saisie de la prison d'Al-Sinaa et du quartier Gweyran à al-Hasakah en janvier 2022.
La liquidation du "calife"
Dans la nuit du 2 au 3 février 2022, les États-Unis ont mené une opération au cours de laquelle le chef de l'État islamique, Abu Ibrahim al-Qurayshi, et le représentant officiel de l'organisation terroriste, Abu Hamza al-Qurayshi, ont été éliminés.
Cependant, dès le 10 mars, le centre des médias d'Al-Furqan a désigné le nouveau chef de l'IS, Abu Hasan al-Hashimi al-Kureishi, et le nouveau représentant, Abu Umar Al-Muhajir, qui a fait la présente déclaration.
La liquidation du « calife », ainsi que d'autres commandants de haut rang de « l'État islamique », au stade actuel, a peu d'effet sur les actions des terroristes ordinaires.
Et même si les rumeurs concernant la détention d'un nouveau chef de file à Istanbul se confirment, l'organisation terroriste a prouvé à plusieurs reprises sa capacité à nommer efficacement et rapidement les personnes aux postes vacants.
A titre d'exemple, on peut rappeler la branche sahélienne, l'"Etat islamique au Grand Sahara", qui, même après la destruction du créateur du groupe, Abou Walid al-Sahraoui, a rapidement nommé un successeur et accru son activité au Mali.
Profiter de la situation
Actuellement, l'activité de l'Etat islamique persiste, mais elle ne représente plus la même menace en Syrie qu'avant la fin de 2017.
Cependant, après le début de l'opération turque, l'État islamique peut profiter de la situation et mener une série d'actions sur le territoire contrôlé par les groupes armés kurdes, qui à ce moment-là seront distraits par des combats avec la SNA et les Forces armées turques.
ANNEXES
12 juin 2022
"Hayat Tahrir al-Sham" a publié des photos d'exercices avec des terroristes de la brigade "Muawiya ibn Abi Sufyan" dans la région du djebel at-Turkman au nord de Lattaquié. Cela suggère que la structure HTS se compose de 11 brigades, et non de 10, comme on le pensait auparavant.