Science militaire

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Actualités mondiales & françaises



Nous allons aborder quelques travaux de recherches historiques dont les sources seront essentiellement en anglais, pour casser quelques légendes farfelues. La légende des cocktails Molotov, des grenades incendiaires ou d’autres moyens anti-chars “artisanaux”, voire même moins artisanaux tels que les panzerfausts ; la légende de la qualité versus quantité ; la légende de Koursk ; etc.

Cet article ne va pas se limiter aux légendes historiques, il va aussi aborder la tactique et la stratégie militaires et d'autres points techniques intéressants pour la science militaire.

Le point commun avec tout cela : la simulation tactique créée par Graviteam (également ici).


Cet article est évolutif : il pourra être complété ultérieurement.


Présentation de Graviteam

Tout le travail de l’équipe s’appuie sur des expériences réelles, des archives de journaux de combat, des travaux d’historiens spécialisés, des sources croisées (dont, pour la période de la Seconde Guerre Mondiale : archives militaires US, allemandes et soviétiques. Sachant que les archives US ont été abondantes assez rapidement, les archives allemandes sont peu nombreuses en raison des destructions dues à la défaite de 1945 et les archives soviétiques n’ont été accessibles, partiellement, que très récemment).


Cette équipe est avant tout passionnée par le développement de ses propres simulateurs et par la rigueur historique et technique, elle ne cherche pas, avant tout, le profit financier.   


Pour la présentation, il s’agit de quatre personnes ayant été envoyées en Afghanistan à la fin des années 1980. Les soldats soviétiques étaient très jeunes à cette époque durant laquelle ils se sont liés d’amitié. Je suppose qu’ils sont originaires de Kharkov. J’imagine qu’ils sont nés dans la deuxième moitié des années 1960, ce qui doit leur faire une bonne cinquantaine aujourd’hui. Ils sont restés proches et se sont lancés dans la création de simulateurs de combat. Au milieu des années 2000, ils ont développé, pour le compte d’une entreprise à Kharkov, “T-72: Balkans on Fire!”, assez connu dans le monde entier à l'époque, après quoi ils ont pris leur indépendance en ouvrant leur propre entreprise, toujours à Kharkov.

Parallèlement, ils ont travaillé pour l’armée ukrainienne, en développant des simulateurs d’entraînement.


Les simulateurs de Graviteam et la philosophie militaire

Je présente rapidement les simulateurs qu'ils créent, qui ont une philosophie particulière, loin des concepts occidentaux. 

L'essentiel des batailles reconstruites est, par choix, des batailles peu connues du grand public. L'idée est de faire connaître des choses intéressantes que les gens ne connaissent pas et de corriger des idées reçues.

Cela va jusqu'à lutte contre l'idée populaire selon laquelle l'hiver russe est forcément enneigé : Graviteam a sciemment reconstruit des batailles où les mois d'hiver ne sont pas enneigés, et les mois de printemps sont particulièrement enneigés voire très froids.

De plus, le principe est de simuler le rôle de l'officier supérieur, dont la tâche n'est pas de s'occuper de ce qui est de la responsabilité de ses subalternes (pas de "micro-management").  Ceux qui ne comprennent pas ce principe rencontrent rapidement un problème.

Moins vous interagissez avec l'interface, mieux c'est (il est possible de réaliser une bataille sans toucher quoi que ce soit : cela devrait rassurer les personnes qui sont effrayées par les nombreux éléments présentés dans le manuel). L'important est d'avoir une logique militaire et un esprit planificateur/anticipateur. Le reste est plus secondaire.

La philosophie de base est de favoriser grandement les plans bien réfléchis à l'avance, où chacun sait ce qu'il doit faire, pour minimiser les problèmes lorsque les combats s'engagent et que le désordre naturel s'instaure.

Vous retrouvez le concept réel en visionnant les vidéos d'Andrey Filatov, sous-titrées en anglais, qui montrent, avant chaque bataille, les officiers de la SAA (Armée Arabe Syrienne), expliquer personnellement la situation et ce qu'ils attendent, aux sous-officiers, aux chefs de chars, voire aux soldats, sur des plans, voire même en vue directe. Chacun doit comprendre sa mission, son rôle, sa place, la place des collègues interagissant directement, les différentes étapes prévues, les difficultés, la place de l’ennemi, sa composition connue ou supposée, les signaux que l’on va donner et les actions à mener dès leur réception, les plans alternatifs (au nombre le plus petit possible) et les chemins de repli prévus en cas de décision d’abandon.

Une perturbation, un imprévu, doivent nécessiter le moins de modifications possibles, d'où l'importance d'avoir prévu à l'avance une certaine polyvalence dans le dispositif, pour passer d'un plan à un autre avec le moins de contre-ordres à donner.

La simulation dispose de mécanismes simples mais efficaces, pour s’assurer que la philosophie soit respectée. Si vous avez mal pensé/anticipé votre plan ou vos plans, vous allez faire face au chaos. De même, si en tant qu’officier, vous vous préoccupez de ce qui est du rôle de chaque sous-officier, si vous ne savez pas déléguer et faire confiance à vos subalternes.

Le simulateur reproduit volontairement tout ce chaos naturel, et les novices accusent souvent "l'intelligence artificielle" de faire n'importe quoi, alors qu'ils en sont les responsables, et que tout ce qu'il se passe est parfaitement normal.

Dans les faits, une bataille reconstruite se compose de plusieurs étapes clés : l’aspect stratégique (prise de recul, gestion des troupes, du ravitaillement, les “grands axes” des mouvements, offensives et défenses), l’aspect tactique avec le placement des troupes (nécessité de se mettre dans la peau de chaque groupe clé pour vivre la réalité à cet endroit. Telle que présentée dans les vidéos d’Andrey Filatov par exemple), les ordres initiaux (si tout ou partie des unités doivent accomplir des actions dès le début de l’engagement), la bataille en elle-même, les statistiques de fin, préservant le brouillard de guerre, permettant de comprendre ce qu’il s’est passé, en faisant entrer la physique, les mathématiques, la géométrie, la topographie et d’autres concepts, en jeu.


Un bon plan n'est constitué que de grandes lignes de plus en plus générales au fur et à mesure que l'on s'écarte du temps présent, pour laisser la souplesse nécessaire afin de répondre aux imprévus : trop de détails coinceraient une armée au combat : selon von Moltke "aucun plan ne résiste au premier contact avec l'ennemi”. Le plan doit alors “prévoir les imprévus” en se laissant la marge, la souplesse et l’adaptabilité nécessaires.

De la même manière, et cela répond aussi au paragraphe où il a été question de “micro-management” : plus on est haut dans la hiérarchie, moins on entre dans les détails.

Comme on l’a vu lorsque l’on évoquait la partie tactique, sur le plan stratégique également, plus le plan est souple et adaptatif, plus vous vous adaptez à l’ennemi, aux circonstances etc avec le moins d’ordres / corrections de plan à communiquer, plus vous laissez de l’autonomie aux unités subalternes, plus vous gagnez en efficacité.

Et cela vous fait gagner du temps : inutile de passer des mois à étudier chaque hypothèse qui ne se produira probablement jamais.

La souplesse, l’adaptation et la moindre précision ne signifient pas l’absence d’anticipation et de prévisions ! Au contraire, si une bifurcation doit être menée, celle-ci se passera d’autant mieux si elle se fait en douceur, très progressivement, pour être prêt à réagir au bon moment sans chambouler brutalement l’ordre des choses.


L’équipe de développeurs tend à vouloir ajouter un chaos aléatoire au niveau stratégique, pour simuler les incompréhensions d’ordres et autres “surprises” aléatoires que le public découvre dans le conflit ukrainien de 2022, mais qui font partie de tous les conflits, depuis toujours et pour tout le monde. Surprises imprévues, néanmoins normales et donc prévisibles, et intégrées dans les plans militaires grâce à la souplesse du plan, à la marge de manœuvre qu’on intègre dès le départ. Dans la simulation de Graviteam, c’est encore possible de désactiver cet aléa stratégique dans les options.


Une autre philosophie essentielle, qui est reproduite dans la simulation de Graviteam, est le bon équilibre des forces engagées par rapport au besoin. Si l’ennemi vous amène à envoyer une armée entière dans un secteur du front où il est faible, dans certains cas, cela signifie que vous avez dégarni inutilement d’autres secteurs du front ou que vous avez dépensé trop de moyens, d’énergie, d’argent, par rapport à la nécessité (à moins qu’il s’agisse d’un choix stratégique conscient). Dans ce cas, même si vous écrasez votre ennemi, vous êtes mis en échec stratégique, et si l'ennemi réussit le moindre exploit malgré son infériorité, il s'assure une victoire stratégique.

Cela est résumé par cette caricature :


Vous trouverez en suivant ce lien un article présentant un exemple concret de stratégie que j’ai choisie, qui suit ma philosophie habituelle sur les simulateurs Graviteam.


Graviteam : reconstruction historique avec perfectionnisme

L’équipe de développeurs a reconstruit, pour le cas très spécifique de l'événement connu sous le nom de "Tielieketi Incident", faisant s’opposer les armées soviétiques et Chinoises, deux versions. Les deux pays ont conservé deux versions différentes des affrontements, dans leur Histoire respective : la version officielle de Moscou, et la version officielle et arrangée de Pékin. Les deux reconstructions montrent toutefois que la victoire soviétique était inéluctable.


Les reconstructions de bataille ne permettent pas toujours d’atteindre la victoire. Le but est de tenter de faire mieux que la bataille qui a eu lieu ou qu’un de vos éventuels compétiteurs, ou de tester différentes approches. Certaines batailles ont une notion de temps : retenir l’ennemi suffisamment de temps (pour permettre à d’autres unités de se replier ou de réaliser une tâche) et il est normal qu’au final, toutes vos positions soient perdues. D’autres batailles consistent à saisir un objectif ou un ensemble d'objectifs en quelques dizaines d’heures, pour empêcher l’ennemi de franchir un point donné. Mais plus exotique : des batailles ont été recréées pour lesquelles aucune partie ne peut gagner ! Car les objectifs déclarés par chacun des deux camps sont inatteignables. Donc il ne faut pas se sentir frustré de perdre, la notion de victoire ou de défaite est secondaire, c’est la comparaison “scientifique” qui est importante.


Légendes, anecdotes, précisions techniques intéressantes

L'équipe de développement partage le résultat de ses recherches historiques et répond aux questions du public, ce qui nous permet d'apprendre beaucoup de choses remettant à leur place les légendes populaires.


Dans les liens qui suivront, dont je donne un résumé en français, seuls les propos d’”andrey12345 v2.0” sont à lire. Les autres intervenants sont à ignorer. Attention, il use souvent d’ironie, de sarcasme et de moquerie.

Si une source n'est plus disponible, demandez la mise en ligne d'une sauvegarde en utilisant l'espace de discussion de la chaîne Telegram.


Sur l'absence d'efficacité des cocktails Molotov contre des blindés…

Pour un tel dispositif artisanal, même une voiture ne peut pas être incendiée de manière fiable. L'essence s'écoule ou s'évapore.

Un cocktail Molotov robuste est un appareil chimique complexe (le plus souvent, produit en usine), et pas seulement une bouteille d'essence. 

Le carburant ne doit pas s'écouler et s'évaporer (mais il doit adhérer aux surfaces et brûler longtemps), il doit y avoir une réaction d'amorçage, il doit y avoir une température élevée et il ne doit pas s'éteindre par le vent. Une simple bouteille d'essence ne remplit aucune de ces caractéristiques. 

Dans le même temps, leur efficacité contre les chars équipés d'un minimum de systèmes anti-incendie (par exemple, des "stores" sur les grilles de ventilation du moteur, qui étaient présents sur presque tous les chars de la Seconde Guerre mondiale), tend vers zéro.

Le rôle essentiel de ces armes "de la dernière chance" est simplement d'apporter un réconfort psychologique aux soldats.

Source 1 & source 2


Les moyens de lutte anti-chars donnés à l'infanterie, dans les situations les plus désespérées,

allaient jusqu'à l'obstruction des optiques avec de la boue. Les soldats tentaient de grimper sur les chars pour obstruer les optiques. Dans le cas du T-34, le conducteur disposait de 3 optiques séparés, le rendant moins vulnérable. De plus, la trappe du conducteur pouvait s'entrouvrir et se verrouiller légèrement, laissant cette possibilité de dernier recours au conducteur. Chez les allemands, le conducteur disposait d'écoutilles sur le dessus, sans position d'ouverture intermédiaire et nécessitant que le conducteur sorte entièrement sa tête, on ne trouve généralement que deux optiques dont un n'ets pas pratique à utiliser… Ainsi, le design soviétique était supérieur (on aura l’occasion d’y revenir).

Dans les publications citées ici, vous trouverez aussi des statistiques intéressantes (dont la destruction de plus de chars qu'il n'en a été donnés à un groupe de combat. Cela permet d’introduire une notion intéressante. Les chars réparés sont comptés comme nouveaux dans la statistique militaire, du point de vue de l'ennemi.

Les statistiques concernent notamment le nombre moyen d'équipage tués par chars endommagés ou détruits (T-34 et Sherman), le nombre moyen d'obus tirés par un T-34 et un T-70 durant leur "vie".

Il est aussi abordé la légende du T-34 doté de mauvaises optiques le rendant aveugle à basse luminosité et la nuit, en raison des miroirs de mauvaise qualité. Le problème est réel, mais il ne concernait que les toutes premières versions de T-34.

Source


La légende des "grenades anti-personnelles assemblées"

entre elles, qui se transformeraient magiquement en armes anti-chars. Aucune efficacité. La plupart tombent sur le côté ou n'entament pas le blindage et pas plus les chenilles.

Source


La force de l'explosif pour les différents types d'obus ou de grenades

Si le but est d'éviter d'avoir des fragments si petits que la poussière, au point qu'ils ne tueront personnes, alors il est mieux de ne pas utiliser un explosif à trop grand pouvoir détonant.

Si l'on veut percer un blindage avec une tête HEAT ou obtenir une action à très haut pouvoir explosif, alors au contraire, il est mieux d'utiliser un explosif aux caractéristiques appropriés.

Evidemment, si des centaines de milliers de petits fragments d'une grenade sont assemblés, ils ne fonctionneront pas comme un explosif antichar ; car le faible pouvoir de détonation de l'explosif contenu dans chaque grenade va d'abord briser le corps de chaque grenade en formant de larges fragments, certains d'entre eux vont se percuter les uns aux autres, et seulement ensuite ils vont "essayer" d'entamer le blindage du char. Bien sûr, ce n'est pas la meilleure option pour la lutte antichar.

De la même manière, une grenade antichar ne va pas créer de nombreux fragments mortels pour le personnel, car ils ne viendraient de nulle part : le corps du projectile est fin et l'explosif est si puissant qu'il transforme tout cela en poussière.

Source


Sur l'efficacité des lance-roquettes durant la Seconde Guerre Mondiale...

Certains s'en sont servis comme de gourdins pour arrêter des soldats...

A Sidi Bouzid en hiver 1943, les USA ont renvoyé leurs bazookas dans leurs stocks tellement ils étaient jugés inutiles.

Source


Nombreux exemples de combats entre l'infanterie et les chars

Ou même contre les canons auto-tractés (toit ouvert).

Source

Ici, nous voyons deux choses intéressantes :


L'infanterie n'est pas efficace, même contre les blindés ouverts, avec les moyens légendaires (grenades, grenades incendiaires, Faustpatrone/PanzerFaust).

Vous avez l’anecdote d'un canon auto-tracté qui roule sur un Faustpatrone au sol, actionnant par hasard la gâchette, provoquant le départ de la roquette qui toucha le plancher du blindé, le mettant en feu ! Très drôle.


La deuxième chose intéressante à retenir dans ces publications est la volonté de ne pas tenir compte des mémoires et des témoignages. Je traduis intégralement andrey12345 v2.0 :

“Une fois de plus, j'exhorte tout le monde à lire les documents d'archives des deux côtés, c'est la source la plus fiable possible. Tout le reste, les mémoires, les livres, les vidéos diverses, etc. Tout cela comporte des erreurs beaucoup plus importantes ou des généralisations inutiles.

Divers films de propagande montrent comment on voudrait que les choses soient. Mais pas ce qu’est la réalité. Cela n'a pas de sens de les prendre comme source.

Les pertes réelles sont vues du côté de celui qui les a subies, et non de ceux qui les revendiquent. Et l'efficacité réelle des armes doit également être vue du côté de celui qui en subit les conséquences.

Du moins, bien sûr, si vous voulez comprendre la réalité.”


Dans la lecture de ces publications, on peut faire une digression sur le fait que les combats modernes changent absolument la donne. Le blindage est devenu non significatif, rendant des stratégies et tactiques de l'époque de la Seconde Guerre mondiale obsolètes. Chaque soldat est depuis capable de posséder un moyen de détruire un char, quel que soit son blindage et sa distance, s'il dispose d'un simple RPG ou ATGM. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, ce n'était pas du tout le cas, le blindage avait une valeur et permettait de concevoir des tactiques très variées et intéressantes. Les courbes de pénétration par rapport au canon, obus, distance, épaisseur et inclinaison du blindage pouvaient être pris en compte pour calculer l'approche et une tactique générale, l'exposition du flanc ou de l'arrière des blindés en prenait compte. Il y avait un jeu sur les deux dimensions (le plan horizontal du terrain et l'épaisseur du blindage). Depuis l'après-guerre, dans la plupart des cas, un blindé est un aimant à projectile et n'est pas plus immunisé à la destruction qu'un soldat. Vous pouvez vous en rendre compte dans les combats en Syrie (cf. chaîne Youtube d'Andrey Filatov, montrant les combats en banlieue de Damas) ou en jouant les reconstructions de batailles des guerres plus modernes, créées par Graviteam.


Pour citer une anecdote, le 24 août 1943, au sud-ouest de Korotich (banlieue ouest de Karkhov), je dispose de 23 T-34 et d'une poignée de canons AT pour tenir l'entrée de la ville, l'ennemi me contre-attaque avec une douzaine de Panthers, dont j'ai calculé le ratio de pertes entre 3 à 5 T-34 par Panther selon la situation. Je suis donc en nette infériorité matérielle. Quelle tactique vais-je mettre en place ? Mes canons ne percent pas les Panthers de face. Ils percent les flancs, mais comment amener mes T-34 dans le flanc des Panthers ? De l'autre côté, les Panthers sont immunisés aux tirs de face (sauf quelques coups chanceux sur quelques fragilités) et ont un canon de 75 mm qui perce un T-34 sans la moindre difficulté quel que soit le côté et quelle que soit la distance.
Le terrain est un champ à découvert, l'ennemi dispose d'une petite forêt dans ses arrières, et je n'ai absolument rien. Attaquer revient à se suicider, se retrancher devant la ville revient à la même chose. La solution est très simple et très évidente. Puisque je n'ai pas de blindage, retirons le blindage et le canon ennemi de l'équation. Puisque mon canon aura plus d'efficacité à faible distance et que l'ennemi doit manœuvrer pour me montrer ses flancs, amenons-le en ville.
Lorsque vous êtes russe et que vous êtes engagé par des Panthers ou Tigres et que la bataille est perdue d'avance, cherchez à mener des batailles en ville et en forêts pour nullifier l'avantage de l'adversaire dans une mêlée générale.
Le résultat est qu'à blindage quasi-égal, ma supériorité numérique l'a emporté.
Bien sûr, cette tactique est impensable pour beaucoup, cela contrevient à toutes les règles et l'action psychologique sur les équipages est intense. Ceci étant, l'ennemi n'a pas vu le piège, ou s'est cru supérieur, ou a commis une erreur.
Pour se rendre mieux compte de la pression psychologique, il suffit de tester le simulateur de chars de Graviteam : dans un combat à courte portée, lorsque vous êtes dans un blindé, vous ne voyez absolument rien (tentez de jouer au football avec une paire de jumelles fixée à vos yeux, et vous allez vite comprendre le problème) et vous vous sentez observé. C'est Lucky Luke, le premier qui voit l'autre l'emporte. Très anxiogène.

De nos jours, les Panthers auraient été éliminés par l'infanterie et les véhicules d'infanterie à longue distance avec quelques coups d'ATGM, et les plus téméraires et chanceux n'auraient pas atteint les premières maisons, en raison de roquettes AT. A l'époque, eh bien, l'infanterie ne fait même pas partie de l'équation !


Sur la surreprésentation de fusils anti-chars (ATR) en URSS

Les Allemands disposaient d'équipements anti-chars lourds mobiles (et collectifs : utilisés par plusieurs personnels et assurant un soutien de groupe), alors que la partie soviétique n'en disposait pas. L'infanterie allemande combattait surtout de l'infanterie et des chars légers, le reste était éliminé, avant d'arriver dans un combat à courte portée, par les équipements lourds/collectifs. De ce fait, les armes individuelles allemandes étaient moins orientées vers l'anti-char, l'infanterie allemande ayant moins de chance d'être confrontée à un combat à courte portée contre des chars soviétiques. Côté soviétique, c'est le contraire, les moyens anti-chars lourds/collectifs sont à peu près manquants ou ont été détruits (l'artillerie soviétique a été fortement détruite en été 1941) et l'infanterie a dû être dotée de moyens palliatifs dont l'efficacité est médiocre (ATR, grenades...), car elle était confrontée aux chars.

De plus, sur la surreprésentation de mitrailleuses allemandes (mobiles, nombreuses, surtout la MG34) et la surreprésentation des fusils mitrailleurs (PPSH et autres) du côté soviétique : ce dernier construisait sa doctrine d'emploi en organisant ses unités militaires autour d'une mitrailleuse lourde. Mais l'URSS ne disposait pas d'une mitrailleuse optimale (légère ou lourde) répondant aux standards de la Seconde Guerre Mondiale et son industrie avait des difficultés pour produire des mitrailleuses, dès le début de la guerre. Puisque la partie soviétique avait créé de bonnes armes individuelles à tir rapide (PPSH et autres), elle a compensé ses lacunes en mitrailleuses (armes collectives) par une forte production de ce types d'armes individuelles, comme moyen alternatif.

Cela s'observe aussi avec le T-34. L'URSS étant très pauvre et n'ayant pu développer toutes les catégories d'armes dans les années antérieures à 1941, elle compensa en augmentant la production de ce qu'elle faisait de mieux et de plus polyvalent, d'utile. Le T-34 a été un palliatif au manque d'avions, de canons auto-tractés, de mitrailleuses, de véhicules d'infanterie (APC). Il est donc considéré comme le meilleur char de la Seconde Guerre Mondiale, non pas car il surpasserait les autres, mais parce qu’il était utilisé comme “couteau suisse” efficace.

Et un petit passage sur le fait que certains soldats "tiraient en l'air", ce que la propagande occidentale faisait passer pour des “soldats pacifistes”. Tout simplement, les soldats peu motivés à se faire tuer préféraient tirer depuis le fond de leur tranchée, dans la direction générale de l'ennemi, vers le ciel, pour ne pas s'exposer. C’est assez drôle (et c’est simulé dans leur simulateur).

Et un autre passage démontant la légende du NKVD tuant les fuyards. En réalité, les fuyards étaient regroupés dans des unités et envoyés dans les secteurs les plus difficiles du front. Ils n'étaient pas tués ni envoyés au Goulag, car c'est totalement stupide : il y avait un grand besoin de personnels pour les combats, on ne pouvait se priver de “main d’œuvre”.

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Sur la bonne utilisation des moyens anti-chars

La question économique entre en jeu, les chars ne se combattent pas entre eux, on préfère opposer un moyen anti-char pour les éliminer. Toujours dans la même discussion : les chars sont faits pour lutter contre l'infanterie, les canons anti-chars sont faits pour lutter contre les chars*. Si vos chars s'occupent des chars ennemis, alors l'infanterie ennemie éliminera vos canons anti-chars, puis vous vous retrouvez à poils (et ce n'est pas avec des chars seuls que vous contrôlerez un territoire).

De plus, et c'est important, mieux vaut avoir de nombreux chars moyens peu chers et faciles à produire que de rares chars puissants. Le meilleur char étant celui qui est présent ici et maintenant, quand on a besoin de lui. (C'est une des principales critiques des historiens russes à l'égard du modèle allemand, basé sur des chars puissants, complexes à construire et à entretenir, et moins nombreux, donc moins susceptibles d'être présents, ou de l'être en nombre suffisant, là où ils sont nécessaires. Et l'ennemi cherchera forcément à trouver et exploiter la faiblesse dans le dispositif.)

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*Attention ici. Selon-moi et selon ma longue expérience sur simulateur, si vous menez une offensive et que les chars ennemis sont planqués à 2 km derrière une colline, ce n’est pas avec vos canons AT que vous allez les débusquer. Il va falloir mettre en œuvre une tactique complexe pour aller les débusquer avec vos chars ou TD (véhicules anti-chars), soutenus par votre infanterie, votre artillerie etc.


Qu'est-ce qu'un char ?

Les gens qui n'y connaissent rien appellent "char" ou "tank" tous les véhicules militaires. En fait, un char (ou un tank), c'est "un véhicule avec un gros canon et un peu de blindage" (dans le sens, un canon puissant). "Véhicule blindé" ne devrait être utilisé que pour désigner des véhicules avec un armement léger.

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Les idées reçues sur la qualité des chars allemands

Détricotage de la légende populaire. Je ne cite que quelques exemples que vous retrouverez en détails :

Les simples balles pénètrent dans l’habitacle des Panthers, par divers endroits, mais n’ont plus suffisamment d’énergie pour blesser l’équipage.

Le radiateur du moteur du Panther est très facilement pénétré par les shrapnels des explosions d’obus HE, ou par des projectiles de DCA de 20 mm tirés à partir d'un angle de 27° par rapport à l’horizontal.

Des obus perforants de 57 mm suffisaient à percer par endroits un Panther ou à bloquer la tourelle ou à fragiliser le blindage. Les obus de 75-76 mm endommageaient sérieusement le blindage, qui pouvait se fendre partiellement.

Sur Panther, certains membres d’équipage pouvaient rencontrer de sérieuses difficultés pour utiliser leur poste de combat, en raison d’un design mal étudié.

A noter que l’entretien des chars allemands était très loin d’être optimal, puisque les modèles étaient nombreux, les pièces n’étaient pas standards. Cela nécessitait à l’industrie de produire des pièces différentes pour une fonction identique, mais aussi d’acheminer toutes les pièces utiles aux ateliers de réparation sur le front. Les situations où la bonne pièce manquait étaient nombreuses. A contrario, l’URSS basait ses blindés sur un châssis standard, facilitant l’interopérabilité et l’entretien, la production des pièces, leur acheminement et leur disponibilité.

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Sur la bataille de Prokhorovka

du 12 juillet 1943 (confondue dans l'imaginaire collectif avec la "bataille de Koursk", elle-même décrite à tort par la légende populaire comme étant "la plus grande bataille de blindés de l'Histoire"). En fait, les soviétiques ont attaqué avec de nombreux blindés une position allemande surtout constituée de canons anti-chars, si des batailles de chars ont eu lieu, elles sont marginales. De plus, les légendaires Panthers et autres Ferdinands imaginaires n'ont pas participé à cette bataille. Du Ferdinand a bien été déployé, mais dans la région de Koursk, à 140 km au nord, et plusieurs jours avant. Un combat intéressant avec du Ferdinand a eu lieu à un autre moment, dans une bataille dans le secteur de Nikopol.

A contrario, la plus grande bataille de chars de tous les temps a eu lieu dans le triangle Dubno-Lutsk-Brody en 1941 (bataille de Prokhorovka : une cinquantaine de blindés allemands perdus, 350 soviétiques, total 400. A Brody : 200 pertes allemandes, 800 pertes soviétiques, total 1 000 blindés perdus !).

De plus, dans les mêmes publications : les archives soviétiques n'ont été ouvertes au public qu'après 1991, donc les travaux d'historiens antérieurs à 1991, voire 2000, sont biaisés et de source uniquement occidentale. A noter que les sources allemandes sont réduites puisque leurs archives ont été globalement détruites en raison de la défaite. Les sources soviétiques de l'époque de la guerre froide n'ont été publiées qu'en occident, donc sont douteuses.

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Quelques statistiques intéressantes sur les batailles de blindés

Avec la notion de destructions multiples : un char peut être réparé et revenir au combat, il est alors compté comme un nouveau char mis hors de combat. (Même principe pour soldats blessés.) Cela "fausse" les statistiques aux yeux du public non spécialisé, qui peut parfois ne pas trouver logiques les chiffres. On compte bel et bien chaque retour comme un nouveau matériel ou un nouveau soldat. Cela conduit à la situation où vous pouvez avoir plus de pertes que de chars construits ou de personnels militaires engagés par exemple.

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Qui a tué untel, comment savoir que la cible est neutralisée, qu'il faut s'arrêter de tirer ?

La question fausse les statistiques : chacun s'attribuant le tir victorieux. Sur un matériel, si un signe clair de mise hors service ne se produit pas (explosion, incendie majeur), surtout dans le cas d'un duel anxiogène, tout le monde va continuer à tirer sur la cible qui est peut-être déjà hors service depuis un moment, ou pas. Difficile de savoir qui aura porté le coup décisif. Nombreux sont ceux qui vont déclarer avoir éliminé un même véhicule, certains véhicules seulement endommagés seront même éventuellement déclarés éliminés plusieurs fois par le même tireur à des endroits différents.

Sur un personnel ennemi, c'est plus compliqué.

Un exemple : un soldat a été touché par une balle du tireur A, qui a atteint de manière critique ses organes internes, le soldat mourra dans 10 minutes. Après 5 minutes, une balle d'un tireur B atteint le soldat, réduisant sa durée de vie de 3 minutes (infligeant à nouveau un dommage critique à un organe), une minute plus tard, un fragment de mine de mortier d'un tireur C atteint le soldat, le blessant gravement. La question est de savoir qui a tué le soldat. Voire même, est-il compté, par des observateurs plus ou moins attentifs, ou par les différents tireurs, comme 3 soldats tués ou un seul ?

Ce n'est pas le tireur A : le combat peut être terminé avant que le soldat ne meure et ne reçoive des soins médicaux, et pourtant, il avait été gravement blessé, mais non tué.

La réponse logique est le tireur C : le dernier à avoir tiré sur le soldat avant qu'il meurt.

Un exemple plus complexe : un ours attaque deux chasseurs. Le chasseur A a tiré sur l'ours et l'a blessé de telle sorte qu'il serait mort d'hémorragie au bout de quelques heures. Le chasseur B a tiré quelques secondes plus tard et a blessé l'ours de telle sorte qu'il a perdu la capacité de bouger et d'attaquer, mais sans lui causer de blessure mortelle. Qui a tué l'ours ? Sans une autopsie, impossible de savoir, or les chasseurs ne feront pas d'autopsie et prétendront à tort que c'est le dernier à avoir tiré qui a porté le coup fatal.

Source (et suivant)


A propos des projectiles HE

Source

La létalité des fragments n'est pas si impressionnante, plus la distance augmente, plus leur énergie baisse vite en raison de leur mauvais aérodynamisme et du faible nombre des fragments pour un projectile de taille optimale (la taille optimale comprend le transport, la manutention, la taille du lanceur, la rapidité de tir etc). Rappel de la formule clé que doit connaître tout militaire intelligent : E = (1/2).(m.V²)


Croquis montrant le comportement des shrapnels d'un obus HE et des particules projetées du sol

(Les croquis qui précèdent permettent d'expertiser cet exemple fort intéressant et qui va nous servir ici d'exercice pratique. Les shrapnels sont situés sur le dessus de l'impact, au niveau du corps de l'obus qui vient avec un angle élevé par rapport à la normale, depuis le ciel. La coque s'est ouverte à la soudure et s'est fissurée près de l'impact, en-dessous de la soudure. Est-ce dû au choc du projectile, à son explosion ou à l'effet cumulé des deux... Je dirais, le choc ou l'effet cumulé.)


Ce qui définit qu'un projectile (AP, APHE, APCR) va pénétrer ou pas

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En fonction de nombreux paramètres ; ce que va devenir le projectile après l'impact. Très intéressant. Il est aussi abordé l'avantage et l'inconvénient de l'APCR : projectile très fin, beaucoup plus rapide, donc l'énergie (1/2 de MV²) est beaucoup plus importante, le diamètre du trou à percer nécessite aussi moins d'énergie. Mais : le projectile étant plus léger, il est plus sensible aux perturbations tel que le vent, par rapport à un projectile plus massif. Et du temps de la Seconde Guerre Mondiale, l’aérodynamisme des APCR était médiocre. A contrario, un obus plus massif nécessite de plus grands efforts préalables (manutention, charge de poudre pour le tirer, il prend plus de place au dépens du nombre d'obus embarqué), sa vélocité est moindre donc son énergie (vitesse au carré) est nettement plus faible, et le trou à créer dans le blindage étant de plus grand diamètre, il nécessite une énergie beaucoup plus grande... Donc il est nettement moins efficace, bien qu’il soit moins soumis aux perturbations durant le vol.

D'autres précisions ont été données ici.


Diagramme pour un type d'obus (de type perforant) parmi beaucoup d'autres, donné comme un exemple/principe de comportement typique. (Il peut s’agir d’AP, APHE, APCR, l’information n’est pas communiquée.) Ce diagramme permet de comprendre ce qui arrive à ce type d’obus après l’impact. C’est très important pour ceux qui étudient l’efficacité des projectiles, ou pour ceux qui étudient l’efficacité des blindages. Bien sûr, on considère ici une plaque d’acier traditionnelle d’une épaisseur non communiquée. Les nouveaux blindages en tuiles comme le Chobham US ou en nid d’abeilles tendent à casser une flèche APCR et à perturber le trajet ou le comportement d’un obus perforant, et même le jet de liquide en fusion de type HEAT.


Les connaisseurs savent le cas idéal qu’ils recherchent : on veut que le projectile perce le blindage, puis qu’il projette à l’intérieur de l’habitacle un maximum de morceaux (morceaux de blindage et morceaux du projectile en lui-même : donc on cherche à ce que le projectile se casse, se fragmente après la pénétration complète). Pour les obus HE avec cap AP (APHE), c’est le contraire : si l’obus est détruit au stade de la pénétration, son mécanisme HE ne fonctionne plus et son efficacité attendue est très réduite.


Manipulation des statistiques de pénétration des obus

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La référence pour déterminer la pénétration d'un obus est que sur 10 obus tirés à une distance de 100 mètres, au moins 9 percent la plaque de blindage, avec 80 % de leur masse se trouvant derrière la plaque de blindage.

Comment tricher à des fins de propagande scientifique ? Certains vont parler de pénétration de seulement la moitié des obus : 5 sur 10. Alors, pour un même projectile, ils vont obtenir une épaisseur de pénétration passant de 50 mm à 75 mm par exemple.

Mais si cela ne leur suffit pas et qu'ils veulent obtenir davantage de pénétration, ils vont ajouter la masse du blindage déplacé derrière la plaque de blindage à celle de l'obus, substituant ainsi une partie de la masse de l'obus par celle du blindage, apportant un bonus artificiel d'efficacité. La pénétration passe alors, mettons, à 85 mm.

Allons plus loin, changeons la composition de la plaque de blindage de référence pour une version moins dure et nous arrivons facilement à 100 mm de pénétration à 100 mètres de distance : l'efficacité de la pénétration a doublé artificiellement.


A Stalingrad

Contrairement à la légende occidentale transposée par rapport à la bataille de Berlin en 1945, il y avait plus d'armes et de munitions que de nécessaire pour les soldats. Ils n'étaient pas envoyés à Stalingrad sans arme/munition, et personne ne les aurait tués pour ne pas avoir attaqué sans arme. Au contraire, l'URSS manquait de soldats à ce moment là. En revanche, à Berlin en 1945, qui a servi de base à l'imagination occidentale pour se représenter Stalingrad, il y avait peu d'armes et de munitions pour repousser l'armée rouge.

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Chacun sait ce qu'est le calibre d'un canon

C = L/D. Où C est le calibre, L la longueur du tube et D le diamètre. Non, le calibre n'est pas ce que l'imaginaire collectif nomme le diamètre !

Le calibre est un rapport qui détermine, en gros, la précision ou le rôle qu'on peut attendre d'un canon. Un faible calibre est plutôt un obusier peu précis et dont la vélocité du projectile est moindre. A l'inverse, un grand calibre permet généralement d'obtenir une vélocité plus grande, donc une meilleure pénétration pour un obus perforant, et une meilleure précision. Jusqu'à une certaine limite, après quoi d'autres problèmes se posent (vibrations du tube, poids du tube...). Attention pour les adeptes de simulation tactique de la Seconde Guerre Mondiale : certains chars dotés d'un canon de faible calibre représentaient toutefois une menace même à distance respectable, en raison des obus HEAT dont la pénétration ne dépend pas de la distance (mais leur faible vélocité rend leur précision médiocre, surtout qu'il faut rehausser fortement la visée pour tirer ce genre de projectiles dont l'aérodynamisme est moins bon. Il en est de même pour les obus HE. De nos jours, les canons courts, les roquettes et les missiles, l'ensemble à tête HEAT, sont légions.

Eh bien cet exemple permet de comprendre que le calibre ne fait pas tout, dans la vélocité du projectile. Celle-ci dépend avant tout de la pression dans le tube. Mais aussi de la complexité du tube (sans parler de la différence entre canon rayé ou lisse, d'obus stabilisés par ailettes ou non etc). Dans l'exemple, pour optimiser la production, le canon a été simplifié et son calibre a été augmenté pour conserver la même vélocité.


Une description d'une bataille historique

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Vous trouvez d’autres anecdotes

dans l’espace de discussion. Par exemple, contre les japonais, des chars légers T-26 ont été capables de traverser une rivière que les T-34 et ISU-152 n’ont été capables de franchir qu’après une longue et laborieuse “construction” d’un passage avec de très nombreux troncs d'arbres. Les chars légers sont alors devenus la force de frappe principale et malgré leur faible blindage et leur faible armement, ont pu mettre en déroute les Japonais.


A quoi sert le rondin de bois légendaire qui se trouve sur les blindés soviétiques ou russes ?

Beaucoup se posent la question ou donnent des réponses bizarres.

Il sert à aider un blindé à sortir d’un embourbement. Le rondin est fixé sur les chenilles et le blindé accélère doucement en faisant passer toutes ses roues de roulement par au-dessus, puis s’arrête pour retirer le rondin, et ainsi de suite. Vidéo explicative.


Trois types d'approche pour concevoir des obus incendiaires

L'approche allemande consistait en un obus rempli de pétrole.

L'approche US consistait en un obus fumigène dans lequel la composition chimique était changée pour quelque chose d'incendiaire.

L'approche soviétique consistait en fragments incendiaires qui pouvaient pénétrer dans des parois et brûler à l'intérieur de ces objets transpercés.

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Démontons la légende des obus au phosphore

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De @sashakots, citant l'expert militaire Viktor Murakhovsky :

Contrairement aux idées reçues, le phosphore (blanc ou rouge) n'est pas utilisé dans les munitions incendiaires modernes. Pour une raison technique : sa température de combustion ne dépasse pas 1 000 °C. A titre de comparaison, les mélanges de thermite (aluminium + oxyde de fer) ont une température de combustion de ~ 2 500 °C. En URSS / Russie, des pyrogels métallisés de la famille OM (OM-12, 125, 419 et autres) avec une température de combustion allant jusqu'à 2 500 °C sont utilisés dans les munitions incendiaires.


Le phosphore n'est pas davantage utilisé dans les munitions éclairantes. On y utilise des oxydes d'aluminium et de magnésium et le nitrate de baryum.


En revanche, le phosphore est souvent utilisé pour la production de fumée (munitions fumigènes) lors de la mise en place d'écrans de fumée. Exemples typiques : les obus fumigènes américains M110, M825 de 155 mm. Ils sont en service dans plus de 70 pays. Les éléments fumigènes dans ces munitions sont en phosphore blanc.


En URSS / Russie et chez les pays se fournissant en armes russes, le phosphore n'est pas utilisé dans les munitions fumigènes, des composés fumigènes de deux types sont utilisés : 

- Anthracène + chlorate de potassium + chlorure d'ammonium ;

- Poudre de titane-magnésium + poudre d'aluminium + hexachloroéthane + soufre. 


Il convient également de souligner qu’il n’existe pas d’interdictions spéciales concernant l’utilisation de phosphore blanc / rouge dans les hostilités.


J’ajoute une différence pour distinguer les obus incendiaires OTAN et les obus incendiaires soviétiques/russes :

Les premiers explosent à faible hauteur et projettent leur matériel incendiaire au sol avec une bonne vélocité. Vous en verrez beaucoup dans les archives vidéos des combats de l’OTAN en Irak dans les années 2010 et près des frontières israéliennes.

Les seconds explosent à plus haute altitude en un bruit très caractéristique et retombent lentement comme une pluie de particules enflammées, et lorsqu’elles touchent le sol, elles peuvent projeter du produit incendiaire autour de la zone de l'impact.


Le but de ces munitions est d’enflammer ce qui est inflammable, de faire sauter des munitions et d’occuper du monde pour régler les conséquences des incendies. Tout simplement. Ce n’est pas du tout les barils de napalm largués par les avions ou hélicoptères US contre le Vietnam, l’Allemagne ou le Japon !!! Ceux-ci avaient un objectif différent et pouvaient réellement poser de graves conséquences aux civils.

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