Ne pas sélectionner
Donner Corps à la Vie
Le maître zen Zhaozhou disait souvent : "La Grande Voie n’est pas difficile quand on ne sélectionne pas".
Ne pas sélectionner est l'état naturel d'un esprit serein. On peut remarquer que les pensées et les sentiments surgissent constamment. Ce ne sont pas des perturbations en soi. Les pensées et les sentiments font partie intégrante du monde, au même titre que les fleurs et les parasols. On n'est obligé ni de les accepter ni de les contester. On peut avoir une réaction sans pour autant faire une sélection quant à ses propres réactions.
Si quelqu'un vous demande : « Vanille ou chocolat ? », que vous observez que vous préférez la vanille, et que vous le dites, vous ne faites peut-être pas une sélection. À l’inverse, si vous répondez : « Peu importe, et vous ? », peut-être faites-vous une sélection. Vous essayez peut-être de deviner ce que votre interlocuteur désire. Vous avez peut-être envie de vanille, mais vous n'osez pas l'avouer.
Ne cherchez pas la vérité. Cessez simplement de chérir vos opinions. Cessez simplement de sélectionner. Si vous souhaitez connaître la vérité, alors ne vous accrochez à aucune opinion, ni pour ni contre quoi que ce soit. Opposer ce que vous aimez à ce que vous n'aimez pas est une maladie de l'esprit.
Le Bouddha qui médite à l’ombre du figuier ne rencontre aucune résistance, aucune tension, aucun conflit intérieur. Tout est suffisant. Rien ne manque et rien n'est en excès. Il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher.
Texte d'ouverture pour une méditation, inspiré du recueil de koans "Bring me the rhinoceros", de John Tarrant.
(3 mars 2026) #non-dualité #détachement