Débranché
Donner Corps à la Vie
Tout ce que tu as à faire, c’est de te débrancher.
Alors, un changement subtil peut se produire dans ton assise. Tu passes d’une assise où tu es branché sur “moi, ma vie” à une assise où tu peux remarquer ce qui se passe en réalité.
Tu continue de penser. Il se peut que tu voies dans ton esprit des images — des personnes, une ville, un lieu, etc. Il se peut que tu entendes dans ton esprit une espèce de commentaire ininterrompu, comme le commentaire que ferait un journaliste sportif pendant un match de foot. Il peut aussi s’agir d’une conversation imaginaire ou d’une espèce d’injonction à faire ceci ou à ne pas faire cela.
Tout cela peut se produire sans que tu en sois conscient. Lorsqu’on est pris dans l’engrenage, on ne se rend pas compte de ce qui se produit. On a le sentiment d’être branché en prise directe sur “moi, ma vie”.
Alors qu’en réalité, tout ce qui se passe, c’est qu’on est assis tranquillement dans un espace calme, avec des pensées qui surgissent dans l’esprit et qui repartent.
Pour se débrancher, une pratique simple consiste à apposer une étiquette à tout ce qui se passe.
Ainsi, tu nommes intérieurement ce qui se passe dans ton esprit. Tu te dis : “Tiens, c’est une pensée”, ou “Tiens, un projet”, ou “Tiens, une image”, ou “Tiens, des paroles intérieures”.
Tu apposes une étiquette sur ce qui vient de se passer.
Bien sûr, cet étiquetage est une forme de commentaire sur ce qui se passe. Mais il y a une différence. Ce commentaire est conscient de lui-même et conscient de ce qui s’est passé.
Le simple fait de mettre un nom t’aide à revenir. Cette pratique t’aide à te débrancher. Tu te débranches de “moi, ma vie”.
Et une fois débranché, tu ressens un sentiment d’espace, de paix, d’aisance, de présence consciente. Il y a un espace tranquille qui peut soudainement s’ouvrir. C’est la vaste conscience d’être “débranché”.
Texte d’ouverture pour une méditation, adapté de Henry Shukman.
#lâcher-prise #étiqueter
(6 août 2024)