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Ce mail est adressé aux membres de l’association Le Média, détentrice de l’Entreprise de Presse Le Média. Il est une communication interne à l’association et ne doit pas être envoyé à la presse. 


Chers Socios,


Hier soir, a commencé à circuler une information présentant Aude Rossigneux comme la victime d’un « licenciement brutal » et parlant même de méthode de « management à la Bolloré ». Nous allons nous adresser à vous sans détour : nous sommes tous sous le choc d’autant de déloyauté. 


Imaginez la délectation de tous les médias de TF1 à BFM TV, du Parisien au JDD, d’Europe 1 à Radio France ! Imaginez leur plaisir de répandre sans rien savoir de la réalité, une « information » qui charge ainsi le Média : « Voyez, ils sont aussi pourris que nous ! » — c’est bien, en substance, ce que ces médias racontent en boucle depuis hier.


Nous voulons ici nous concentrer sur le seul registre de l’argumentation précise pour répondre à chacune des attaques portées contre nous. Nous ne voulions pas de cette exposition de problèmes professionnels. Mais que faire face à l’acharnement et la déloyauté que nous subissons ?


Voici donc 5 éléments qui démontent la « fake news » répandue dans les médias sur la base d’un stratagème bien connu, consistant à écrire « sa version » par mail et à la faire fuiter. Vous comprenez la manœuvre ? Jurer ne pas vouloir nuire au projet du Média et dans le même temps orchestrer une opération qui lui nuit. Voilà ce que nous affrontons donc aujourd’hui. 



1- Aude n’est pas victime de licenciement. Elle est en période d’essai. 


  • Le principe de la période d’essai est de tester 3 choses :les compétences du salarié : vérifier si ce qu’il prétend savoir faire est réel et vérifier qu'il est capable de faire ce qui est prévu dans son contrat de travail ;
  • la motivation et l’implication dans le projet : vérifier que l’esprit du salarié est bien accordé avec l’esprit du projet, son ambition professionnelle ;
  • le travail en équipe : vérifier que le salarié est capable de fonctionner en équipe, en bon entente avec ses collègues.

Sur ces 3 aspects, nous avons tenu compte de centaines de remarques venues des Socios, des salariés du Média et de regards extérieurs et bienveillants. Tout cela entre normalement dans l’exercice de bilan général que nous avons fait au bout d’un mois de fonctionnement.  


Sur ces 3 aspects, nous avons relevé énormément de lacunes, de limites depuis les premiers jours. Nous avons même publiquement défendu Aude face aux moqueries des journalistes issus des mêmes médias qui aujourd’hui font semblant de la plaindre. 


Durant des semaines, nous avons systématiquement discuté avec l’ensemble de l’équipe et de la rédaction pour essayer de progresser vers notre projet d’un journal qui ne serait pas une suite de nouvelles lues sur un prompteur. Une nouvelle formule du Journal, qui est en construction, devait être testée avec l’idée d’une présentation tournante pour casser le côté « speakrine » et instaurer des véritables échanges sur le plateau.


Pour information : son contrat de travail prévoit la réalisation de sujets de reportage, la rédaction de « fil d’infos » mais ni la rédaction en chef ni la présentation du journal ! Ce sont des rôles qu’elle a revendiqués contre l’avis général : d’autres journalistes souhaitant notamment présent Le Journal.


2- Aude n'est pas victime de brutalité, elle est à l'origine des tensions 


Nous avons essayer de dépasser les problèmes que son seul comportement provoquait. Oui nous n’étions pas d’accord avec le fait qu’elle ait « obligé » une journaliste plus jeune à devenir son assistante personnelle et à faire son travailNous n’étions pas d’accord avec le fait qu’elle n’ait jamais rédigé un seul articleni jamais réalisé un reportage alors que c’est écrit noir sur blanc dans son contrat. Et nous n’étions pas davantage d’accord avec son refus d’accepter la présentation tournante du Journal avec ses collègues. 


Une accumulation d’éléments qui ont créé un climat tendu : 1/4 des journalistes n’assistait plus aux conférences de rédaction fuyant l’affrontement, les community managers et la production, évitaient également cette réunion pourtant décisive. Elle semblait considérer qu’elle était « rédactrice en chef » alors que nous avions clairement dit que nous voulions une rédaction collégiale, sans hiérarchie, sans un chef qui impose son point de vue aux autres.


3- Ingrate cette fin de contrat ?


Non c’est faux. Voici les faits dont 5 personnes sont témoins : l’annonce de notre volonté de mettre fin à son contrat de journaliste a eu lieu le lundi 19 février à 9 heures : durant deux heures, nous avons discuté avec elle et lui avons proposé d’animer deux émissions sur le thème de son choix. Le lendemain, elle a refusé une réunion prévue et a envoyé le fameux mail qui a fuité. Le mercredi 21 février, de nouveau, nous l’avons vue plus d’une heure et elle a proposé d’animer dès mars une émission sur la santé. Nous avions convenu de communiquer en mars et Aude a continué à présenter le Journal, le soir même. 


C’est le plus incroyable du mail d’Aude, il ne lui a pas du tout été demandé de quitter le Média ! A aucun moment. Il était convenu qu’elle quitte la présentation du Journal et la rédaction, pour permettre aux autres journalistes de travailler autrement et, disons-le, plus sereinement, mais nous lui avons immédiatement proposé de continuer son aventure avec nous en devenant l’animatrice de deux nouvelles émissions. 


Elle a souhaité nous soumettre un concept sur la « santé » et un autre sur « le jazz et le vin ». La première idée nous a plu à ce point que nous lui avons demandé de commencer cette émission dès le mois de mars (après la fin de sa période d’essai) et de l’envisager hebdomadaire ! 


Voilà pourquoi nous avons été interloqués par la fuite orchestrée de ce mail nous faisant passer pour des monstres. Elle aurait encore pu réagir et informer la presse que nous avions un accord et que ce mail n’aurait jamais dû être rendu public. Mais non : elle a sciemment contribué à sa fuite et a choisi de nous laisser diffamer. 


4- Les autres journalistes en arrêt maladie ?


Aude parle, dans ce mail, d’arrêts maladie dus à des « burn-out » : c’est un mensonge. 


L’une des salariés a été arrêtée pour une « infection pulmonaire», l’autre a dû être arrêtée suite à un incident lié directement à Aude (et dont on ne peut parler ici) et le troisième a déclaré un arrêt maladie après un décès dans sa famille. 

Enfin Aude elle-même a déposé un arrêt maladie au lendemain de la réception de la lettre de fin de contrat alors que pendant 3 jours, elle a présenté le journal sans aucun problème. 

Tous les journalistes sont choqués par ces manœuvres et se sentent trahis.


Voici leur communiqué de presse :



Jeudi et vendredi dernier, le Journal s’est très bien passé : le ton commence à se libérer, les journalistes à s’exprimer avec plus de sérénité. L’essentiel pour nous était de permettre aux journalistes de retrouver un bien-être en prenant la seule décision qui s’imposait.


5- Son investissement dans Le Média


Aude est dans le projet depuis le début du mois de septembre 2017. Pendant 4 mois, elle dit avoir été « bénévole » pour la création d’un nouveau média. Ce n’était pas un travail, non. C’était un engagement. Elle a rempli le rôle qu’elle avait décidé : se présenter comme rédactrice en chef et se préparer à reprendre une activité de journaliste après son licenciement du Parisien Magazine. 


Recrutée en janvier 2018 par Le Média, elle a obtenu le salaire le plus élevé, plus du double du salaire d’un jeune salarié. Elle a travaillé 4 jours par semaine. Elle était quotidiennement aidée par ses collègues pour assumer la seule tâche de « présentation » du Journal quand ces mêmes collègues réalisaient de nombreuses tâches comme rédiger des articles, réaliser des reportages, mener des interviews, animer des émissions !


Elle aurait pu continuer avec nous loyalement. Elle a choisi de diffuser un mail qu’elle avait adressé à 5 personnes dont aucune n’a pu le diffuser à la presse. Elle l’a envoyé en « copie caché » à d’autres personnes. La manœuvre est grossière. Xavier Niel doit se réjouir que ses médias : Électron Libre et Le Monde, soient les premiers destinataires de ce genre de « fuites » organisées depuis le Média...


En conclusion, nous ne regrettons absolument pas cette décision. La suite nous confirme qu’il était temps de percer l’abcès avec une personne qui n’hésite pas à nuire à tout un collectif de travail et à un projet citoyen aussi audacieux que le nôtre. 


Aude a offert à ceux qui depuis le début de notre histoire cherchent à nous « tuer dans l’œuf », un petit tumulte qui, nous vous l’assurons, n’ébranle en rien la détermination de toute l’équipe du Média de construire et pérenniser ce beau projet. 


Chers Socios, nous allons vous parler encore : aujourd’hui à 18 heures, vous pourrez vous connecter pour un live avec l’ensemble de l’équipe. Nous vous enverrons le lien dans la journée.


A ce soir,


Les 3 cofondateurs du Média

Sophia Chikirou

Henri Poulain

Gérard Miller