Simulation, bataille de Susangerd, 8 janvier 1981

Simulation, bataille de Susangerd, 8 janvier 1981




(Reconstitution historique)


Ordres de mission

Situation de départ

Réflexions de départ

Après avoir mené l'offensive iranienne, nous passons cette fois à la contre-offensive irakienne.

Le GQG fixe des objectifs particulièrement ambitieux :

  • Subir moins de 25 % de pertes en capacité de combat ;
  • S'emparer de plus des trois quarts des objectifs pondérés par leur importance (ce qui signifie qu'il est possible de renoncer aux objectifs du nord-est et du sud-ouest) ;
  • Infliger à l'ennemi au moins 50 % de pertes.

Le tout avant minuit.

Les unités déployées au sud ne seront disponibles qu'en début d'après-midi.

Compte tenu du terrain, du déploiement initial de nos forces et des zones déjà contrôlées par l'ennemi, les options stratégiques sont limitées. Le plan le plus logique consiste à s'emparer d'abord du village de la cote 17, puis à tenter rapidement de prendre l'objectif du nord-est, tout en lançant l'effort principal au centre en direction de Sadun Hamudi. Si l'objectif du nord-est est conquis, il faudra ensuite s'efforcer de le conserver.

Les troupes du sud, une fois déployées dans l'après-midi, auront pour mission de s'emparer des buttes d'Ishan al Khamara. Si les forces engagées au centre se révèlent excédentaires après l'assaut sur Sadun Hamudi, elles pourront soutenir l'offensive méridionale en attaquant depuis le nord-est. À l'inverse, les troupes du sud pourront renforcer l'effort principal si la situation l'exige.

L'unité de reconnaissance opérant à l'ouest pourra exploiter toute opportunité de capturer un objectif faiblement défendu ou se positionner pour appuyer les différentes offensives en menant des actions de diversion dans les arrières ennemis.

Le ravitaillement est relativement limité, mais il devrait être suffisant pour une bataille de courte durée. Ce point devra néanmoins être surveillé attentivement.

Les réserves sont modestes ; toutefois, elles devraient permettre de soutenir deux à trois engagements majeurs au cours de l'opération.

Etude initiale approfondie et premiers ordres (stratégie)

Une autre option consiste à engager immédiatement les unités les plus mobiles vers le sud en les faisant contourner par nos arrières. À l'est, seules cinq unités mixtes seraient maintenues pour s'emparer du village de la cote 17, deux unités supplémentaires devant les rejoindre en fin de matinée.

Cette approche renonce à toute tentative d'attaque directe sur Sadun Hamudi depuis l'est et évite ainsi la nécessité de conquérir puis de contrôler l'ensemble des territoires susceptibles d'être tenus par l'ennemi dans la moitié orientale du secteur.

En réalité, c'est la seule stratégie permettant de respecter les délais imposés. Elle présente également l'avantage de surprendre l'adversaire, de perturber son dispositif et de réduire considérablement l'ampleur de l'effort à fournir.

Certes, nos forces se trouvent ainsi réparties sur deux axes d'opérations. Toutefois, le groupement sud sera rapidement renforcé, tandis que le groupement est ne dispose, de toute façon, d'aucune possibilité réaliste d'atteindre Sadun Hamudi dans la journée tout en refoulant les forces ennemies devant lui. Une telle manœuvre supposerait en outre une résistance négligeable de l'adversaire et des pertes inexistantes, hypothèses pour le moins optimistes.

Nous redéployons donc nos unités les plus mobiles afin de lancer au plus tôt l'assaut sur les hauteurs d'Ishan al Khamara, pendant que les troupes de l'est s'efforceront de s'emparer du village de la cote 17. Nous renonçons d'emblée à la capture des objectifs les plus excentrés : il est préférable de préserver nos forces et de consolider nos positions sur les objectifs principaux.

Une unité de reconnaissance envoyée vers le sud nous rapporte qu'Ishan al Khamara n'est pas occupé par l'ennemi. Il serait possible de brûler les étapes et de pousser immédiatement en profondeur dans le dispositif adverse. Nous préférons néanmoins nous en tenir au plan initial et établir d'abord une tête de pont solide. L'objectif est de constituer un front cohérent capable de progresser ensuite vers Sadun Hamudi depuis le sud.

À l'est, les éléments avancés signalent que le village de la cote 17 est lui aussi inoccupé, bien que des forces ennemies aient été repérées dans ses environs. Deux options s'offrent alors à nous : investir immédiatement le village en colonnes par la route ou déployer préalablement nos unités sur ses abords, quitte à laisser l'ennemi y pénétrer avant de lancer un assaut méthodique.

Dans ce secteur, le temps ne constitue pas un facteur critique. La prudence commande donc d'éviter toute manœuvre susceptible de nous placer dans une position défavorable sans nécessité opérationnelle. Par ailleurs, nous ne cherchons pas à contrôler la périphérie du village ; nous laissons à l'ennemi l'initiative de s'y engager.

La même logique prévaut au sud : aucune attaque ne sera lancée dans des directions secondaires ou sans intérêt tactique. Toutes nos actions demeurent concentrées sur l'objectif stratégique principal.

Enfin, nous engageons une partie de nos réserves afin de renforcer les unités de première ligne. Quelques chars, véhicules de combat d'infanterie et observateurs d'artillerie sont ainsi déployés pour accroître leur polyvalence et leur capacité de réaction face aux menaces, qu'elles soient antipersonnel ou antichars.

Voici à quoi ressemble la situation :

Réflexions à 10h30, J0

L'ennemi n'a mené aucune action offensive jusqu'à présent. Avec le recul, nous aurions sans doute pu nous emparer du village de la cote 17, mais cela reste sans conséquence sur la conduite générale de l'opération.

En revanche, nous avons atteint notre premier objectif majeur avec la saisie des buttes d'Ishan al Khamara. Cela nous offre une base solide pour la suite des opérations.

Nous pouvons désormais lancer notre progression et engager une première partie des renforts fraîchement arrivés sur le théâtre d'opérations. Leur déploiement devrait nous permettre de renforcer notre dispositif tout en préparant les prochaines phases de l'offensive.

11h, J0 : étude stratégique approfondie et ordres

Comparaison historique

Nous sommes en légère avance sur les Irakiens, mais les combats n'ont pas commencé, donc ce n'est pas significatif.

Etude stratégique approfondie et ordres

Nous engageons une partie de nos renforts tout en conservant plusieurs unités blindées en réserve, dans l'attente d'une meilleure appréciation de la situation tactique et du secteur où leur intervention pourra être la plus utile.

À l'est, nos forces s'emparent du village de la cote 17 sans difficulté. Au centre, nous poursuivons notre progression en direction de Sadun Hamudi et lançons les premières attaques contre les positions avancées ennemies qui couvrent les accès à la ville.

L'ennemi demeure passif et ne manifeste aucune réaction face à nos mouvements ni à nos premiers engagements offensifs.

Premières batailles, analyses tactiques à 11h

Sud-ouest de Sadun Hamudi : analyse tactique préalable

11 h, 15 °C, beau temps, vent nul.

Nous ne possédons pas une grande expérience des tactiques de combat modernes, du moins modernes au sens de la guerre froide ; une précision nécessaire en 2026, où les conflits contemporains relèvent désormais presque de la science-fiction. Notre expertise demeure avant tout celle des combats de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons néanmoins conduit plusieurs engagements de la période guerre froide ces dernières années, notamment ici même, du côté iranien, face à cette position l'année dernière.

C'est avant tout par curiosité que nous apprécions d'aborder des combats plus récents avec une pensée tactique héritée d'époques antérieures. L'une des principales difficultés, sinon la principale, réside dans notre connaissance imparfaite des caractéristiques et du comportement des équipements engagés. Cela concerne particulièrement les portées de tir, qui peuvent facilement induire en erreur lorsqu'on suppose, à tort, que n'importe quelle arme est capable d'atteindre une cible située à plusieurs kilomètres en 1981.

Dans le cas présent, cette difficulté devrait être limitée, car nous ne disposons d'aucun matériel particulièrement sophistiqué : des T-62, des T-55 et divers véhicules armés de mitrailleuses lourdes. Les lance-roquettes RPG constituent un équipement plus spécifique, mais leurs capacités et leur portée relativement réduite nous sont familières.

Nous choisissons de nous déployer légèrement en retrait dans le secteur centre-est. Cette disposition doit permettre le déclenchement rapide de l'offensive sans être gênés par des obstacles ou des goulots d'étranglement susceptibles d'être rapidement encombrés par nos propres véhicules détruits.

Au centre et à l'ouest, nos effectifs sont plus faibles et les distances qui nous séparent de l'ennemi sont plus importantes. Nous évitons donc toute exposition inutile et maintenons ces unités à couvert derrière les canaux et les lignes boisées. Cette protection reste essentiellement visuelle et ne saurait offrir une véritable sécurité contre les armes modernes. Cependant, nous espérons que l'ennemi concentrera son attention sur notre groupement principal, plus important et plus exposé, laissant ainsi à ces détachements plus réduits la possibilité d'agir comme éléments d'appui à distance sur les flancs.

Nous ne nous faisons guère d'illusions sur ce type de raisonnement, que la létalité des armements modernes peut aisément rendre caduc. Il faut plutôt imaginer une situation de la Seconde Guerre mondiale dans laquelle chaque unité disposerait d'un canon de 88 mm. Dans ces conditions, sur un terrain aussi ouvert, rester en retrait présente une utilité limitée. Malgré cela, nous conservons par réflexe les unités du centre et de l'ouest derrière leur écran de protection, aussi symbolique soit-il.

Nous entrerons en bataille selon ce dispositif et nous adapterons ensuite à l'évolution de la situation.

Nos forces comprennent 10 T-62, 10 T-55, 19 BTR-60, 18 BRDM-2 ainsi que quatre observateurs d'artillerie. Ceux-ci disposent d'une batterie de quatre canons de 122 mm et de trois batteries de deux canons de 130 mm chacune.

Les batteries de 130 mm ne disposent d'aucune liaison radio ; les observateurs transmettent leurs ordres par estafettes. Cette contrainte réduit naturellement leur efficacité, mais elle ne nous préoccupe guère, tant nous sommes habitués aux méthodes des combats des années 1940. Leurs tirs seront préparés à l'avance sur les routes et passages obligés susceptibles d'être empruntés par l'ennemi.

La batterie de 122 mm, quant à elle, pourra engager les concentrations de troupes identifiées, en particulier les équipements lourds.

Après une phase d'observation et de stabilisation sur notre ligne de départ, l'assaut principal sera lancé depuis le centre-est. Les unités du centre et de l'ouest rejoindront ensuite l'action selon les circonstances. Si l'ennemi se révèle trop puissant, nous espérons préserver les forces du centre et surtout celles de l'ouest afin qu'elles puissent maintenir leurs positions jusqu'à l'arrivée de renforts. Une seconde offensive pourrait alors exploiter l'attrition subie par l'adversaire.

Au total, nos effectifs dépassent à peine 250 hommes, ce qui demeure extrêmement faible pour une opération offensive de cette ampleur. Du moins selon les standards auxquels nous sommes habitués : ceux des années 1940.

Sud-ouest de Sadun Hamudi : compte-rendu d'après-bataille

Les combats furent extrêmement brefs et d'une grande violence. En cinq à six minutes à peine, le calme était revenu sur le champ de bataille.

L'ennemi avait déployé ses chars Chieftain Mk.5 en retrait de Sadun Hamudi, le long de la ligne boisée et de la route du sud-ouest. Il semblait anticiper une attaque venant de l'ouest ou du centre et comptait probablement sur la protection offerte par les monticules de terre situés plus au sud. Or, l'essentiel de notre dispositif se trouvait précisément dans ce secteur, et ces reliefs étaient trop modestes pour gêner sérieusement notre observation ou nos tirs.

Les chars ennemis les plus proches furent ainsi détruits dès les premiers échanges. Ceux qui se trouvaient plus en retrait durent d'abord manœuvrer pour réagir à la menace. L'intense duel de blindés qui suivit tourna rapidement à notre avantage grâce à notre supériorité numérique écrasante.

Au centre, l'ennemi fut soumis à des tirs convergents provenant de l'ouest, du sud et du sud-est. Pris sous le feu de plusieurs directions à la fois, il ne parvint jamais à organiser une défense cohérente et fut rapidement anéanti.

L'adversaire disposait toutefois d'une artillerie de qualité. Deux salves de lance-roquettes multiples frappèrent notre ligne centre-sud et nous infligèrent plusieurs pertes. Il engagea également deux hélicoptères de combat qui réussirent à détruire un de nos T-62 avant de se retirer.

Puis les combats cessèrent presque aussi brusquement qu'ils avaient commencé. Les rares éléments ennemis encore en état de combattre abandonnèrent le terrain et prirent la fuite.

Sur le moment, nous avons eu l'impression de subir des pertes importantes tant l'intensité des échanges fut élevée. Le bilan final apparaît pourtant nettement plus favorable que nos premières estimations ne le laissaient craindre.

Il s'agit donc d'une victoire totale. Néanmoins, il est difficile d'en tirer des enseignements tactiques significatifs. La bataille s'est déroulée avec une telle rapidité que ni nous ni l'ennemi n'avons réellement eu le temps de manœuvrer. L'affrontement s'est essentiellement résumé à un échange de feu extrêmement violent dont l'issue a été déterminée en quelques minutes.

Bilan des pertes : sur 285 personnels engagés, nous déplorons 15 tués et 5 blessés graves, soit environ 20 pertes. Côté adverse, nous estimons que l'ennemi avait engagé 175 personnels et qu'il a subi 35 tués et nous faisons 15 prisonniers, soit un total de 50 pertes environ et un ratio de 2.7 en notre faveur.

Du côté matériel, nous déplorons :

  • 4 BTR détruits et 1 endommagé. Un des BTR a été détruit par un tir ami de nos T-62. Les autres ont été touchés par les LRM, les Chieftain et un ATGM. Aucun de nos BRDM n'a été touché.
  • 1 T-62 détruit et 1 endommagé. Tous par des ATGM.
  • 1 T-55 détruit et 1 endommagé. Tous par des ATGM.

Côté ennemi, nous constatons :

  • 8 M113 détruits, par des tirs de T-62, T-55 ou de mitrailleuses lourdes. Dont 5 portant des ATGM Tow qui nous ont causé des dégâts.
  • 4 canons sans recul auto-portés M40 détruits par des tirs de T-62, T-55 ou de mitrailleuses lourdes.
  • 5 Chieftain mark 5 détruits, par des tirs de T-62 et de T-55.

Batailles lancées à 11h J0 : réflexions à 13h, J0

La situation actuelle est suffisamment calme pour susciter notre méfiance. L'absence de réaction significative de l'ennemi nous conduit à penser qu'il prépare peut-être une action d'envergure. Dans cette hypothèse, il est impératif de renforcer dès à présent nos positions et d'organiser notre défense.

Si cette menace ne se matérialise pas et que le dispositif adverse se révèle effectivement faible, nous pourrons alors envisager la capture des objectifs restants en fin d'après-midi ou en début de soirée.

Notre priorité demeure la consolidation de nos gains territoriaux. Nous devons aménager des positions défensives solides afin d'être en mesure de repousser une éventuelle contre-attaque iranienne dans les meilleures conditions.

Par ailleurs, l'opération décisive reste à venir : l'assaut sur Sadun Hamudi n'a pas encore été lancé. L'initiative est d'apparence entre nos mains, mais le succès est encore loin d'être garanti.

14h, J0 : étude stratégique approfondie et ordres

Comparaison historique

Notre progression est différente par rapport à celles des Irakiens, car eux ont maintenu leur dispositif principal au sud-est. La différence est que nous tenons quasiment tous les objectifs principaux alors qu'ils sont encore à distance de Sadun Hamudi.

Etude stratégique approfondie et ordres

Notre priorité demeure la prise de Sadun Hamudi ainsi que la destruction des éléments ennemis présents entre nos deux groupements. Une fois ces objectifs atteints, nous chercherons à consolider notre contrôle de l'objectif sud et, si la situation le permet, à nous réorienter vers la capture de l'objectif sud-ouest tout en poursuivant l'élimination des forces adverses isolées entre nos groupes.

La situation est plus délicate au nord-est. Toute modification trop brutale de notre dispositif risquerait d'affaiblir la défense du village de la cote 17 et de compromettre l'équilibre actuellement favorable de ce secteur. Dans ces conditions, nous préférons adopter une posture d'attente.

Mieux encore, il serait avantageux que l'ennemi prenne lui-même l'initiative d'une attaque depuis l'objectif secondaire nord-est en direction du village de la cote 17. Une telle manœuvre l'exposerait à une usure. Nous pourrions alors exploiter son affaiblissement pour contre-attaquer et nous emparer à notre tour de l'objectif secondaire. Notre attitude volontairement prudente vise ainsi à présenter un front apparemment vulnérable afin d'inciter l'adversaire à engager ses forces dans des conditions qui nous seraient favorables.

Au centre, notre manœuvre de débordement autour de Sadun Hamudi porte ses fruits. Nous sommes désormais en mesure d'attaquer la ville depuis plusieurs directions simultanément, compliquant considérablement la défense ennemie. Dans le même temps, une unité blindée adverse en retraite a été encerclée et se trouve dans une situation précaire.

Plus à l'est, nos forces lancent une attaque depuis le sud afin de repousser progressivement l'ennemi, tout en veillant à ne pas déséquilibrer le dispositif défensif mis en place autour du village de la cote 17. Cette approche prudente nous permet de maintenir l'initiative sans exposer inutilement nos positions les plus importantes. Nous pourrions même envisager d'encercler et d'anéantir entièrement les éléments ennemis entre Sadun Hamudi et le village de la cote 17.

L'ennemi demeure remarquablement passif. La seule activité notable observée concerne des mouvements détectés au sud-ouest, que nous devrons surveiller attentivement et intégrer à notre planification pour la fin de l'après-midi.

À ce stade, il est difficile d'en évaluer précisément l'importance. Il peut s'agir d'une simple patrouille de reconnaissance chargée d'observer nos positions, mais aussi d'un détachement plus conséquent ayant jusqu'à présent échappé à la vigilance de nos éclaireurs.

Sadun Hamudi : analyse tactique préalable

14 h, 15 °C. La météo demeure excellente, sans aucun vent.

Nous déployons notre dispositif sur l’ensemble des secteurs ouest et sud des positions supposées de l’ennemi, à une distance d’environ 250 mètres. Les chars sont placés légèrement en retrait afin de réduire le risque de tirs de RPG de la part de l’infanterie adverse. L’infanterie et les véhicules de combat d’infanterie prennent position en première ligne afin d’assurer la protection contre les combats rapprochés. Cette distance de 200 à 250 mètres procure en outre une marge de sécurité supplémentaire face à la menace des RPG.

Nous déployons trois observateurs d’artillerie pour trois batteries de deux canons de 130 mm chacune. Dépourvus de moyens radio, ils transmettent leurs ordres par estafette. Leurs tirs seront dirigés contre les routes, les points de passage obligés ainsi que certains bâtiments.

Nous déployons également un observateur d’artillerie pour une batterie de quatre canons de 122 mm. Cette unité pourra répondre de manière flexible aux besoins de la situation. Elle règle ses tirs sur les positions susceptibles d’accueillir des concentrations de troupes ennemies, ainsi que sur les bâtiments, les routes et les points de passage obligés.

Nous disposons enfin d’un observateur pour une batterie de lance-roquettes multiples Grad de 122 mm. Toutefois, nous ne jugeons pas opportun de l’employer dans cette bataille et maintenons son observateur en retrait.

Au total, nous engageons plus de 250 hommes, 10 T-62, 11 T-55, 27 BRDM-2 et 12 BTR-60.

Nous lancerons l’attaque simultanément sur l’ensemble du front dès que les conditions le permettront, après la préparation d’artillerie et sous réserve que la situation demeure stable.

Sadun Hamudi : compte-rendu d'après-bataille

Nous n'avons pas eu à combattre. Nos tirs d'artillerie et de mitrailleuses lourdes ont été appuyés par une intervention aérienne inattendue : le commandement nous a envoyé quatre appareils qui ont bombardé les positions occupées par l'infanterie ennemie dans le village.

À la suite de cette action, le reste des forces ennemies a pris la fuite.

Bilan des pertes : de notre côté, aucune perte. Côté adverse, nous estimons que l'ennemi avait engagé une petite centaine de personnels, nous comptons 10 cadavres et faisons 15 prisonniers, soit un total de 25 pertes environ.

Sud-est de Sadun Hamudi : analyse tactique préalable

14h07, 15 °C, météo toujours excellente, aucun vent.

Nos unités blindées à l'est établissent une ligne de position jusqu'au contact du territoire supposément occupé par l'ennemi. Nos unités mécanisées à l'ouest adoptent le même dispositif. L'unité ennemie que nous estimons présente dans ce secteur est désormais encerclée et devrait pouvoir être réduite sans difficulté.

Les observateurs d'artillerie suivent le schéma habituel. Une batterie de 130 mm reçoit ses coordonnées de tir par estafette et ciblera un point probable de concentration de personnels ennemis ainsi qu'un passage obligé. Une batterie de quatre canons de 122 mm règle ses tirs et demeure joignable par radio, ce qui permettra de l'engager rapidement contre les objectifs qui se révéleront nécessaires au moment opportun. Un lance-roquettes multiples Grad de 122 mm n'est pas jugé nécessaire pour cette opération ; son observateur demeure donc à l'écart de la zone de combat.

Nous déployons 21 T-62, 1 T-55, 10 BRDM-2 et 7 BTR-60, pour un effectif total de plus de 150 personnels.

Sud-est de Sadun Hamudi : compte-rendu d'après-bataille

Les combats ont une fois de plus été très rapides et violents. Toutefois, l'ennemi avait réussi à dissimuler dans les creux du terrain plusieurs chars Chieftain ainsi que des véhicules d'infanterie M113 équipés de lanceurs ATGM TOW. Ces engins ont représenté une menace sérieuse, et l'un de leurs missiles a atteint l'un de nos BTR-60, le détruisant.

Nos blindés ont eu beaucoup de difficultés à engager ces véhicules, dont seule une faible partie de la silhouette dépassait d'un relief en apparence plat. Cette situation a prolongé les combats, entraîné une consommation de munitions supérieure à ce qui aurait été nécessaire et occasionné davantage de pertes dans nos rangs.

L'ennemi a également tenté de nous atteindre par des tirs d'artillerie précis, mais sans succès.

Les forces adverses s'étaient concentrées à un emplacement prévisible : le carrefour situé entre la zone boisée, le canal et la route. Nous y avions planifié un tir d'artillerie de 130 mm. Toutefois, une salve supplémentaire de plusieurs dizaines d'obus de 122 mm, précisément ajustée sur les positions effectivement identifiées, aurait été nécessaire. Nous n'avons cependant pas eu le temps de la demander : les troupes ennemies se sont dispersées en prenant la fuite vers le nord.

Bilan des pertes : sur un total de 187 personnels engagés, nous déplorons 3 tués. Côté adverse, nous estimons que l'ennemi avait engagé une centaine de personnels, et nous comptons 10 cadavres, prenons en charge 5 blessés graves et faisons 10 prisonniers, soit un total de 25 pertes environ et un ratio de 7.7 en notre faveur, si ce calcul a un intérêt...

Concernant le matériel, nous perdons 1 BTR-60 et 1 BRDM-2 a été endommagé, tous les deux par des tirs d'ATGM.

Côté adverse :

  • 2 Chieftain ont été détruits par nos T-62 et T-55,
  • 1 M113 a été détruit par des tirs de mitrailleuse lourde de nos véhicules d'infanterie,
  • 3 BMP-1 perdus dont 2 détruits par des obus de 115 mm de nos T-62 et par des tirs de mitrailleuses de 14.5 mm de nos véhicules d'infanterie, et 1 abandonné. Nous avions pris ces véhicules, quasiment invisibles depuis nos positions, pour des M113, car un M113 était très visible et nous avions rencontré des M113 porteurs de TOW dans une précédente bataille.

Nos éclaireurs signalent également que contrairement à nos constats, l'essentiel du groupe ennemi s'est discrètement dispersé vers le sud !

Cote 14 : analyse tactique préalable

14h12, 15 °C, beau temps, avec un très léger vent.

Nous déployons nos unités au contact de l'ennemi, à l'est comme à l'ouest. Notre composition manque de polyvalence : nous sommes fortement orientés vers la lutte antichar et ne disposons pas d'une artillerie souple, celle-ci se limitant à deux batteries de LRM Grad de 122 mm.

Si l'ennemi est largement doté en infanterie, nous éprouverons des difficultés à l'éliminer. Nous ne disposons d'aucun moyen adapté pour nous en approcher et nettoyer efficacement le terrain.

Il faudra donc nous adapter à la situation. C'est le propre des opérations militaires, et c'est aussi ce qui en fait tout l'intérêt.

Nous engageons un peu plus de 150 hommes, un effectif extrêmement réduit, ainsi que 7 T-62, 20 T-55, 6 BTR-60 et 4 BRDM-2.

Nos rares véhicules d'infanterie, qui peinent à apporter un véritable surcroît de polyvalence à nos unités, tenteront de prévenir toute approche de l'infanterie ennemie contre une partie de nos chars, du moins ceux déployés au nord-est et au sud-ouest de notre dispositif. Nous ne disposons d'aucun moyen pour protéger les autres.

Nos observateurs d'artillerie règlent les tirs des LRM sur quatre positions jugées potentiellement intéressantes : une position offrant du relief et de la végétation au nord ; le carrefour formé par une ligne boisée, un canal et une route, plus au sud ; le centre de la zone ; enfin, une autre position avec du relief, située à un carrefour entre une ligne boisée et une route au sud.

Les LRM manquent de souplesse et consomment rapidement leurs munitions, mais nous n'avons guère d'autre choix. Il serait tentant de ne pas les employer ; toutefois, si nous parvenons à faire tomber une salve sur une concentration de troupes ennemies, les dégâts seront considérables.

Nous allons commencer par une pause traditionnelle sur notre ligne. Ce temps nous permettra de laisser les observateurs d'artillerie régler leurs tirs, d'observer le territoire supposément occupé par l'ennemi, de repousser d'éventuelles attaques et de préparer notre offensive. Nous adapterons ensuite notre manœuvre en fonction des observations et de l'évolution de la situation.

Cote 14 : compte-rendu d'après-bataille

Une fois de plus, les combats furent rapides et violents. L'ennemi avait concentré ses forces dans un repli de terrain situé au nord, au carrefour d'une ligne boisée, d'un canal et d'une route, bénéficiant ainsi d'un relief favorable. Il commit toutefois l'erreur de passer à l'attaque, réduisant de fait l'effet de surprise, mais aussi la discrétion et la protection que lui offrait sa position.

Il engagea des Chieftain et des M113. Au cours de l'affrontement, un tir détruisit l'un de nos T-55 déployés à l'ouest.

Nos LRM n'eurent pas le temps de lancer leurs salves : l'ennemi prit la fuite dès que l'ensemble de ses véhicules eut été détruit.

Bilan des pertes : sur 165 personnels engagés, nous déplorons 4 tués. Côté adverse, nous estimons que l'ennemi avait engagé 150 personnels et nous pensons qu'il a subi 20 tués et nous faisons 5 prisonniers, soit un total de 25 pertes environ et un ratio de 6.5 en notre faveur.

Du point de vue matériel, encore une fois, nos estimations furent erronées. L'ennemi avait déployé des BMP-1 dans des positions retranchées. Le profil très bas de ces véhicules les rend difficile à repérer. Notre T-55 détruit a reçu un obus de canon sans recul d'un BMP-1 tiré à 750 mètres.

Côté adverse :

  • 2 Chieftain détruits par des tirs de T-55 et de T-62, souvent avec des obus HEAT,
  • 7 M113 détruits par des tirs de T-55 et de T-62, plutôt avec du HEAT ou du HE,
  • 1 BMP-1, détruit par des tirs de T-55 et de T-62.

Batailles lancées à 14h J0 : réflexions à 16h, J0

L'ennemi semble nettement plus faible que prévu. Nous contrôlons désormais l'ensemble des objectifs principaux, ce qui nous offre une marge de manœuvre appréciable pour redéfinir la conduite des opérations.

Cette situation ouvre plusieurs possibilités. Nous pourrions notamment lancer sans attendre l'assaut contre l'objectif nord-est. Une prise précoce de cet objectif nous laisserait ensuite suffisamment de temps pour réagir en cas d'imprévu, consolider durablement notre emprise sur Sadun Hamudi et, si nécessaire, redéployer une partie de nos forces vers les buttes d'Ishan al Khamara afin d'en assurer la défense.

Dans le même temps, cette avance sur le calendrier pourrait également nous permettre d'envisager une offensive contre l'objectif sud-ouest. Si la faiblesse du dispositif ennemi se confirme, nous serions alors en mesure de contrôler l'ensemble du champ de bataille tout en conservant des réserves suffisantes pour faire face à une éventuelle contre-attaque.

17h, J0 : étude stratégique approfondie et ordres

Comparaison historique

À ce stade de l'opération, les forces irakiennes n'ont pas encore pris Sadun Hamudi, même si sa chute paraît imminente.

En revanche, elles ont constitué une ligne de front continue et solidement organisée. Nous avons fait un choix différent en renonçant temporairement à cette continuité du dispositif afin de privilégier la vitesse d'exécution et de garantir la capture des objectifs principaux dans les délais impartis.

Cette prise de risque calculée s'est révélée payante : elle nous a permis de prendre une avance sensible sur le déroulement historique.

Etude stratégique approfondie et ordres

La situation se dégrade progressivement. En renonçant à maintenir une présence sur l'ensemble de la moitié ouest du secteur, nous avons laissé l'ennemi y envoyer ce qui semble n'être que de simples patrouilles de reconnaissance. Celles-ci suffisent pourtant à rendre cette vaste zone hostile : nous ne pouvons plus y faire circuler rapidement nos colonnes par les routes sans risque. L'adversaire est même parvenu à étendre sa présence jusqu'aux abords des buttes d'Ishan al Khamara.

Nous allons corriger cette situation, mais cela risque de compromettre la capture de l'objectif secondaire du sud-ouest.

Il ne s'agit pas véritablement d'une erreur de planification, puisque cet objectif ne figurait pas parmi nos priorités initiales. En revanche, nous avons sous-estimé l'adversaire en ne laissant aucune troupe sur les buttes d'Ishan al Khamara. Le pire a été évité, mais cette négligence réduit désormais notre liberté d'action au moment même où nous souhaitions revoir nos ambitions à la hausse.

Un ennemi qui paraît faible ne doit jamais être méprisé.

Notre réponse sera peu conventionnelle.

Les nombreux postes de commandement, ateliers de réparation de campagne et unités logistiques, demeurés loin derrière le front et disposant d'une excellente mobilité, seront employés comme éléments de reconnaissance. Leur mission sera d'explorer la zone occidentale que nous avions cessé de surveiller, en progressant depuis nos arrières, au milieu des éléments de soutien ennemis eux aussi laissés relativement isolés.

Cette manœuvre pourrait donner lieu à une situation inhabituelle : des escarmouches entre unités de commandement, de logistique et de maintenance. Aucun des deux camps ne recherche ce type d'affrontement, et les consignes restent d'éviter tout combat inutile. Si de tels incidents devaient néanmoins se produire, nous nous adapterions en conséquence.

Si cette première phase réussit, ces unités de l'extrême arrière deviendront, paradoxalement, les éléments les plus avancés de notre dispositif. Elles tenteront de s'infiltrer dans un territoire que nous estimons faiblement défendu afin d'ouvrir un corridor pour les forces de première ligne progressant depuis le nord et l'est. Une fois cette reconnaissance effectuée, nos colonnes pourront emprunter les routes à grande vitesse en considérant le secteur comme suffisamment sécurisé.

L'objectif le plus ambitieux de cette opération reste toutefois la prise de l'objectif sud-ouest. Si celui-ci se révèle effectivement dépourvu de défense, ces unités pourraient s'en emparer avant même l'arrivée des forces de combat. Une telle réussite désorganiserait profondément le dispositif adverse et constituerait un succès spectaculaire que le service de propagande ne manquerait pas d'enjoliver.

Pendant ce temps, nos unités de première ligne progresseront par l'autre versant du dispositif ennemi afin de rejoindre cette force d'infiltration.

La principale difficulté est désormais le temps. Notre période de commandement touche bientôt à son terme et il paraît peu probable que nous puissions mener cette manœuvre complexe à son terme avant la fin des opérations. Si l'ennemi dispose finalement de davantage de forces que prévu, nos chances de succès diminueront encore.

Chaque étape sera conduite avec prudence afin de limiter les risques.

Nous envoyons d'abord plusieurs postes de commandement reconnaître les approches occidentales. Leurs observations confirment que les forces ennemies y sont extrêmement réduites et dispersées. Elles n'occupent même plus directement l'objectif sud-ouest, se contentant probablement de contrôler les accès afin de nous empêcher de nous en emparer rapidement. Cette tactique semble malheureusement produire les effets recherchés.

Nous engageons ensuite les ateliers de réparation et les unités logistiques embarquées sur leurs camions afin de rejoindre les postes de commandement.

Enfin, une unité de reconnaissance est envoyée depuis le nord, tandis qu'une autre progresse depuis l'est avec une unité blindée. Leur mission est de converger rapidement vers le sud-ouest en empruntant l'autre flanc du dispositif ennemi.

Parallèlement, une unité d'infanterie et une unité blindée sont détachées pour reprendre possession des buttes d'Ishan al Khamara et garantir durablement leur défense.

Plus au nord, nous renforçons la défense de l'objectif principal en y déployant une unité blindée appuyée par des véhicules de combat d'infanterie, ainsi qu'un groupement antichar composé d'ATGM, de véhicules d'infanterie et de leurs détachements. Ces unités, jusqu'alors affectées à la défense du village de la cote 17, constituent un dispositif particulièrement adapté au combat défensif en zone urbaine.

Au nord-est, nous concentrons une importante masse de blindés et d'unités mécanisées, selon des principes rappelant les grandes offensives de la Seconde Guerre mondiale. Certes, nos unités disposent d'effectifs plus réduits, mais il en va vraisemblablement de même pour l'adversaire. Cette concentration doit nous assurer une puissance de choc suffisante pour écraser toute contre-attaque et conserver l'un de nos principaux objectifs.

Dans le même temps, plusieurs unités blindées et de reconnaissance sont chargées de l'encerclement d'une unité mécanisée ennemie en retraite entre Sadun Hamudi et le village de la cote 17 afin de l'anéantir.

Enfin, une unité blindée ennemie, isolée dans nos arrières, est volontairement laissée de côté. Nous estimons qu'elle ne possède plus de véritable potentiel offensif. Une simple unité de second rang suffira, le moment venu, à l'annihiler. Nos priorités se situent ailleurs, et cette unité ne semble plus en mesure de menacer nos lignes de communication ni de s'emparer opportunément d'un objectif avant la fin de la bataille.

L'ennemi finit toutefois par réagir. Après une journée entière d'apparente absence totale d'activité, il lance une série de mouvements qui bouleversent nos prévisions.

L'unité observée au sud-ouest ne préparait pas une attaque : elle cherche en réalité à se replier vers le nord en traversant un secteur que nous contrôlons insuffisamment.

À l'ouest, une autre unité en retraite poursuit le même objectif. Nous avions cependant déployé un cordon de blindés et d'éléments de reconnaissance pour lui barrer la route. L'ennemi tente désormais de percer ce dispositif avec l'appui d'une seconde unité en fuite située de l'autre côté de notre barrage.

Cette évolution menace directement les arrières des forces destinées à l'offensive contre l'objectif nord-est. Nous risquons donc de devoir différer cette attaque afin de rétablir la sécurité de notre dispositif avant toute nouvelle progression.

Village en cote 15 : analyse tactique préalable

17h, 13 °C, Les conditions météorologiques demeurent excellentes, sans vent.

L'unité blindée 2/Wahda n'a pas eu le temps de se déployer avant le mouvement ennemi. Elle se trouve actuellement à proximité du village et progresse vers l'ennemi situé à l'ouest, ce qui l'expose à des tirs. Toutefois, les deux unités adverses présentes sont estimées extrêmement affaiblies, au point d'être proches de perdre toute capacité de combat.

Les unités déployées au nord du canal, ainsi qu'une partie de celles positionnées à proximité de celui-ci, mettent en place une ligne orientée face à l'ennemi venant du nord-ouest.

Les unités situées au sud du canal, appuyées par l'autre partie des forces déployées près du canal, s'emploient à encercler puis à anéantir l'unité ennemie isolée, actuellement en fuite depuis le sud.

À ces forces s'ajoutent de nombreux observateurs d'artillerie. Les trois batteries de lance-roquettes multiples Grad de 122 mm ne seront pas engagées ; leurs observateurs restent en retrait. Un observateur d'une batterie de quatre mortiers de 120 mm se déploie à proximité du village situé au nord et règle ses tirs sur les routes, les buttes et les carrefours. Un observateur d'une batterie de quatre canons de 122 mm, ainsi qu'un second observateur d'une autre batterie de quatre mortiers de 120 mm, prennent position à l'est du village de la cote 17 et règlent leurs tirs sur les hauteurs occupées par l'unité ennemie en fuite. Enfin, un observateur d'une batterie de deux canons de 130 mm, dépourvue de moyens de communication radio, transmet par estafette les coordonnées de tir visant les routes et les reliefs susceptibles d'accueillir des troupes ennemies.

Au total, nous déployons plus de 200 hommes, 21 T-62, 14 T-55, 8 BTR-60 et 9 BRDM-2.

Une fois l'ensemble de nos troupes déployé, et si l'ennemi n'est pas déjà en débandade conformément à ses habitudes, nous lancerons l'attaque.

Village en cote 15 : compte-rendu d'après-bataille

Comme à l'accoutumée, la bataille fut brève et violente. L'unité en repli, qui s'était dissimulée dans les faibles ondulations du terrain, a rapidement perdu ses véhicules dès qu'ils ont tenté de se déplacer. Nous avons identifié deux Chieftain. L'un d'eux s'est révélé plus difficile à détruire, car il demeurait à couvert dans les creux du terrain. L'unité venue à son secours depuis le nord-ouest a également été repérée à longue distance ; elle semblait être seulement constituée d'un M113. Son infanterie a ensuite fait demi-tour, tandis que celle de l'unité en fuite s'est dispersée vers le sud.

Il demeure difficile de comprendre ce que l'ennemi espérait accomplir en engageant seulement deux ou trois véhicules contre une cinquantaine.

Bilan des pertes : sur 250 personnels engagés, nous ne subissons aucune perte. Côté adverse, nous estimons que l'ennemi avait là une centaine de personnels et qu'il a subi une dizaine de pertes, dont 5 tués.

Côté matériel, l'ennemi perd 2 Chieftain et 1 M113.

Batailles lancées à 17h J0 : réflexions à 19h, J0

L'ennemi a réussi à perturber nos plans au nord-est, nous empêchant de lancer notre offensive sur l'objectif secondaire.

20h, J0 : étude stratégique approfondie et ordres

Comparaison historique

Les Irakiens nous ont rattrapé, ils ont pris Sadun Hamudi et possèdent l'objectif sud-ouest, que nous n'avons pas.

Etude stratégique approfondie et ordres

La situation évolue brutalement, et de la meilleure des manières.

Notre manœuvre sur le flanc ouest se révèle être un succès bien au-delà de nos espérances. Les postes de commandement, les unités logistiques et les ateliers de réparation de campagne, lancés en masse sur les routes de nos arrières, ont pu observer à distance le repli de l'unité ennemie isolée. Profitant de ce mouvement, ils ont progressivement repris le contrôle du territoire abandonné par l'adversaire avant de s'emparer de l'objectif secondaire du sud-ouest.

Nous n'aurions pas osé imaginer un tel résultat. Ce qui paraissait quelques heures plus tôt relever d'un pari audacieux se transforme en un succès presque inespéré.

Notre attention peut désormais se porter sur les deux derniers problèmes tactiques : intercepter les unités ennemies qui cherchent à rejoindre leurs lignes et lancer l'assaut contre l'objectif secondaire du nord-est.

Si ces opérations réussissent, l'ensemble des objectifs sera sous notre contrôle et toutes les unités ennemies organisées auront été neutralisées. Il ne subsistera plus que quelques éléments dispersés errant dans nos arrières. Leur élimination sera sans doute longue et fastidieuse, cette tâche incombera à notre successeur. Quoi qu'il en soit, ces éléments ne représentent plus une menace. Notre dispositif logistique repose sur un réseau particulièrement dense et des unités très mobiles, comme nous venons d'en avoir la confirmation ; dans ce terrain semi-désertique, des groupes ennemis très affaiblis et isolés ne disposent pas des moyens nécessaires pour perturber nos communications.

Nous consolidons immédiatement l'objectif du sud-ouest en y déployant les unités de soutien qui l'ont conquis. Dans le même temps, nous poursuivons notre infiltration au nord-est, renforçons notre groupement de combat et lançons l'assaut contre le dernier objectif secondaire.

Parallèlement, une unité de soutien est envoyée reconnaître en contournant largement par l'ouest la situation des forces ennemies en retraite. Cette mission révèle une surprise : il ne s'agit pas d'une unité isolée, mais de deux.

Nous adaptons aussitôt notre dispositif. Une unité de reconnaissance est chargée de couper leur voie de repli vers le nord, tandis qu'un groupe composé de deux unités blindées et de deux unités de reconnaissance est envoyé pour les encercler et les détruire.

Ces engagements devraient constituer les derniers combats de notre commandement. Nous espérons pouvoir transmettre une situation pleinement maîtrisée à nos successeurs.

Il faut toutefois reconnaître que le profond déséquilibre des forces a réduit l'intérêt tactique de cette campagne. Une opposition solide aurait donné lieu à des choix stratégiques et tactiques et à des batailles bien plus difficiles et nettement plus pertinents.

Comme tout à l'heure, l'ennemi refuse néanmoins de se laisser anéantir passivement. Il tente une dernière manœuvre en cherchant à percer le cordon que nous avons établi pour lui interdire tout repli vers le nord et il est malgré lui capable de compliquer l'exécution de nos plans, impliquant nos unités de Sadun Hamudi !

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