Simulation, bataille de Krasnaya Polyana, 23 octobre 1941

Simulation, bataille de Krasnaya Polyana, 23 octobre 1941

Actualités mondiales & françaises


(Reconstitution historique)


Ordres de mission

Situation de départ

Réflexions de départ

Bien, l'endroit nous est familier, nous avons combattu plusieurs fois en février 1943 en tant qu'Allemands et Soviétiques, par un temps extrêmement glacial et hostile. Cette fois, nous revenons en arrière en 1941 après avoir combattu à Bulakhi, quelques dizaines de kilomètres à l'ouest, quelques jours plus tôt, une armée rouge extrêmement faible, par un temps automnal très classique (nous verrons ce que la météo nous réserve pour cette fois). Dans cette présente bataille, le nombre de nos unités est très faible par rapport à l'ampleur de la tâche, l'essentiel des troupes nous rejoindra dans 24-36 heures. La mission attendue par le GQG, au-delà de ce qui a été énoncé plus tôt (prendre Krasnaya Polyana, le pont et se diriger vers Zmiev) est de contrôler, pendant 24 heures, Krasnaya Polyana, ses abords nord-est et nord-ouest, ce qui inclut le pont, et de manière moins prioritaire, quelques sections de la route vers Zmiev.

Compte-tenu du peu de troupes à disposition, 4 groupes de combat, il nous faut obligatoirement prioriser les objectifs de grande valeur stratégique, au nombre de trois, car nous n'aurons techniquement pas suffisamment d'unités pour contrôler pendant 24 heures tout ce qui est attendu.

Si les trois plus importants objectifs sont pris rapidement, et tenus, du moins avant demain soir, cela pourra nous donner un peu d'avance, les renforts nous permettront ensuite de prendre quelques sections de route vers Zmiev et de nous autoriser la perte d'un objectif principal, que l'on pourra simplement reprendre le 25 octobre.

Etude initiale approfondie et premiers ordres (stratégie)

Nous allons nous orienter plein nord, dégager Kranaya Polyana ouest, prendre le pont et poursuivre au nord-ouest de Krasnaya Polyana. Ensuite nous nous occuperons du nord-est. Nous ignorons totalement le contrôle de la route sud dont le contrôle ne serait pas stratégiquement rentable et ne serait donc qu'une perte de temps, de troupes et de munitions pour l'instant. En parlant de la logistique, nos stocks de munitions pourraient suffire, il faudra simplement les surveiller. Nous avons aussi des réserves de personnels en quantité faible à modérée.

Nous attaquons l'accès sud-ouest de Krasnaya Polyana, qui est aussi, bien sûr, une section de la route sud :

L'ennemi nous attend :

Premières batailles, analyses tactiques à 19h

Accès sud-ouest de Kranaya Polyana ouest : analyse tactique préalable

19h, 7 °C, beau temps, crépuscule.

Nous disposons de plus de 750 personnels, ils se déploient de manière agressive en ligne et sonderont le territoire échappant à notre contrôle ou contrôlé par l'ennemi, et exploiteront les failles pour percer et encercler l'ennemi.

Les troupes en retard de quelques minutes rejoindront en une seconde ligne celles qui les attendent, les dépasseront sous couverture des troupes déjà positionnées, et commenceront à tenter d'avancer de 150-200 mètres. Ce sera une ouverture plus sécurisée, dont la cadence sera donnée par les retardataires, donnant l'opportunité aux troupes en avance de sécuriser les abords. Sur les hauteurs, nous plaçons des mitrailleuses, mortiers, artilleries de campagne et observateurs d'artillerie. Au nord, dans Vodyanoe, des canons antichars de 37 mm prennent place pour tendre une embuscade à l'ennemi : dans le cas de présence blindée, nous souhaitons tenter de porter un coup à l'ennemi, tout en tentant de conserver Vodyanoe.

Le but est de saisir la forêt au centre et Krasnaya Polyana ouest.

Accès sud-ouest de Kranaya Polyana ouest : compte-rendu d'après-bataille

Le plan a été déroulé comme prévu, nous n'avons pas rencontré de présence ennemie significative dans un premier temps. Au nord, nous avons pu atteindre les faubourgs de Krasnaya Polyana ouest, où nous avons identifié une forte densité ennemie dans la ferme soviétique à l'entrée de la ville. Nous n'avons pas insisté, en attendant le reste des troupes plus au sud pour l'attaquer sur deux flancs.

Au centre, l'ennemi s'était également concentré dans les creux des reliefs, notre progression a donc été ralentie. Lorsque nous avons atteint la route de Zmiev, nous avons rencontré une très forte présence ennemie. Nous avons déplacé nos équipes de soutien sur les hauteurs plus proches, que nous venions de prendre. De là, ils ne toutefois pouvaient atteindre que les hauteurs contrôlées par l'ennemi. L'ennemi était vraiment important, alors nous avons redéfini la tactique en considérant l'ennemi comme étant une seule grande concentration de troupes, allant de la ferme à l'ouest de Krasnaya Polyana ouest jusqu'au virage de la route de Zmiev. Nous avons attaqué tout ce secteur depuis le nord, le sud et le centre, avec des tirs de soutien depuis les hauteurs au sud-est de Vodyanoe. Cela a fini par faire plier l'adversaire qui, après avoir cherché à négocier un statu quo, a dû battre en retraite en abandonnant la ferme. Pendant tout ce temps, un groupe gardait l'accès de la route de Zmiev.

Bilan des pertes : sur 761 personnels engagés, nous déplorons 15 tués et 35 blessés graves, soit environ 50 pertes. Côté ennemi, nous estimons qu'il avait concentré tous ses effectifs à cet endroit, ne défendant pas la forêt, soit 230 personnels, qu'il a subi 30 tués, nous prenons en charge 5 blessés graves et nous faisons 140 prisonniers, soit un total de 175 pertes environ et un ratio de plus de 3.5 en notre faveur.

Batailles lancées à 19h J0 : réflexions à 22h J0

L'entrée en matière est positive, mais gourmande en munitions et en effectifs, même si nous obtenons un très bon ratio de pertes. Cela permet de rapidement porter un coup violent à l'adversaire pour tenter de le mettre à genoux, ce qui nous sera bénéfique pour plus tard lorsque nous passerons en défense en attendant le gros de nos troupes. Pour l'instant, d'autres unités ennemies dans le secteur sont encore puissantes, nous ne pouvons pas encore nous reposer.

Il conviendrait de repousser l'ennemi de Krasnaya Polyana ouest, de ses abords, et de continuer à poursuivre sur le nord-ouest de Krasnaya Polyana ouest.

23h, J0 : étude stratégique approfondie et ordres

Nos éclaireurs étendent notre contrôle vers le nord-ouest de Krasnaya Polyana ouest et le long du nord de la route de Zmiev. Nous allons étudier en détails ce que nous pouvons faire en fonction de nos capacités, sachant que nous obtenons le renfort d'une unité supplémentaire.

Nous faisons quelques rotations et allons attaquer Krasnaya Polyana ouest, ignorant le reste du territoire. Plus tard, nous attaquerons le nord-ouest de Krasnaya Polyana ouest, mais pour le moment il est nécessaire de niveler le front / d'éloigner l'ennemi, pour permettre ensuite de redéployer une plus forte concentration de nos troupes plus au nord, en passant Krasnaya Polyana ouest en défense en y laissant une moindre densité de troupes.

L'ennemi ne réagit pas, il nous attend, en défense.

Kranaya Polyana ouest : analyse tactique préalable

Ordres spécifiques : repousser l'ennemi de Krasnaya Polyana ouest et de la forêt au sud, pour y passer en défense afin de réorienter le gros de nos forces vers le nord-ouest de Krasnaya Polyana ouest.

23h, 4 °C, il fait nuit, du brouillard est annoncé.

Nous disposons de 800 personnels. Une partie a déjà pris position au plus près de l'ennemi sur Krasnaya Polyana ouest, et le long du territoire ennemi au nord-ouest. Une autre partie va rapidement renforcer les effectifs sur Krasnaya Polyana ouest et dans la forêt au sud. Nous allons repousser l'ennemi de 500 mètres vers Krasnaya Polyana et dans la forêt au sud, mais nous aimerions aussi tenter de prendre le nord-ouest de Krasnaya Polyana ouest pour mieux niveler le front et obtenir plus rapidement un second objectif important. Cela n'est pas conforme à l'esprit des ordres définis au niveau supérieur, lorsque nous avions la casquette du stratège. Il est en effet possible que nous n'ayons pas les effectifs suffisants. Toutefois, appliquer la mission de base rend néanmoins nécessaire de se protéger d'une attaque ennemie depuis le nord-ouest de Krasnaya Polyana ouest, donc nous devons y déployer des effectifs, ceux-ci peuvent donc sonder les lignes adverses pour savoir s'il est possible de pousser de 500 mètres.

Dans un premier temps, la priorité est de pousser vers Krasnaya Polyana conformément à la mission, le reste est du bonus.

Nous déployons des canons de 37 et de 50 en embuscade au carrefour de la ferme à l'ouest de Krasnaya Polyana ouest et à Vodyanoe. Ces canons n'ayant pas la portée suffisante pour percer un blindé en première ligne, nous les plaçons dans nos arrières, ils pourront tenter d'y intercepter des blindés ennemis par surprise, en tirs rapprochés, si ces blindés percent nos premières lignes.

Sur les hauteurs de Vodyanoe, un observateur d'artillerie s'y place pour régler ses tirs en direction du nord-est. Sur la hauteur au sud-est de la ferme à l'entrée ouest de Krasnaya Polyana ouest, nous y plaçons des mitrailleuses, des pièces d'artillerie de campagne et un observateur d'artillerie réglant ses tirs sur la ville.

Kranaya Polyana ouest : compte-rendu d'après-bataille

Nous avons commencé par attendre l'ensemble de nos troupes, pendant ce temps, l'ennemi commença à nous harceler depuis la ville. Nous y avons répondu à l'artillerie.

Après quoi nous avons lancé l'assaut de la forêt, pour dégager cet espace et prendre la ville depuis le sud simultanément à l'assaut depuis l'ouest. Nous avons découvert un ennemi assez solide en forêt qui nous a fait perdre des plumes.

Puisque l'assaut de la ville était retardé, nous avons lancé l'assaut du nord-ouest. L'ennemi y avait déployé des canons et mortiers destinés à soutenir la ville. Nous avons pu les éliminer facilement. Toutefois, une énorme concentration de troupes ennemies se trouvait le long de la rive nord-est du Donets, cela nous a coûté extrêmement cher, car nos personnels prenant le contrôle de la rive sud-ouest du Donets se trouvaient sous leurs tirs. Notre artillerie, très limitée (deux pièces par batterie) n'a pas pu réduire significativement et rapidement l'ennemi.

La présence ennemie en ville étant moins forte, nous avons lancé l'assaut sur le flanc nord de la ville, ainsi que contre la ville depuis l'ouest et depuis la forêt au sud.

L'ennemi proposa de négocier un statu quo. Apparemment, il était très impressionné par nos attaques tous azimuts. Honnêtement, nous n'en menions pas large. Le fait d'avoir étendu notre dispositif avait vraiment réduit la densité de nos forces et nous ne faisions le poids que par illusion. Nous n'avons pas été raisonnables.

Au nord-ouest, les combats étaient durs et nous étions prêts à négocier un cessez-le-feu en échange d'une ligne de front repoussée partout de 500 mètres. Alors que nous cherchions à saisir un ensemble de maisons au nord-ouest, après quoi nous pensions attendre ainsi ou négocier, l'ennemi se replia. C'était une victoire non méritée. Au cours du repli ennemi, nous avons eu l'occasion de nous apercevoir que celui-ci disposait encore de quelques troupes dans nos arrières, au nord-est, que nous avions dépassées sans les identifier, et qui possédaient encore un lien de communication physique avec leurs propres arrières. Cela démontre bien la médiocrité de notre prestation.

Le bilan des pertes est certainement très mauvais en ce qui nous concerne, il se traduira par une capacité offensive plus réduite à l'avenir. Si nous avions suivi les consignes que nous nous étions données sur le plan stratégique, les combats auraient été plus lents, mais de meilleure qualité. Etudions maintenant la réalité du terrain : sur 811 personnels engagés, nous déplorons 50 tués, 105 blessés graves, soit un total de 155 pertes environ. Côté ennemi, nous estimons qu'il avait engagé 525 personnels, nous constatons 120 cadavres, prenons en charge 20 blessés graves et faisons 215 prisonniers, soit un total de 355 pertes et un ratio de plus de 2 en notre faveur. Le ratio demeure correct pour une telle bataille, compte-tenu du gain territorial en un temps réduit : cette initiative est une réussite.

Batailles lancées à 23h J0 : réflexions à 2h J+1

L'ennemi, impressionné, s'est replié très profondément, surestimant nos forces. Nous allons défendre les deux objectifs avec un effectif réduit et tenter de prendre le nord-est de Krasnaya Polyana.

3h, J+1 : étude stratégique approfondie et ordres

L'ennemi a repris un peu de terrain en se rendant compte qu'il avait fui plus vite et plus loin que nécessaire. Le Donets, au nord de Krasnaya Polyana, déborde, la route est dans l'eau, tout n'est qu'un vaste marécage. Nos personnels sont totalement exténués, le ravitaillement n'arrive pas en raison de l'état du terrain et le peu de routes praticables, de telle sorte que notre cadence est réduite. Nous faisons toutefois quelques rotations de troupes et une unité supplémentaire nous rejoint, ce rafraîchissement nous permet d'attaquer vers le nord pour éloigner l'ennemi de la ville, ce qui nous permettra plus tard de poursuivre vers l'Est, davantage sur le flanc nord de la ville, où se trouvent nos principaux objectifs. Tout en conservant des troupes assez près de nos arrières en cas d'attaque ennemie depuis la route de Zmiev !

L'ennemi nous attend :

Nord de Kranaya Polyana ouest : analyse tactique préalable

Ordres spécifiques : au centre, repousser l'ennemi au nord en prenant la rive nord du bras nord du Donets en direction de Kirsanovka ; à l'ouest, s'assurer le contrôle immédiat de la rive nord du Donets en direction du sud de Shubino (des troupes s'y trouvent déjà, les renforcer) ; défendre Krasnaya Polyana ouest et dans un second temps, si l'ennemi est faible, prendre Krasnaya Polyana à l'Est.

3h, 4 °C, le brouillard devrait se dissiper.

Nos effectifs sont de 700.

A l'ouest, nos troupes renforcent leur présence en rive nord.

Au centre, des renforts arrivent pour repousser l'ennemi vers Kirsanovka, 4 artilleries de campagne de 105 mm sont amenées derrière des équipes de mitrailleuses MG-34, de l'infanterie va rapidement les rejoindre pour bloquer l'ennemi et le repousser. Un groupe a également pris position à l'Est pour bloquer l'ennemi qui se trouve à Krasnaya Polyana.

Malgré tout, compte tenu de la longueur de la ligne de front, la densité de nos troupes est très faible et nous risquons d'être mis en difficulté. De plus, nos troupes sont exténuées et commencent à manquer de munitions en raison de l'état des routes, compliquant le transport de la logistique. Il faut espérer que l'ennemi soit suffisamment faible, dans le cas contraire il y a un risque que nous soyons le camp qui se fera repousser.

Nos canons antichars de faible diamètre sont toujours en embuscade le long des routes dans nos arrières, tout ce qu'ils pourront faire sera de surprendre des véhicules ennemis qui auraient percé notre ligne.

Nous disposons aussi de deux observateurs d'artillerie qui préparent leurs tirs au nord (batterie de 150 mm) et à l'Est (mortiers de 80).

Nord de Kranaya Polyana ouest : compte-rendu d'après-bataille

L'ennemi nous attendait en restant discret. Nos troupes au centre ont pris possession de la rive nord du Donets et ont identifié l'ennemi à Kirsanovka. Il était équipé de blindés légers. La mission ne consistant pas à prendre Kirsanovka, elles en restèrent là, se contentant d'échanger des tirs distants. Les blindés ont été pris à partie par nos divers canons, y compris de 105, mais la distance était trop importante par rapport à leur faible capacité antichar, et les artilleries de campagne de 105 sont plutôt conçues pour l'antipersonnel. Néanmoins, 1 ou 2 chars ont fini par être mis hors de combat.

L'ennemi mena une reconnaissance depuis Krasnaya Polyana, notre défense au sud-est étant mince, il réussit à contourner nos positions entre le bras sud du Donets et la ville. J'envoyai les équipes de MG-34 renforcer le secteur, appuyées par notre seul véhicule antipersonnel. Nous avons pu reprendre l'espace perdu. Je décidai de dégarnir le centre qui semblait surdimensionné pour renforcer le sud-est en vue de tenter une reconnaissance ou une attaque sur Krasnaya Polyana. Ce fut un succès, beaucoup de troupes ennemies défendaient l'école de la ville, au sud-est. Cela nous a coûté des pertes, cependant nous avons éjecté l'ennemi de ce secteur.

L'ennemi souhaitait négocier. C'est à ce moment qu'il envoya un blindé traverser nos lignes au nord et tenter de semer le chaos dans nos arrières. Toutes les pièces de 105, tous les canons antipersonnel de 75, les mortiers, les mitrailleuses MG-34 et les canons AT de 37 le prirent pour cible, mais j'espérais qu'il s'enfonce au plus vite, le plus loin possible, dans nos arrières, car nos canons étaient en embuscade assez en profondeur. S'il restait près du front, il nous causerait beaucoup de pertes. Après un grand nombre de coups au but, un obus HE de 105 l'atteignit en lui détruisant une chenille. Quelques obus de plus finirent par provoquer l'incendie du blindé. L'équipage fut abattu lorsqu'il s'échappa.

La voie semblait libre au nord, je décidai de faire une reconnaissance avec les troupes près de Kirsanovka, elles prirent possession de tout le nord en éliminant toute résistance, dont un véhicule d'infanterie ennemi.

Bilan des pertes et vérifications de la réalité des faits par rapport aux données du terrain : sur 718 personnels engagés, nous déplorons 40 tués et 25 blessés graves, soit 65 pertes environ. Côté ennemi, nous estimons qu'il avait engagé 265 personnels, nous constatons 70 cadavres, nous prenons en charge 10 blessés graves et faisons 90 prisonniers, soit 170 pertes et un ratio de plus de 2.5 en notre faveur.

Côté ennemi, les blindés étaient des BT-2, nous en trouvons 2, mais il est possible qu'un troisième se soit échappé, car les interrogations des prisonniers tendent à confirmer la présence d'un troisième char.

Le premier BT-2 que nous avons repéré a reçu plus d'une centaine de projectiles, même une balle de MG-34 a pu endommager le blindage de flanc près du moteur, projetant des particules de la face interne du blindage dans le moteur, endommageant ce dernier. Plusieurs obus de 37 tirés à plus de 750 mètres percèrent le réservoir de carburant, endommagèrent le moteur, les munitions, la tourelle... Des obus de 75 HE endommagèrent les chenilles à de multiples endroits.

Le BT-2 qui nous fonça dessus fut atteint par un obus HE de 105 qui détruisit entièrement son châssis : tout le système de roulement gauche sauta, les chenilles et la plupart des roues. Le coup de grâce fut donné par un obus perforant de 105, les servants de l'artillerie de campagne réussirent à le lui loger lorsqu'il fut immobilisé (de nuit ce n'était pas évident de tirer sur une cible mouvante, surtout avec une pièce de 105 destinée à de l'antipersonnel). Les munitions, le réservoir de carburant et le moteur furent touchés, créant un incendie. Nous identifions aussi un tir de MG-34 dont la balle fit projeter un morceau de blindage côté interne, blessant le conducteur, qui fut éliminé plus loin. Une autre endommagea de la même manière les mitrailleuses jumelées du blindé.

Le véhicule d'infanterie était un tracteur d'artillerie T-20, son blindage fut percé par les tirs directs de MG-34.

Batailles lancées à 3h J+1 : réflexions à 6h J+1

Nous étendons notre contrôle sur le territoire adverse, dégageant un bon espace de sécurité autour de nous. De belles opportunités s'ouvrent à nous. L'ennemi au nord-ouest se retrouve coupé de ses arrières et l'objectif à l'Est pourrait être attaqué depuis plusieurs axes.

7h, J+1 : étude stratégique approfondie et ordres

Comparaison historique

Les Allemands n'ont toujours pas pris Krasnaya Polyana ouest, ni le nord-ouest ou le nord-est. Ils ont toutefois pris le pont, qui était en train d'être détruit par les Soviétiques, le sauvant juste à temps.

Nous sommes largement en avance par rapport aux Allemands. Toutefois, l'état de nos troupes est catastrophique (fatigue intense et pénurie de munitions).

Etude stratégique approfondie et ordres

Des éclaireurs ennemis reprennent une partie du territoire à l'Est, dont nous nous sommes retirés en raison du trop grand étirement de nos lignes :

Nos éclaireurs reprennent les positions en question et nous lançons l'attaque au nord de Krasnaya Polyana pour nous rapprocher de Shmarovka sud. Nous tentons d'améliorer notre logistique...

L'ennemi tente d'attaquer Krasnaya Polyana ouest, nous allons l'écraser :

Kranaya Polyana : analyse tactique préalable

Ordres spécifiques : écraser l'ennemi venant du sud-est, puis si possible, écraser l'ennemi situé au nord-est. Les troupes à l'Est devront se dépêcher de prendre la fermette au sud-est et poursuivre vers l'ennemi, qui sera bloqué par d'autres troupes. Le matériel de soutien et l'équipement lourd serviront à tenir le groupe ennemi au nord-est à distance, le temps que 1./297 eng revienne depuis le nord-ouest pour défendre Krasnaya Polyana ou renforcer l'attaque vers le sud-est ou lancer son attaque vers le nord-est selon la situation.

7h, 4 °C, il pleut un peu et il y a des bourraques de vent modérées mais cela devrait ne pas durer.

Nous disposons d'environ 640 personnels. Les troupes sont en train de prendre les positions détaillées ci-dessus, les observateurs d'artillerie, aux côtés des pièces de 105, préparent leurs tirs vers le nord-est, les canons antichars se mettent en embuscade dans nos arrières pour accueillir par surprise et à courte distance les blindés qui perceraient nos lignes en profondeur (la faible puissance de nos canons, essentiellement du 37, ne permet pas de faire mieux), les artilleries de campagne et des mitrailleuses se préparent à repousser l'ennemi venant du nord-est ; 1./297 eng s'apprête à faire embarquer ses troupes dans ses camions pour les approcher en les amenant à Krasnaya Polayana ouest d'où elles continueront à pied vers le nord-est ou le sud-est selon le besoin (nous cherchons à éviter d'épuiser davantage notre infanterie).

Kranaya Polyana : compte-rendu d'après-bataille

L'ennemi était extrêmement faible et on ne comprend pas ses intentions, ce que nous avons pris pour une attaque depuis le sud-est n'était peut-être qu'une erreur de la part de son unité qui a fait marche vers nous, pensant que nous ne contrôlions pas la ville. Nous avons intercepté peut-être 5 personnels dans la forêt, qui se déplaçaient vers le nord, alors que nous étions environ 350 à assiéger le secteur en le ratissant.

Au nord-est, ce fut plus compliqué. Profitant de la faible visibilité, l'ennemi tenta des reconnaissances et il s'établit dans les maisons du sud de Kirsanovka d'une part, et d'autre part il était parvenu à atteindre Krasnaya Polyana en contournant nos positions avancées avec une poignée de personnels (rien de bien méchant, même si nos équipements lourds étaient donc pris sur deux flancs). A Kirsanovka en revanche, nous avions des troupes sur place, mais elles se sont retrouvées localement en minorité et nous avons perdu quelques dizaines de personnels. Lorsque la pluie cessa et que le soleil se leva, la visibilité permit un appui de la part de nos pièces de 105 et de nos observateurs d'artillerie (deux obusiers de 150 et six mortiers de 82).

1./297 eng arrivait alors à Krasnaya Polyana et nous avons décidé de l'envoyer en rive nord du Donets pour rejoindre le nord-est et prendre d'assaut ce secteur et le nettoyer. Quand l'ennemi vit tout cela foncer sur lui, il décida de prendre la fuite, au cours de laquelle il perdit des plumes sous les tirs de nos artilleries et mortiers.

Bilan des pertes : sur 671 personnels engagés en comptant tout le monde, nous déplorons 10 morts et 10 blessés graves, tous à Kirsanovka. Soit 20 pertes environ. Côté ennemi, nous estimons qu'il n'avait engagé que 85 personnels, nous comptons 20 cadavres, prenons en charge 5 blessés graves et faisons 25 prisonniers, soit un total de 50 pertes et un ratio de plus de 2 en notre faveur.

Batailles lancées à 7h J+1 : réflexions à 10h J+1

La situation est assez correcte, bien que l'ennemi semble commencer à réagir. Au sud-ouest, il s'approche de nos arrières, à l'Est il dispose de troupes fraîches, et nous devons poursuivre vers l'Est tout en gérant nos difficultés d'approvisionnement et l'exténuation de nos personnels.

11h, J+1 : étude stratégique approfondie et ordres

Nous réussissons à profiter de l'amélioration météorologique et du lever du soleil pour ravitailler à peu près correctement plusieurs de nos unités. Nous faisons quelques petites rotations de troupes et poursuivons notre offensive vers l'Est : il nous faut absolument le nord-est de Kranaya Polyana avant la fin de l'après-midi pour satisfaire notre GQG, nous l'attaquerons en milieu d'après-midi, dans un premier temps nous attaquons plus au sud pour tenter de prendre une meilleure position et/ou attendrir l'ennemi. Ce dernier étend son contrôle partout ailleurs. Nos autres unités restent sur les objectifs déjà acquis (le quartier ouest de Krasnaya Polyana et le nord-ouest de celui-ci) et au nord, 6./523 n'attaque pas isolément l'ennemi : il attend patiemment.

Nous aurions pu immédiatement attaquer le nord-est de Krasnaya Polyana avec trois unités, toutefois cela me semble risqué, l'ennemi peut nous y attendre en nombre, mieux vaut d'abord essayer d'en dégager les abords, ou ramollir un peu l'ennemi, puis seulement ensuite lancer une attaque depuis plusieurs axes simultanément.

Ce qui devait arriver arriva, l'ennemi attaque nos arrières, sur Krasnaya Polyana ouest, avec une force indéterminée. Nos renseignements tendent néanmoins à être optimistes. Nos effectifs ici ne représentent l'équivalent que d'une seule unité.

Cela pourrait marquer l'apogée de notre réussite sur cette bataille, la trop faible densité de nos troupes rend impossible la mission, nous ne pouvons pas prendre et tenir autant d'objectifs avec si peu de groupes de combat.

En cas d'échec à défendre Krasnaya Polyana ouest, nous contre-attaquerons Krasnaya Polyana ouest en abandonnant nos plans de nous étendre davantage vers l'Est, ce qui signifie que nous mettrons un terme à la mission : les renforts que nous attendons arriveront seulement tout au long de cette nuit, ce qui sera bien trop tard pour obtenir une victoire. Il s'agira alors de préserver nos troupes en repassant en défense sur le flanc ouest ; il n'est pas utile, et il est même dangereux, de vouloir tenir la rive nord du Donets en se faisant couper de nos arrières ! Cela n'est pas raisonnable.

Cette mission aurait pu facile si le GQG avait attendu vingt-quatre heures supplémentaires, le temps de laisser les unités arriver ! Au lieu de cela, en précipitant cette attaque nous devions attaquer au crépuscule, dans la pluie et à travers des marécages, le Donets débordant, nos personnels étant alors privés de ravitaillement et s'exténuant inutilement. Les troupes dont nous disposons sont trop faibles pour servir d'éléments avancés suffisamment puissants pour réussir cette mission.

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