Sans miracles écrit
T / tsouyou / 5r4cJ’ai grandi dans le bruit sourd des espoirs qu’on écrase,
la vie m’a parlé cash, poing fermé, regard grave,
j’ai appris à encaisser sans jamais lever la main,
à sourire en surface pendant que je coulais en bas.
Cœur en friche, cerveau saturé,
j’pensais que souffrir fort c’était exister,
j’ai confondu courage et autodestruction,
j’ai pris mes failles pour des traits de caractère, quelle illusion.
J’ai fait d’la nuit mon territoire,
des cernes sous les yeux comme seule médaille,
les substances comme alphabet,
pour écrire “ça va” quand tout allait de travers.
Verre après verre, j’effaçais des chapitres,
mais l’encre revenait toujours plus noire, plus vive,
j’me suis saboté par peur d’être sauvé,
j’me suis puni avant même d’avoir essayé.
Les démons parlaient fort, j’écoutais trop,
j’ai flirté avec le vide comme si c’était beau,
j’me suis perdu dans des raccourcis toxiques,
pensant que le chaos avait quelque chose de mythique.
Et puis sans sirène, sans miracle écrit,
une présence a traversé le décor de ma nuit,
pas là pour réparer, ni pour promettre demain,
juste rester debout quand j’tenais plus sur rien.
Elle voit mes fissures sans les pointer du doigt,
elle comprend mes silences, mes retards, mes faux pas,
dans ce monde qui cogne, qui use, qui abîme,
elle m’apprend que ralentir, c’est pas un crime.
J’ai pas guéri, j’mentirais en disant ça,
mais j’ai trouvé une raison de me battre encore,
dans ce chaos, y’a une voix douce en moi,
qui me murmure que l’amour existe, même pour les corps abîmés.