Petites Histoires

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Elle est blanche en revenant du Parc, et ses mains tremblent . Autour du pouce droit, elle tient un mouchoir tĂąchĂ© de sang. Bill l’a mordue.
Elle longeait le lac aux canards, Bill Ă©tait en libertĂ©. Au dĂ©tour de l’allĂ©e, Bill et elle se sont retrouvĂ©s nez Ă  nez avec un homme et ses deux huskies. Elle a Ă©tĂ© surprise, elle a eu peur, elle s’est prĂ©cipitĂ©e sur Bill pour le remettre en laisse. Elle a toujours peur quand elle croise des gros chiens, elle ne sait jamais comment lui, comment eux, vont rĂ©agir. Bill a senti qu’elle avait peur, les chiens sentent tout, alors il s’est mis Ă  avoir peur lui aussi. Quand l’homme est passĂ© avec ses chiens Ă  leur hauteur, Bill s’est mis Ă  grogner. Elle a mis sa main devant sa gueule pour le faire taire, et il l’a mordue.
En dix ans, c’est la premiùre fois que Bill la mord.
Elle est en colĂšre. Elle est choquĂ©e. Elle ne comprend pas. Elle enlĂšve le mouchoir de sa main, et elle regarde la plaie : profonde, avec deux bouts de chair qui pendent de chaque cĂŽtĂ©. Bill n’a pas fait semblant. Il est sept heures du soir, Ă©videmment les pharmacies sont dĂ©jĂ  fermĂ©es. Elle appelle un cabinet mĂ©dical et elle a de la chance, parce qu’un mĂ©decin lui propose de venir.
Avec sa poupĂ©e autour du pouce, elle a du mal Ă  passer les vitesses. Elle roule vite, parce que le mĂ©decin s’en va Ă  vingt heures et qu’elle ne veut pas le rater. Elle n’arrive toujours pas Ă  y croire. Bill l’a mordue.
Il est assis par terre, cĂŽtĂ© passager. Elle ne voulait pas l’emmener mais quand elle a ouvert la porte de l’appartement, il s’est prĂ©cipitĂ© dehors. Bill dĂ©teste rester seul. De ses deux yeux ronds et noirs, il fixe la poupĂ©e qu’elle a au pouce droit. Elle s’arrĂȘte Ă  un feu et lui met le pansement sous le nez : « Regarde, c’est toi qui m’as fait ça ! ». Il renifle la compresse, sans oser s’approcher, et se couche les oreilles rabattues. Elle se demande s’il comprend, que c’est lui qui a fait ça.
Le mĂ©decin est jeune, il vient de finir ses Ă©tudes. Il exerce depuis quelques mois seulement et du coup, elle n’est pas trĂšs rassurĂ©e. Quand elle enlĂšve le pansement et qu’il voit la morsure, il dit « Ah oui, quand mĂȘme, il va falloir recoudre ». Il lui fait un point, juste un point, et aprĂšs il est embĂȘtĂ© parce qu’il n’a pas de pansement. De toutes façons, il va falloir qu’elle aille Ă  la pharmacie en sortant de chez lui. Il lui fait une ordonnance, compresses, Vaseline pour ne pas que les compresses collent Ă  la plaie, bande autoadhĂ©sive, antibiotique. Il n’a pas la liste des pharmacies de garde, il lui dit qu’il faut appeler le 17. Autour du cabinet il y a beaucoup d’immeubles, et par les fenĂȘtres ouvertes ils entendent les gens qui regardent un match de rugby. 
Au commissariat, Ă  l’accueil , elle tombe sur un type musclĂ©, avec des tatouages plein les bras. Il lui demande l’ordonnance, sa carte d’identitĂ©, et puis il Ă©crit son nom et son adresse dans un grand cahier. Il appelle la pharmacie de garde pour prĂ©venir qu’elle arrive. Elle ne savait pas que c’était aussi rĂ©glementĂ© que ça, les pharmacies de garde. Bill est restĂ© dans la voiture, quand elle revient il reste tapi dans son coin, et de ses deux billes noires il fixe le pouce recousu, peinturlurĂ© de bĂ©tadine. « Regarde, c’est toi qui m’as fait ça ».
Quand elle sort de la pharmacie le match est terminĂ© et des voitures klaxonnent. Elle est agacĂ©e par le bruit, la circulation, par les gens surexcitĂ©s qui sortent la tĂȘte de leur voiture et qui hurlent parce qu' »ils » ont gagnĂ©. Elle a envie de calme, elle aimerait que quelqu’un l’attende chez elle, qui lui aurait prĂ©parĂ© un bon petit plat. Mais chez elle il n’y a personne. Quand elle remonte dans la voiture Bill n’a pas changĂ© de place, elle accĂ©lĂšre, regarde l’heure, il est tard, elle parle toute seule, elle se demande ce qu’elle va bien pouvoir se faire Ă  dĂźner. Des pĂątes ? Trop long. Des sardines en boite ? Trop gras. Elle se rabattra sur une salade de tomates et de la mozzarella. De toutes façons, elle n’a pas trĂšs faim.
En rentrant elle ne veut pas lui prĂ©parer sa gamelle, elle ne veut pas qu’il dorme dans la chambre, comme il en a l’habitude. Pendant le film, elle ne veut pas qu’il s’installe sur le canapĂ© Ă  cĂŽtĂ© d’elle. Avant d’aller se coucher elle met son panier dans le salon, et ferme la porte de la chambre. Elle tend l’oreille mais il ne couine pas, il ne gratte mĂȘme pas Ă  la porte. Elle se demande s’il comprend, que c’est lui qui a fait ça.    
Quand elle se lùve le lendemain matin, il l’attend en remuant la queue. Elle ne lui parle pas, ni ne lui adresse un regard. Le pansement autour de son doigt est comme une barriùre entre eux. Alors Bill retourne se coucher en boule sous sa commode.
En buvant son cafĂ© elle repense Ă  hier et les larmes lui montent aux yeux. Elle pleure sur elle, sur son chien qui l’a mordue pour la premiĂšre fois, sur son doigt qui a lancĂ© toute la nuit et l’a empĂȘchĂ© de dormir. Elle pleure sur son cafĂ© trop froid. C’est ridicule, de pleurer pour ça, mais elle a envie de pleurer alors elle pleure.
Elle met plusieurs jours Ă  s’en remettre , que Bill l’ait mordue. Fini les surnoms, les « Billy » et les « Billou » avec des trĂ©molos dans la voix. Depuis la morsure, c’est un « Bill » sec et froid, qu’elle prononce du bout des lĂšvres comme si ce nom lui piquait la bouche. Il le sent, il n’ose plus s’approcher d’elle. En promenade il se tient Ă  distance, et quand ils rentrent il va se cacher dans un coin. Il fait celui qui dort mais de temps en temps, il ouvre ses deux yeux noirs et il l’observe, inquiet. Il se demande si elle lui pardonnera.
Quand il ferme les yeux, c’est elle qui le regarde. Il fait un petit bruit, un tout petit bruit de respiration, et son poitrail se soulĂšve Ă  intervalle rĂ©gulier. Et puis il se met Ă  rĂȘver, elle le sait parce qu’il agite ses pattes de derriĂšre en poussant des petits grognements. Elle se demande s’il rĂȘve de huskies, de pharmacie de garde et de commissariat. C’est fou, comme elle aime entendre la respiration de son chien.
Demain c’est dĂ©cidĂ©, elle lui pardonnera.
La voici, elle entre dans le parc, au bout de la laisse elle tient un gros chien avec des tĂąches marrons et blanches. Il tire sur sa laisse, il est puissant ce chien, alors elle le lĂąche et il part comme une flĂšche. Ce n’est pas un chien comme ça qu’elle aurait voulu. Elle se voyait en compagnie d’un petit toutou mignonnet avec plein de poils frisĂ©s, un peu genre gentil mouton mais bon, la SPA n’avait que celui-lĂ  Ă  proposer. Ils lui ont dit : » Vous verrez, il est un peu costaud mais tellement sympa et doux comme un agneau! ». Et c’est vrai, il se laisse caresser, se niche contre elle devant la tĂ©lĂ©, la suit partout, la regarde avec des yeux plein d’amour, il sait qu’elle ne l’abandonnera jamais, pas comme ces tortionnaires qu’il avait pour maĂźtres avant elle

Elle marche doucement dans le parc car ses jambes ne sont plus comme avant, et lui court comme un diable et se roule dans l’herbe fraĂźche, encore toute mouillĂ©e de la pluie d’hier. Au loin on dirait une petite vache, il manquerait plus qu’il se mette Ă  brouter pense t’elle en souriant. Maintenant ce n’est plus l’herbe qui l’intĂ©resse mais un gros ballon rouge, qui est lĂ  en plein milieu, il n’est Ă  personne, aucun enfant en vue. Il commence Ă  le renifler. Elle va vers lui car ce ballon est sĂ»rement Ă  quelqu’un, il ne faudrait pas qu’il le crĂšve.
Ils sont lĂ  tous les trois, la dame, le chien et le ballon, personne alentour, pas Ăąme qui vive. Son chien attrape le ballon et elle le met en laisse, ils sont lĂ  comme arrĂȘtĂ©s, stoppĂ©s dans l’instant. Elle ne comprend pas ce qu’il lui arrive, elle regarde le ciel, son chien, le ballon et puis soudain un coup de vent terrible, le ballon s’élĂšve dans le ciel et puis le chien mordant le ballon et puis la dame tenant le chien. VoilĂ , maintenant ils sont lĂ -haut tous les trois et puis plus rien, on ne voit plus rien, il n’y a plus de vent et la mer au loin pousse un soupir de contentement.
Elle lñche cette phrase comme on lñcherait un chiot dans une piscine, pour voir s’il sait nager. Et puis elle se roule une cigarette.
Nous parlions de ma fameuse difficultĂ© Ă  me lancer dans la vie. Elle a souvent des expressions comme ça, bien Ă  elle, trĂšs imagĂ©es. Celle-lĂ  me dĂ©concerte ; au contraire je me suis toujours sentie dĂ©bordĂ©e, et dans ma vie c’est un vĂ©ritable problĂšme. Je ne vois pas comment je pourrais l’ĂȘtre d’avantage. Et puis me laisser dĂ©bordĂ©e par qui, par quoi ? Elle me fixe, Ă©crase son mĂ©got en plissant des yeux. « Je vous revois mardi prochain ? » . Les vingt minutes rĂ©glementaires sont dĂ©jĂ  Ă©coulĂ©es: je vais devoir me dĂ©merder seule avec cette histoire de dĂ©bordement.
j’essaye de me reprĂ©senter la chose, de lui donner une incarnation. Dans mon lit je me rĂ©pĂšte Ă  l’infini le mot « dĂ©bordement », comme si de la rĂ©pĂ©tition une vĂ©ritĂ© allait me sauter aux yeux. L’image qui me vient est celle d’un bain qu’on aurait laissĂ© couler trop longtemps. D’une mer dĂ©chaĂźnĂ©e, Ă©cumante, un jour de tempĂȘte. D’une casserole d’eau bouillante, qui jaillirait violemment. Il faut a-cce-pter de vous laisser dĂ©-bor-der. Ses mots retentissent comme une Ă©nigme que je n’arrive pas Ă  rĂ©soudre.
je lui fais part de mes rĂ©flexions, un peu honteuse de n’avoir pas saisi la mĂ©taphore. Elle ne me regarde pas, trie son courrier, feuillette son carnet de rendez-vous. Je parle de moins en moins fort et finit par me taire, alors elle est bien obligĂ©e de dire quelque chose: « Des images aquatiques, donc ? » . Sur le mur derriĂšre elle, le portrait de Lacan est accrochĂ© de travers. Au premier rendez-vous, elle m’a annoncĂ© qu’elle « Ă©tait lacanienne » comme elle m’aurait dit Je suis vĂ©gĂ©tarienne ou Je vote PS. Celui d’avant Ă©tait freudien, mais je n’ai jamais trĂšs bien saisi la nuance. Elle continue: « Et des situations catastrophes ? » .
Je la regarde avec des yeux de merlan frit et elle reprend sa dĂ©monstration, lentement, comme si elle parlait Ă  un enfant : « Un dĂ©gĂąt des eaux, une tempĂȘte, un geyser d’eau bouillante
 Des situations catastrophes, donc ? ». Des images aquatiques, des geysers, des situations catastrophes
 Elle m’a perdue pour de bon.
quand le client d’aprĂšs sonne Ă  la porte du bas. Elle roule sur sa chaise jusqu’à l’interphone, se hisse vers le bouton et allonge la main. La porte claque, et on entend un bruit d’ascenseur. Elle revient face Ă  moi: « En d’autres termes, il faut apprendre Ă  lĂącher les chevaux . Je vous revois mardi prochain ? ». Sur son mur, de travers, Lacan a l’Ɠil qui frise.
La rĂ©alitĂ© s’est opposĂ©e, incontournable et inflexible, Ă  la rĂ©alisation de mes dĂ©sirs.
La dĂ©ception, je crois que c’est avoir envie d’une chose qu’on ne peut pas obtenir.
La dĂ©ception, c’est se sentir empĂȘchĂ©.
La dĂ©ception, c’est avoir un rĂȘve qui ne se rĂ©alise pas.
La dĂ©ception, c’est attendre quelque chose qui n’arrive pas.
La dĂ©ception, c’est avoir cru quelque chose possible.
La dĂ©ception, c’est avoir eu l’audace d’espĂ©rer.
La dĂ©ception, c’est comprendre que la rĂ©alitĂ© ne sera jamais rien de plus que la rĂ©alitĂ©.
La dĂ©ception, c’est « l’espoir qui fait vivre », mais qui ne fait que ça.
Certains ne sont jamais déçus car ils savent. Ils savent que la rĂ©alitĂ© fait toujours ce qu’elle veut, et pas ce qu’on attend d’elle. Ils savent que la rĂ©alitĂ© ne se plie pas aux caprices de leurs dĂ©sirs.
Certains espÚrent, malgré tout, que la réalité les exaucera. Ils prient, ils invoquent les dieux, ils croisent les doigts.
Certains vivent leur vie comme une succession de rĂȘves Ă©veillĂ©s.
Certains se refusent Ă  rĂȘver car ils ont fini par se dire : « A quoi bon ? ».
Certains aiment la rĂ©alitĂ©. Certains la rejettent. Certains font avec car ils savent qu’ils n’ont pas le choix.
Et pourtant, on n’arrĂȘte jamais de rĂȘver.
Va, va, va, dit l’oiseau: le genre humain ne peut pas supporter trop de rĂ©alitĂ©.
La salle est presque dans le noir , sauf des petites lumiĂšres qui bordent l’escalier et dessinent un chemin lumineux. A cette Ă©poque, elle espĂšre une rencontre qui pourrait la rĂ©parer.
Alors voilĂ , il y a lĂ  au milieu de la salle un homme assis, seul dans sa rangĂ©e. Elle monte les escaliers et s’assoit Ă  deux places de lui, pour ne pas ĂȘtre trop prĂšs. Dans la semi-obscuritĂ© elle devine la forme de son visage, et qu’il n’a plus beaucoup de cheveux. C’est terrible de perdre ses cheveux, lui dira-t-il plus tard quand ils se connaitront, plus jamais je n’aurai l’air d’un jeune-homme. Cette remarque la fera sourire.
Ils sont venus voir un documentaire sur la Maison de la Radio. Elle fait une rĂ©flexion doucement, mais suffisamment fort pour qu’il l’entende. Elle a reconnu quelqu’un dans le film. Il rĂ©pond que lui aussi, il connait cette personne. Ils seraient prĂȘts Ă  continuer leurs commentaires sauf que des voix derriĂšre eux leur intiment de se taire.
Quand ils sortent de la salle de cinĂ©ma, ils se mettent Ă  parler du film. Son mari travaillait Ă  Radio France et quelle coĂŻncidence, lui aussi. Elle va divorcer, lui vient de perdre sa femme. C’est sa voix qu’elle aime en premier. Elle avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© trĂšs sensible Ă  celle de son mari et maintenant, c’est celle-lĂ  qui lui plait. Une voix chaude et enrobante, comme le chocolat qui coule sur un fruit bien mĂ»r.
Lorsqu’ils sont dans la rue, sous la lumiĂšre des rĂ©verbĂšres, il lui sourit et elle dĂ©couvre ce petit espace entre les deux incisives qu’on appelle les Dents du bonheur. Elle songe: une promesse, tout de suite, des belles choses qui nous attendent.   
Une panne d’électricitĂ© sans doute. Il y en avait souvent ces temps-ci. Elle leva la tĂȘte, les murs tout autour Ă©taient percĂ©s de fenĂȘtres, quelques unes Ă©clairĂ©es par les flashs des tĂ©lĂ©visions. C’était la sacrosainte heure des informations. D’autres, un trou noir sans aucune lumiĂšre. Les murs paraissaient immenses et elle se sentit perdue au milieu de la cour, comme si ce lieu lui Ă©tait Ă©tranger.
Soudain, elle reconnut le bruit d’un pas. Un pas Ă©nergique, lourd et vif Ă  la fois. C’était lui, elle en Ă©tait sĂ»re. Elle l’avait appelĂ© le “Marcheur en chambre”. Elle habitait au rez-de-chaussĂ©e et lui, l’appartement au premier. Toutes les nuits, il arpentait la chambre au-dessus de la sienne, et souvent des talons aiguilles accompagnaient son pas lourd. Il se passait des choses, lĂ -haut. Tous les soirs elle se couchait aux aguets, guettant le moindre bruit, obsĂ©dĂ©e par l’idĂ©e qu’elle serait de toutes façons rĂ©veillĂ©e dans la nuit.
Elle ne savait pas grand chose de lui. Un Ă©change avec la gardienne lui avait appris qu’il Ă©tait cĂ©libataire avec une trĂšs belle situation, et qu’il recevait des “visites”, des jolies femmes, toujours diffĂ©rentes. Ce soir, pour la premiĂšre fois depuis qu’elle habitait l’immeuble, elle pourrait enfin le voir et lui demander. Mais lui demander quoi, au juste? Pourquoi il marchait comme ça, au beau milieu de la nuit? S’il serait prĂȘt Ă  vivre autrement et Ă  se faire plus discret? Le marcheur en chambre marchait vite, il courait presque, et en quelques secondes il fut Ă  sa hauteur. Si prĂšs qu’il aurait pu la toucher. Elle ne voyait que sa silhouette. Il Ă©tait petit, bien plus petit qu’elle. Elle s’arrĂȘta, ne sachant pas quoi faire. Lui parler? L’ignorer? Il continua son chemin, et elle resta figĂ©e dans le noir. Seule la lune l’éclairait.
Avoir un frùre ou une sƓur. Ou les deux.
Être trĂšs douĂ©e pour quelque chose. Avoir les yeux verts.
Boire du champagne matin, midi et soir.
Adopter douze chiens et huit chats.
Avoir une résidence secondaire en Normandie.
Être cĂ©lĂšbre et voir ma tĂȘte dans les journaux.
Avoir la peau ferme pour l’éternitĂ©.
Pouvoir tout manger sans jamais grossir.
Depuis quelques temps, Iris a l’impression d’ĂȘtre suivie. Aucune preuve concrĂšte ne lui permet d’ affirmer cette idĂ©e Ă©trange d’ailleurs elle ne sait mĂȘme pas comment, ni pourquoi, elle en est venue Ă  penser ça. L’idĂ©e ne repose sur aucune certitude, simplement la sensation de sentir un regard qui l’accompagne, partout oĂč elle va.
Preuves ou pas, Iris est sur le qui-vive. Elle se retourne dans la rue, se cache pour composer le code de son immeuble, le soir elle donne un tour de verrou supplĂ©mentaire Ă  la porte de son appartement. RecroquevillĂ©e sur son canapĂ© elle tend l’oreille, aux aguets, coupe le son de la tĂ©lĂ©vision au moindre bruit « suspect », grincements de l’ascenseur ou Ă©clats de voix sur le palier. Elle tarde Ă  aller se coucher et dans son lit, elle s’interroge sur les personnes susceptibles de s’intĂ©resser de prĂšs Ă  sa vie. Voisins, collĂšgues, amis. Qui, et pourquoi, voudrait connaĂźtre les faits et gestes d’une fille sans histoire? Elle Ă©carte la thĂšse pourtant exaltante d’un amoureux Ă©conduit, car sa vie sentimentale est dĂ©sespĂ©rĂ©ment vide. ÉpuisĂ©e par toutes ces interrogations elle finit par s’endormir mais dans un demi-sommeil, entre rĂȘves et rĂ©alitĂ©, elle continue Ă  traquer les bruits dans l’épais silence de la nuit.
Le matin devant son cafĂ© elle se ressaisit, en arrive Ă  la conclusion que cette histoire n’a vraiment ni queue ni tĂȘte. Pourtant, au fond d’elle le doute subsiste. Dans le mĂ©tro elle scrute les passagers, Ă©met des hypothĂšses, tente de deviner lequel de ces visages ordinaires pourrait cacher celui ou celle qui la suit. Au bureau elle observe, guette une parole, un regard ou tout comportement inhabituel qui pourrait lui donner un indice.
Mais malgrĂ© tous ses efforts pour trouver la clĂ© de l’énigme Iris ne dĂ©cĂšle rien, absolument rien qui puisse la mettre sur le dĂ©but d’une piste. La sensation finit par se dissiper et la vie reprend son cours, morne et sans surprise.
Le temps passe. Un samedi matin, alors qu’Iris boit un thĂ© au cafĂ© de la Gare Montparnasse en attendant un train, quelque chose d’étrange se produit. Elle est en avance et observe les voyageurs pour faire passer le temps. Son regard balaye lentement la terrasse du cafĂ© et s’arrĂȘte sur un homme habillĂ© tout en noir, Ă  quelques tables de la sienne. Son cƓur s’emballe. Elle laisse des piĂšces dans le cendrier, quitte le cafĂ© et rentre au hasard dans une librairie. CachĂ©e derriĂšre le prĂ©sentoir des livres de poche elle attend, les yeux rivĂ©s sur l’entrĂ©e du magasin. Quelques minutes plus tard, l’homme en noir apparaĂźt. Iris contourne le rayon des journaux et Ă  pas de loups, sans le quitter du regard, elle ressort dans le hall. Elle accĂ©lĂšre le pas, le cƓur Ă  deux cents Ă  l’heure et le souffle court, avant de se retourner d’un coup : l’homme est lĂ , Ă  quelques mĂštres derriĂšre elle. « Vous me suivez ? ». Il la regarde, interdit. Iris pose sa question une deuxiĂšme fois. « Vous me suivez ? Depuis quand ? ». L’homme se contente de la dĂ©visager en silence. Elle a envie de le secouer, de hurler, mais son portable se met Ă  sonner et le temps qu’elle jette un
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