Perte du Moskva
Actualités mondiales & françaisesConcernant le navire Moskva qui a coulé en 2022
Une enquête intéressante et détaillée sur la version la plus plausible des faits.
Les explications sont pertinentes, au-delà du Moskva, car il y a de très nombreux détails sur les systèmes DCA du navire, ce dernier étant essentiellement une plateforme DCA.
Je ne traduirai pas les articles, c'est bien trop long. Mais vous trouverez dans les liens qui vont suivre toutes les informations sur ce navire, dont :
🔸 La DCA du Moskva (https://dzen.ru/a/YmDTbRaGkz3NPGn0)
On parle de l'angle mort du radar du S-300 et de celui des Osa. On précise que tous les navires du monde ont des angles morts, car les multiples radars sont installés sur des superstructures qui se gênent mutuellement. Malgré tout, une cible demeure détectée, cependant le navire doit changer de cap s'il veut l'engager avec une arme dont le radar de tir est masqué.
L'article évoque la guerre électronique (brouiller tous les radars du Moskva est impossible, surtout depuis un drone, un missile ou même un seul aéronef).
Intéressant : le système de lancement des S-300 / S-400 est extrêmement détaillé. Il y a d'abord l'explosion de charges de poudre qui augmentent la pression dans le conteneur, faisant sauter le couvercle scellé et faisant partir le SAM à 25-50 mètres d'altitude, après quoi, lorsque le missile s'immobilise ou commence à redescendre, un détecteur lance le moteur à combustible solide.
Dans le Moskva, on a 8 chargeurs tambours de 8 missiles S-300, soit 64 missiles, au centre du navire, impossibles à ravitailler en mer. Les tambours font une rotation pour envoyer chaque missile l'un après l'autre par un seul lanceur par tambour dont voici la fonction :
En cas de problème au départ d'un missile après l'éjection, le missile n'étant pas strictement vertical, il ne retombe pas dans le tambour et brûle sur le pont. En cas de problème à l'intérieur du tambour, le missile mis à feu est isolé des autres missiles et la pression dégagée fait sauter naturellement les trappes d'ouverture pour relâcher la pression et faire baisser la température. Après éjection, une trappe supplémentaire se referme derrière le missile afin que l'éventuelle combustion anticipée du moteur-fusée ne puisse faire entrer le flux d'air chaud dans le tambour. De même si le missile retombe sur le pont.
On a aussi des Osa de moyenne portée, stockés la tête en bas... Ils sont amenés sur le lanceur externe, sur le pont du navire, et tirés comme depuis la terre. En cas de problème dans le lanceur, le SAM s'envole. En cas de problème au dernier moment dans le chargeur tambour, étant la tête en bas, le moteur-fusée fait sauter la trappe en raison de la pression et le moteur-fusée brûle à l'air libre sans conséquence.
Notez que pour les S-300 et Osa, la possibilité qu'un moteur-fusée se mette à feu alors qu'il est encore en stock dans la zone non protégée / isolée d'un tambour, est jugée farfelue et n'est pas prise en compte.
Nous avons des canons de 30 mm à obus perforants dont la portée est courte. Les canons ont des radars indépendants ou commandés depuis les autres radars. Leur système de tirs peut être automatisé.
Et des canons de 130 mm à obus HE munis comme les missiles, de détecteurs de proximité, d'une sensibilité de 8 à 15 mètres selon l'importance de la signature électromagnétique des cibles. Les canons ont des radars de moyenne portée portant à plusieurs dizaines de kilomètres, ces canons sont capables de tirer à 23 km sur une cible au sol ou en très basse altitude, bien sûr moins en plus haute altitude.
🔸 Théorie générale sur les missiles antinavires (https://dzen.ru/a/YpUzmn-q6lSOKBqi)
On apprend que les missiles antinavires ne sont pas guidés depuis le radar du lanceur, du fait que leur portée dépasse l'horizon. Ils sont programmés au départ, se guident selon un système inertiel, puis activent leur propre petit radar à environ 40 km de la cible. Certains sont à guidage thermique, les rendant impossible à brouiller, ils sont toutefois alors dépendants de la météo.
Si la hauteur du flanc de la cible est trop basse, ils font une manœuvre pour l'atteindre depuis une trajectoire plongeante.
Les missiles ne frappent jamais au niveau de la ligne de flottaison ou plus bas : ils s'écraseraient sur les vagues, ils doivent voler plus haut que la crête des vagues les plus hautes. Lors de l'impact, si leur charge n'explose pas, ils percent les navires non blindés de part en part. S'ils explosent normalement, cela a lieu à l'intérieur du navire. Les endroits percés en métal conservent la marque de leur passage, montrant le sens du passage.
🔸 Sur le fonctionnement de la DCA (https://dzen.ru/a/YtErb3Ak5Ws7ff3l)
On évoque aussi le brouillage par aérosols : ceux-ci contiennent également des particules réfléchissant les ondes radar, c'est la protection de dernier recours lorsqu'un missile antinavire n'a pas pu être abattu.
🔸 Ce ne sont pas les Turcs (https://dzen.ru/a/YtjQODAMMU19zyBs) qui ont sauvé l'équipage comme on l'a dit à l'époque, c'est la presse occidentale qui avait fait courir cette rumeur. Les photos et films du Moskva ont été faits par l'équipage depuis un remorqueur russe venu sauver les marins.
🔸 La thèse d'un incendie en (https://dzen.ru/a/YuafR6BNeSGjisps) salle des machines n'est pas retenue (https://dzen.ru/a/ZDTLldww10aDhQ0t) car la salle à manger de l'équipage se situe au-dessus, un service de repas était servi, les personnels en question n'ont pas été tués et la propagation de l'incendie n'est pas compatible.
🔸 Analyse des dégâts (https://dzen.ru/a/YvwKqhdUrRGFYQdM)
Il n'y a aucune trace d'impacts depuis l'extérieur sur le Moskva.
Le navire n'était pas en mode de combat et les antennes et armes visibles montrent qu'il n'avait repéré aucune cible, ni aérienne ni navale.
L'incendie prend son origine dans les chargeurs tambours des S-300, en dehors des missiles isolés « prêts à être tirés ». Pour une raison qui restera indéterminée, un moteur-fusée prend feu et provoque une température largement supérieure à la résistance de l'acier puis entraîne l'incendie en série des autres missiles, des explosions se produisent avec une surpression entraînant l'éjection des trappes des missiles S-300, les cloisons sautent, une fissure extérieure montre que le navire a failli se briser en deux (https://dzen.ru/a/YwmzNPkPiU1muzco), le pont supérieur s'affaisse en se désolidarisant d'autres sections du navire comme on le voit sur les images diffusées, le gaz brûlant se répand à vive allure dans les couloirs et pénètre dans tous les compartiments laissés ouverts, le feu se déclare dans les salles des machines, ainsi que dans un système d'approvisionnement d'obus de 30 mm dont les bandes explosent progressivement, ainsi que dans un système d'approvisionnement de leurres PK-2, à l'origine des obus ZIF-121, substitués par des fusées. La coque est par endroits percée (trappes ou portes fermées qui sautent en raison des ondes de choc, certaines traversent la coque, une atteint le tambour de l'Osa à l'arrière babord du navire et le déforme, même des rambardes sont arrachées à proximité de l'Osa). De l'eau est embarquée dans le navire.
On aperçoit également une bosse : le remorqueur venu secourir l'équipage a touché le navire, enfonçant la coque, avant de s'écarter après l'évacuation pour éviter de se faire toucher par les superstructures du navire qui menaçait de chavirer.
L'auteur cite d'autres cas de mise à feu ou d'explosions de moteurs-fusées de missiles SAM ces dernières décennies, et d'autres enquêtes sur les explosions dans les navires. Difficile de déterminer les causes de la mise à feu d'un moteur-fusée (possible décomposition aléatoire de polymères avec le temps, mauvais entretien, travail intensif, sabotage...).
C'est la version la plus cohérente et qui n'a pas pu être mise en incohérence avec le moindre indice matériel.
ANNEXE
Perte de l'Il-76, abattu par l'ennemi à Belgorod en janvier 2024
L'expert en DCA @kak_na_samom_to_dele a publié un article au sujet du Il-76 abattu par l'armée de Kiev à Belgorod, dont certains passages sont très intéressants. Les spécialistes en DCA sont rares et sont donc très appréciés.
Son fil conducteur est de déterminer techniquement les SAM ennemis utilisables et la méthodologie de l'ennemi. Bien qu'on sache qu'il s'agissait d'un Patriot dont on a retrouvé des fragments.
Parmi les choses intéressantes, l'auteur établit la topographie de la zone de lancement désignée par l'armée russe, le village de Liptsy près de Kharkov : le village est situé dans une plaine, entouré de tous côtés par un terrain vallonné accidenté avec une altitude pouvant atteindre 100 m. L'élévation du terrain commence littéralement à la périphérie du village et, à environ 7 à 8 km se trouve une zone plus ou moins plate sur une colline, propice au placement de SAM à longue portée. Ce tronçon est précisément tourné en direction de Belgorod. À droite et à gauche, le terrain est plus accidenté et moins propice. A l'avenir, l'armée russe devra en tenir compte lors de ses recherches de SAM dans la région.
En réalité, le terrain est moins accidenté que ce que laisse supposer la topographie établie par satellite.
En étudiant attentivement les images des restes de l'avion, on trouve une bifurcation routière, une église, le motif de ravins, une végétation, permettant de connaître avec précision le lieu situé à 1,8 km presque exactement au nord de l'église à environ 94 km de la zone de lancement. Ajoutons encore 3 à 4 km de distance parcourue durant le temps nécessaire pour viser et atteindre la cible, ce qui donne 97 à 98 km, une portée tout à fait raisonnable.
Quels types de missile peuvent être utilisés ? Retenons seulement les SAM capables de dépasser 90 km de distance, et ceux contenant des fragments assez petits, car sur la photographie d'un morceau de fuselage, on voit bien que les trous ont été faits par de petits fragments.
Même si Kiev aurait eu du mal à remettre en service ses vieux systèmes de S-200 faits de lampes et de transistors, il aurait pu en acheter à quelques pays d'Europe de l'Est en disposant encore. Transporter et déployer une batterie complète, très volumineuse, est complexe. Le déploiement d'un minimum d'éléments pour une embuscade demeure possible en 6 heures. Toutefois, dans un autre article, on apprendra que les S-200 sont si peu mobiles qu'en URSS, ils n'ont jamais été déplacés de toute leur vie !
Les fragments des S-200 créent des trous ronds dans les fuselages, donc le S-200 est disqualifié.
Notez que les missiles des NASAMS-2 ne peuvent pas voler à plus de 60 km, même si la légende leur donne une portée de 180 km. Le missile américain AIM-120D peut parcourir 180 km lorsqu'il est lancé depuis un chasseur, vers devant lui. Lorsqu’il est tiré depuis le sol, il n’aura pas l'altitude et la vitesse initiales fournies par le chasseur. La fusée devra accélérer et prendre de l'altitude en utilisant son propre carburant, donc les 180 km peuvent être raisonnablement divisés par au moins trois.
(Donc d'après l'expert, les AIM-120D tirés depuis le sol n'ont pas de boosters supplémentaires/spécifiques.)
Des traces de deux types différents de fragments sont visibles sur les photographies, correspondant aux ASTER 30 Block 1 SAMP-T, munis de deux types de fragments. Le MIM-104A PATRIOT peut aussi correspondre au moins partiellement.
Dans une vidéo du moment de l'impact, on remarque un gros morceau se séparant de l'avion, vraisemblablement une partie d'aile ou l'un des moteurs. Les petits fragments peuvent ne pas en être responsables : l'ogive du SAM est située plus près de la tête du missile. Après l'explosion, le reste du missile constitue un gros morceau entre son milieu et sa queue, volant à une vitesse élevée, pouvant causer d'énormes dégâts s'ils entrent en collision avec la cible.
Ainsi, on peut affirmer que l'arme du crime pouvait être le SAMP-T développé par la société franco-italienne EUROSAM, ou l'américain MIM-104 PATRIOT, ou les deux simultanément.
Dans la première option, l'équipage du SAM pouvait être constitué de Français qui se seraient vengés de la mort de leurs compatriotes décédés le 16 janvier à Kharkov à la suite d'une frappe russe. La découverte d'un fragment d'un PATRIOT MIM-104A a invalidé cette version.
Il n'était pas nécessaire de déployer l'ensemble des éléments de la batterie de SAM dans l'embuscade de DCA. Le temps de déploiement d’une telle version « tronquée » du système n’est que de quelques minutes. Afin de ne pas démasquer leur position, l'équipage utilise le radar d'autres systèmes. Étant donné que l'Il-76 volait à haute/moyenne altitude, la désignation de la cible pouvait être faite par un radar situé plus loin dans les arrières ukrainiens.
Comment se fait-il que nos systèmes de défense aérienne S-400, qui protègent le ciel de Belgorod, ne soient pas en mesure d'intercepter ces missiles, alors qu'ils abattent régulièrement des projectiles volant vers la ville ? Les cibles à grande vitesse sont les plus difficiles. Les vitesses des roquettes & missiles sont comparables à la vitesse d'un SAM à plus de 1 300-1 500 m/s !
Eh bien, les roquettes ou missiles sol-sol lancés vers Belgorod suivent une trajectoire prévisible assez balistique et sont ralentis dans les couches denses de l'atmosphère jusqu'à 800-600 m/s en dernière phase.
Un SAM maintient une vitesse élevée jusqu'à l'impact et une trajectoire impossible à prévoir "plusieurs heures" à l'avance. De plus, la vitesse élevée raccourcit fortement la fenêtre d'interception, seuls quelques SAM les mieux placés peuvent techniquement intervenir, et seulement si ces systèmes sont prêts à tirer, sur la trajectoire connue à l'avance, avec des paramètres de vol déjà estimés. Or, il n'y avait ici que moins de 20 secondes entre le lancement absolument imprévisible du missile et l'impact, rendant impossible la préparation du tir.
Des tactiques similaires ont été utilisées par les nord-vietnamiens à la fin des années 1960, tendant des embuscades aux bombardiers américains qui utilisaient souvent les mêmes routes pour attaquer des cibles près de Hanoï. Une division de S-75 était secrètement déployée à un endroit judicieux, après avoir effectué un ou deux tirs, elle changeait immédiatement de position.
L'ennemi actuel a eu recours à cette tactique à plusieurs reprises, tendant des embuscades à des avions russes, à Bryansk et Kherson notamment.
La défense aérienne ennemie, en raison du manque de systèmes et de missiles, est incapable de protéger l'ensemble de son territoire, elle couvre quelques grandes villes. Après avoir obtenu des SAM mobiles tels que le SAMP-T ou le MIM-104 PATRIOT, Kiev a décidé de les déplacer jusqu'à la frontière russe pour organiser des embuscades. Il ne fait aucun doute pour nous que ce niveau de compétences acquis si rapidement nécessite qu'ils soient contrôlés par des équipages étrangers, et que ce niveau de secret contournant avec brio le réseau d'espions russes qui gravite autour du GQG ennemi, ou dans les cercles politiques, nécessite qu'ils soient directement subordonnés au commandant en chef de l'armée de Kiev. Personne d’autre à Kiev n'est au courant de leur mission en temps réel. Il est donc plausible que Zelensky n'était pas au courant. L'avion a été abattu par un système de défense aérienne mobile, qui se déplace secrètement sur toute la ligne de front sans coordonner son itinéraire, afin d'éviter toute fuite d'informations. Même avec les centres de défense aérienne régionaux.
https://m.dzen.ru/a/ZcLo50IDw2fWL1A_