Marché Mboppi : lendemains de sinistre
Mireille ONANA MEBENGA
#Société
24 heures après l’incendie qui a ravagé une vingtaine de boutiques, les commerçants s’activent pour reprendre leurs activités.
De la fumée s’échappe encore des décombres ce lundi matin. Dans le champ de ruines que forment désormais les quelque vingt boutiques du bloc 4 du marché Mboppi, ravagées par un incendie survenu dans la nuit du 26 au 27 décembre dernier. Ce 28 décembre au matin, des curieux vont et viennent, question de s’enquérir de la situation après le passage des sapeurs pompiers.
Des jeunes fouillent dans les débris à la recherche de quelques produits qui auraient résisté aux flammes dans ce bloc spécialisé dans les produits cosmétiques, ustensiles de cuisines et matériel de plomberie.
Un de ces maraudeurs a fait une trouvaille : des anti-transpirants, des plaques de maquillage, des huiles de beauté, des vernis, butin qu’il essaie de dissimuler dans son blouson. A un étage supérieur, le nettoyage a commencé. Un badaud, la vingtaine, à l’aide d’une pelle-bêche, enlève des gravats dans une atmosphère irrespirable. Il ne fait pas bon vivre là, avec l’odeur asphyxiante du plastique brûlé.
Dans ce cafouillis, on voit passer des employés d’un établissement de micro-finance de la place, qui ont accordé des crédits aux commerçants sinistrés et viennent, eux aussi, s’enquérir de la situation.
Si la cause exacte du sinistre reste à déterminer, certains évoquent un retour brusque de l’énergie électrique après des jours d’instabilité, ainsi que l’installation anarchique des fils électriques qui s’étendent ici et là. D’autres pointent du doigt l’architecture de cet espace marchand, qui a des boutiques collées les unes aux autres, et des couloirs étroits qui rendent difficile l’intervention des soldats du feu.
Joint au téléphone, Martine Londjo, présidente des commerçants du marché Mboppi, a déclaré qu’au mois de novembre 2019, le bloc 5 avait déjà été ravagé par les flammes. Elle propose aux autorités de revoir la structuration du marché pour éviter de prochains sinistres, en mettant un accent sur l’aération lors de la reconstruction. Au moment où CT quittait les lieux hier, l’activité reprenait progressivement son cours normal.