Lisières_ randonnée controverse_05.03.22

Lisières_ randonnée controverse_05.03.22

Ti'lab'
Lisières 2022 _ repérages

Salut baladeu·ses de mars

Petit message a l'attention de la centaine de baladins et baladeuses de la randonnée du 5 mars dans les quartiers de Roche Maurice, Tougas, Pelousières (Nantes, Saint-Herblain) suite à notre demi-journée entre Loire, décharge et marais, mais aussi entre sourires, froid et fête. Cette randonnée exploratoire avait lieu dans le cadre de la journée Lisières, échappée hivernale d'art de rue.

Lisières 2022 _ extrait Umap Repérages

Qu'avons vécus ensemble ? Qu'étions nous à 13h, qu'étions nous à 23h ?

Difficile de le dire tant nos rapports sensibles à cette journée, mais aux expériences en général, sont divers. Avec ce message j'aimerai pour celles et ceux qui le souhaitent vous proposer des petits compléments alimentaires ou informatifs sur les thématiques abordées lors de la randonnée. Et cela avec des Hyperliens, des bouts de textes et des images. Tentative de mélanger ici des fragments de savoirs chauds et de savoirs froids.

Cette journée pour ma part est un mélange d'émotion assez étrange. L'équilibre, le point critique c'est surtout la jauge, un bus entier de "vous" ou de "nous" (selon la réussite ou pas de la journée de se sentir ensemble). La tentative de Lisières, proposer un événement dehors en hiver devait de toutes façon nous confronter. Que cela soit aux éléments, au froid, ou aux non-évidences.

Comme nous n'avons pu faire de débriefing de la journée, ou au cas par cas autour d'un verre, la sensation appartient à chacun·e


Intentions : Pour une écologie du démantèlement

Cette randonnée fait suite à la volonté de l'équipe d'Interstices d'organiser une proposition longue dans laquelle programmer le spectacle Fugue à Chantenay.
En écho la randonnée souhaite rebondir sur l'idée de la fugue, par la désertion, si un des chemins est soudain, puissant, total, d'autres chemins prennent parfois la forme d'enquêtes sur les formes de vies qui sont les nôtres mais dont tant de paramètres sont invisibles à notre expérience quotidienne. Dans son livre Quotidien Politique, féminisme, écologie et subsistance la sociologue Geneviève Pruvost qui a suivi différentes personnes qui ont bifurqué pour intégrer plus pleinement la question des subsistances dans leur formes de vies, sont passé par un moment d'enquête sur la forme de vie métropolitaine, qui s'impose comme naturalisé pour la plupart d'entre nous.
Dans cette randonnée l'intention était de faire enquête ensemble sur certains aspects invisibilisés des formes de vies métropolitaines : la logistique, les infrastructures, les déchets.... Faire enquête à 100 pendant 3 heures, un peu ambitieux, non ? Ainsi le métabolisme urbain, peut être une discipline scientifique des chiffres et des tableaux, mais peut aussi être une étincelle, un déclencheur, de bifurcations radicales, sobres, joyeuses si on estime les enjeux dans les manières individuelles et collective de les traverser.

Proposer de marcher collectivement a été depuis 12 ans pour moi une manière de décaler nos regards sur les paysages qui nous entourent, mais finalement pour quelle mise en mouvement? La désertion d'un monde délétère est une piste que nombre de gens continuent de suivre, mais comment aller au-délà, comme désensorceler, désenvoûter et finalement démanteler ce monde qui ruine la possibilité à d'autres d'advenir.
> Décaler, déserter, désenvoûter, démanteler <


Extrait d'un mail de prépa de la randonnée
L'autre chose que nous avons partagé avec jules, c'est la lecture d'un étrange livre, mais qui pour moi a reconnecté ces recherches sur le métabolisme urbaine des années 2014_2017 avec mes aventures zad 2016_2022. Il s'agit du livre "héritage et fermeture, une écologie du démantèlement". Le livre propose de fermer le capitalisme, il s'énonce depuis la philosophie mais aussi depuis une bande de profs en école de commerce (weird). Le démantèlement depuis l'institution.... sans doute il y a pleins de choses avec lesquels on pourrait ne pas être d'accord mais le livre met l'attention sur des choses fortes intéressantes : les communs négatifs, les infrastructures zombies, les ruines ruinées et les ruines ruineuses....


Cette page comme complément informatif à la randonnée, comme espace de partage open source des données croisées en amont, mais aussi comme espace d'expression qui suit le moment de doute, de questionnement, ce léger flou collectif vécu.

Sélection

Si vous ne deviez saisir que deux documents des fragments à venir ci dessous : >L'émission sur le métablisme urbain : ( à la minute 17') : http://jetfm.fr/site/Au-flux-et-a-mesure-du-20-janvier.html
>Le petit livre Le mythe du recyclage de Mikaela Le Meur


BONNE NAVIGATION


/////////////////////

MÉTABOLISME URBAIN

Pour cette randonnée, nous avions pensé à une introduction "scientifique" par un entretien autour de la notion de métabolisme urbain. Finalement lors de notre dernier repérage nous nous sommes dit que le dispositif sonore nous aurait trop coupé du paysage, et avions fait le pari de vous le faire écouter avant. Bon aprés sondage dans la décharge seules 5 personnes sur 100 l'avait écouté.
Il n'est donc pas trop Tard pour écouter ces 24 minutes d'entretien sur la radio jet fm
C'est à partir de la minute 17' il s'agit d'une rencontre avec Jean Baptiste Bahers, chercheur CNRS
[ C'est le document de cette page à écouter !! !! ]

>>http://jetfm.fr/site/Au-flux-et-a-mesure-du-20-janvier.html<<


On peut retrouver des articles des Jean Baptiste Bahers sur l'atlas critique de la métropole nantaise ou dans la revue Terrestres

"Selon les catégories de flux, ces infrastructures sont de l’autre côté du périphérique en proche banlieue jusqu’à l’autre bout du monde dans lieux abandonnés à la destruction. Ainsi, l’empreinte matérielle des villes ne peut pas s’envisager à la seule échelle urbaine, car l’urbanisation puise dans un hinterland (arrière-pays) et le consume. Enfin, les politiques modernes de transition écologique ne parviennent pas enrayer cet engrenage de circulation matérielle, voire au contraire assiste-t-on plutôt à une consolidation du régime dominant d’une économie linéarisée, extensive et externalisée.Dans le même temps, l’opposition s’organise contre la réintoxication du monde, pour bloquer les flux et mettre en carte les conflits environnementaux, en visant particulièrement des infrastructures énergétiques, de distribution de marchandises ou de personnes, des infrastructures d’extraction ou de transformations des ressources. Ces luttes vont bien au-delà du simple NIMBY, de la moralisation écologique des « bons gestes » ou de la compensation environnementale, comme le défendent certaines associations de l’environnement. Elles contestent ces infrastructures qui reproduisent les inégalités et l’injustice environnementale, tentant en cela de remettre en cause la marche normale d’extraction, d’accumulation et d’élimination des matières et énergies par ces stigmates du capitalocène."

Infrastructures et métabolisme urbain. Luttes et enjeux politiques, Revue Terrestres, mai 2021

Ici/ailleurs AuberTuvalu


"Les sociétés et singulièrement les villes constituent d’importantes consommatrices de biens, matières et d’énergie, que ce soit directement sur leur territoire ou indirectement par les matières, biens et services qu’elles importent ou exportent. « Le métabolisme urbain désigne ainsi l’ensemble des processus par lesquels les villes mobilisent, consomment et transforment ces ressources » (Barles 2008). Sont ainsi concernés les flux entrants de matériaux de construction, d’eau, de produits alimentaires, de combustibles, mais aussi les flux sortants d’émissions, de déchets ou encore de produits finis. A travers son processus de consommation et de rejet, une ville est donc concrètement reliée à d’autres villes, territoires, sites industriels et naturels à travers le monde. Une ville est également directement parti-prenante d’un vaste réseau de transports, fort consommateur d’énergie, qui rend possible ces échanges de biens, aujourd’hui mondialisés. Ce que nous retrouvons ici est souvent venu de très loin. C’est ainsi que nos modes de vie actuels participent concrètement à la transformation physique et climatique du monde. "

Définition du métabolisme urbain dans le cadre du projet HQAC Aubervilliers http://hqac.org/wp-content/uploads/2015/12/tuvalu.pdf. Ci dessous le parcours ICI/ailleurs issu de trois ans de travail sur ce territoire en mutation.


Autre balade, le parcours Ici/Ailleurs @HQAC Aubervilliers


BUS OPEN SOURCE / METAcarte

Dans le bus, nous avons pu ensemble navigué dans cette nouvelle (future) technologie des METAcarte ( plus fort que le smartphone et le métaverse réunis) en partenariat avec la "start Up" A la criée , la poste, et un imprimeur avec comptoir sur internet. Et nous avons ensemble naviguer dans quelques fragments qui restent cliquables ci dessous :


PROBLEMATISER/ENQUETER

Tout d'abord retrouvons les mots de la Philosophe Isabelle Stengers lus dans le bus, mais extrait d'un entretien avec la journaliste Jade Lindegaard, je vous invite fortement à en écouter les 40 minutes, on y parle des sciences de lutte contres les OGM et de la zad.

Entretien avec la philosophe Isabelle Stengers, 15 mars 2020

A écouter ICI 2'32 ou lire ci-dessous :

"Notre époque est une espèce d’entrechoc entre des problèmes qui rendent tous plus problématiques le business as usual les uns que les autres. Effectivement d’un part le réchauffement climatique doublé de l’effondrement de la biodiversité , on va vers le printemps silencieux (sans oiseaux) mais aussi une crise politique profonde. Tout ça est lié, mais on ne peut pas faire la moindre généralisation qui fait que s’adresser à un problème se serait prétendre résoudre l’autre en même temps. Rien n’est plus simple, tout est devenu compliqué. Quand je dis « problématique » ça n’est pas simplement oh on « a des problèmes », il faut apprendre à poser le problème. Ça demande l’apprentissage et l’invention, c’est ce que l’on appelle problématiser, de comment échapper aux évidences. Oui, je crois que les ruines, c’est une assez belle image pour ça, non pas pour une dimension catastrophique, je ne fais pas allusion à des ruines qui flambent. Dans la définition des ruines, c’est qu’effectivement on ne peut pas faire un pas devant l’autre, sans regarder où l’on va, et où l’on met ses pieds. Vivre dans les ruines c’est ne rien tenir pour donner, auto-évident, et ne pas se sentir le droit d’escompter que demain sera comme aujourd’hui"


C'est quand ça dysfonctionne que l'on comprend le système

En 1987, un incendie se déclare dans un entrepôt d'engrais, c'est ce que nous retrouvons dans la presse locale (lu), mais cela fait lien avec d'autres histoires plus récentes comme AZF à Toulouse, ou l'explosion dans le port de Beyrouth en 2020. Ou à ce qui s'est passé à Rouen avec Lubrizol. Mais aussi des mobilisations contre l'usine Yara à Donges à la sortie du premier confinement dans le cadre des journées d'action contre la réintoxication du monde.


Retour sur l'incendie du 29 octobre 1987 par FR3


D'autres vidéo sont retrouvables sur le site de l'INA et de l'AURAN

Quelques photographies :

Images de l'inendie du 29 octobre 1987, Alain Lebot


agro-industrie / LES SOULÈVEMENTS DE LA TERRE

Il faut aussi saisir que les engrais si ils peuvent se transformer en engin explosif, sont aussi des éléments d'une agriculture mondialisée qui a besoin d'importer par le port des intrants chimiques pour un modèle agricole prêt à exporter de nombreuses céréales à l'étranger. Pendant que nous marchions dans l'envers du décor de la ville, le mouvement des Soulèvements de la Terre (rencontre en paysan·nes, autonomes, jeunesse du climat) se mobilisait ce 5 Mars à Lyon contre Bayer Monsanto et son industrie destructrice. Bravo à Elles et eux .

Petite vidéo / attention ça décoiffe

Écologie trop tard - Soulèvements maintenant #5mars #CiaoMonsanto

Et d'ailleurs prochains Rendez vous pour une randonnée ou Balade Action, c'est contre les méga Bassines ( une ruine ruineuse comme dirait le livre Héritage et fermeture ) lors du printemps Maraichin du 25 27 mars.

Teaser du printemps maraîchin contre les Méga-bassines du 25 au 27 mars prochain !



Mondialisation / Rencontre Choc sous le pont de Cheviré

En février sous le pont de Cheviré, un restaurant macdonald à rencontré une tractopelle ! Deux beaux objets de la mondialisation .

"A Nantes, un restaurant McDonald's attaqué à la tractopelle "
Surréaliste. Un engin à l’arrêt et une brèche géante dans la façade. « Du travail de pro », selon le propriétaire de la pelleteuse. Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 février 2022, un restaurant McDonald’s situé à proximité du pont de Cheviré à Nantes (Loire-Atlantique) a été la cible d’un spectaculaire cambriolage. Des malfaiteurs, a priori au nombre de trois, se sont attaqués au fast-food au moyen d’une tractopelle dérobée sur un chantier à proximité.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-un-restaurant-mcdonald-s-attaque-a-la-tractopelle-42b8a196-8a4a-11ec-b1a4-b42f8ae3c7af


Rencontre sous le pont de Cheviré la nuit du 9 février 2022
Une ou un tractopelle est un engin de génie civil combinant un chargeur sur pneus et une pelleteuse. La pelle, de petite taille, est surtout destinée à des travaux légers (creusement de tranchées, ou en agriculture pour le ramassage du fumier). Cet engin est aussi appelé « chargeuse-pelleteuse »2,3, « rétrocaveuse » ou « pelle rétro ». Au Québec, le surnom « pépine » est très courant. En Suisse-romande, on l'appelle couramment « trax ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tractopelle

McDonald's Corporation est une chaîne de restauration rapide américaine fondée par l'homme d'affaires Ray Kroc en 1952 après qu'il eut acheté les droits d'une petite chaîne de hamburger exploitée à partir de 1940 par Richard et Maurice McDonald3.
Et un peu plus loin, Il y avait 37.855 restaurants McDonald’s dans le monde en 2018.

https://fr.wikipedia.org/wiki/McDonald%27s


Le pouvoir est logistique. Bloquons tout !

Si la METAcarte numéro 3 était un extrait du chapitre "le pouvoir est logistique, bloquons tout" du livre A nos amis de 2014, voici le morceau un peu plus large.

(...) La vérité quant à la localisation effective du pouvoir n’est pourtant en rien cachée ; c’est seulement nous qui refusons de la voir tant cela viendrait doucher nos si confortables certitudes. (...) Elle se formule ainsi : le pouvoir réside désormais dans les infrastructures de ce monde. Le pouvoir contemporain est de nature architecturale et impersonnelle, et non représentative et personnelle. Le pouvoir traditionnel était de nature représentative : le pape était la représentation du Christ sur Terre, le roi, de Dieu, le Président, du peuple, et le Secrétaire Général du Parti, du prolétariat. Toute cette politique personnelle est morte, et c’est pourquoi les quelques tribuns qui survivent à la surface du globe amusent plus qu’ils ne gouvernent.(...) Aussi, reprocher aux politiciens de « ne pas nous représenter » ne fait qu’entretenir une nostalgie, en plus d’enfoncer une porte ouverte. Les politiciens ne sont pas là pour ça, ils sont là pour nous distraire, puisque le pouvoir est ailleurs. (...). Le pouvoir est bien ailleurs, ailleurs que dans les institutions, mais il n’est pas pour autant caché. Ou s’il l’est, il l’est comme la Lettre volée de Poe. Nul ne le voit parce que chacun l’a, à tout moment, sous les yeux – sous la forme d’une ligne haute tension, d’une autoroute, d’un sens giratoire, d’un supermarché ou d’un programme informatique. Et s’il est caché, c’est comme un réseau d’égouts, un câble sous-marin, de la fibre optique courant le long d’une ligne de train ou un data center en pleine forêt. Le pouvoir, c’est l’organisation même de ce monde, ce monde ingénié, configuré, désigné. Là est le secret, et c’est qu’il n’y en a pas.
(...)
Graf sur le quai sous l'escalier de la Butte Saint Anne, 2016

Pour aller plus loin un autre extrait de A nos amis

«Sortir du paradigme du gouvernement, c’est partir en politique de l’hypothèse inverse. Il n’y a pas de vide, tout est habité, nous sommes chacun d’entre nous le lieu de passage et de nouage de quantités d’affects, de lignées, d’histoires, de significations, de flux matériels qui nous excèdent. Le monde ne nous environne pas, il nous traverse. Ce que nous habitons nous habite. Ce qui nous entoure nous constitue. Nous ne nous appartenons pas. Nous sommes toujours-déjà disséminés dans tout ce à quoi nous nous lions. La question n’est pas de former le vide d’où nous parviendrions à enfin ressaisir tout ce qui nous échappe, mais d’apprendre à mieux habiter ce qui est là – ce qui implique d’arriver à le percevoir, et cela n’a rien d’évident pour les enfants bigleux de la démocratie. Percevoir un monde peuplé non de choses, mais de forces, non de sujets, mais de puissances, non de corps, mais de liens»


Mais finalement pour parler de Logistique aujourd'hui un ouvrage sortie en ce début 2022, semble propice, c'est le livre: Flux, Comment la pensée logistique gouverne le monde de Mathieu Quet

FLUX, paru le 27/01/2022 aux éditions ZONES

Extrait de l'introduction

" La logistique, on le sait, est cet art du transport et de la circulation, qui consiste depuis d’antiques guerres à acheminer des vivres, des armes, des bêtes, des hommes, d’un point à un autre, sans perdre de vue ce qui compte : gagner1. Mais tout comme la guerre se poursuit par d’autres moyens sur d’autres terrains, la logistique s’est immiscée partout où elle le pouvait. De telle manière qu’il est aujourd’hui difficile de distinguer ce qui ne relèverait pas de sa raison. Des bateaux et des firmes de livraison qui nous apportent nos paquets jusqu’aux routes qui encadrent nos déplacements et aux data centres qui hébergent nos données, en passant par les tuyaux par lesquels s’écoule l’eau que l’on boit et les effluents que l’on rejette, ou par les réseaux électriques qui nous approvisionnent avec l’énergie dont nos sociétés sont si gourmandes : les mouvements des choses, des personnes, de la matière visible ou invisible sont désormais profondément structurés par la pensée logistique. Et ce qui réunit, au fil de l’histoire, migrants du nord de la Corée et travailleurs dans le sud, c’est-à-dire ces opérations de transport qui laissent affleurer l’idée que les personnes et les marchandises, parfois, sont interchangeables, c’est une pensée logistique qui nous rassemble le plus souvent à notre insu. Nous, ce sont les existences multiples qui consomment, produisent, transportent, achètent et vendent ; celles qui sont liées par le mouvement et son organisation. Ce sont les voyageurs, légaux et illégaux, riches et pauvres, qui transitent pour aller ailleurs ; ce sont les marchandises innombrables qui parcourent la surface du globe en quête de nouveaux propriétaires ; ce sont les travailleurs et les travailleuses dont les opérations de construction, d’emballage, de pesée ou de pointage, de mesure et de réparation, rendent le déplacement possible ; ce sont les signes, les particules de pollution, les virus zoonotiques et les bactéries contenues par les eaux de ballast et qui sont mises en branle par le grand cirque logistique. Des existences qui partagent la précarité que leur confère le fait d’être vivantes, circulant grâce à des infrastructures, mais aussi activant des machines, les rêvant, les inventant pour donner au mouvement ses objets et ses règles. Ces existences forment un collectif aux multiples substances, qui se trouve aujourd’hui confronté au problème même de ses mobilités, de ce qui les déploie et de ce qui les ordonne."
Mathieu Quet, Lundi soir

Donc nous lisions cela alors que le bus traversait une zone de la logistique

Zone industrielle de la Loire, Saint Herblain, (44)


L'infrastructure / Le Pont / Construction & blocage

Au dessus de nous en bus ou à pied, c'est la figure du pont de Cheviré qui à chapeuaté la randonnée. Objet incroyable de la surmodernité, à chaque fois qu'on l'emprunte la sensation de s'envoler, mais le plus beau moment peut être le bloquer à pied !


Le site Planète TP collectionne de belles Photo de ce chantier
https://planete-tp-plus.com/photos/index.php?/category/305

Camions sur le pont de Chevirée en chantier @planete TP plus
Tablier en mouvement devant le village de Roche Maurice @PlaneteTPplus


Levage du tablier, aout 1990 @PlaneteTPplus


Et ici, un retour de 1991 de 5 minutes sur la construction du pont par l'INA

https://fresques.ina.fr/auran/fiche-media/Auran000093/historique-du-pont-de-chevire.html


mais l'autre moment fort vécus par certain·es d'entre nous c'était le 9 janvier 2016.

Ceci est un avertissement , 9 janvier 2016



Blocage du Pont de Cheviré, 9 janvier 2016, MC marco


Blocage du pont de cheviré, 9 Janvier 2016


Saions, 2017 édions l'éclat

Dans Saisons, on retrouve un récit de cette journée, bornes kilométriques aprés bornes kilométriques

https://mauvaisetroupe.org/spip.php?article202


(...)
PR 26.441 : Perchés sur le pont, à 52 mètres au-dessus du niveau de la Loire, un couple de cinquantenaires nantais observent leur ville comme ils ne l’ont jamais vue. Vingt-cinq ans après sa construction, la masse de béton et de bitume se découvre un usage plus poétique que le simple transit routier.
PR 25.582 : Dans sa cabine, attendant que la file des tracteurs veuille bien s’élancer, un paysan hésite : c’est rageant de partir maintenant alors qu’il y a l’appel à rester. Le soin de ses bêtes ne lui laisse pas le choix, il doit être rentré pour 20 h. La prochaine fois il viendra aux réunions de COPAIN pour s’organiser à l’avance. Ça lui fera une bonne occasion de passer à la zad, à quelques kilomètres à peine de chez lui, où il n’est allé que deux fois : à l’automne 2012 et pour le rassemblement d’été à la ferme de Bellevue en 2014.
PR 24.037, à l’heure de l’apéro : À l’abri d’une bâche tendue entre deux remorques, on perce un cubi de muscadet et trinque au bon tour que l’on vient de jouer à la Préfecture de Loire-Atlantique.
PR 25.125 : Une banderole proclame : « Les hystériques avec les historiques ! »
PR 24.338 : Un des responsables de COPAIN jette un nouveau coup d’œil un peu anxieux sur son téléphone, en attente d’une tentative de contact des autorités. Ça fait déjà plus de trois heures que l’ultimatum à Hollande a été lancé… D’habitude, c’est lui que les services de renseignement appellent dans ce genre de situation et, même si ça lui fait toujours un effet désagréable, les signes qui permettent de jauger l’état d’esprit de l’ennemi sont précieux pour prendre les bonnes décisions.
PR 25.235, entre le pied du pont et l’échangeur avec la D723 : Après une série de manœuvres, 52 tracteurs sont enchevêtrés sur quatre rangées et sur toute la largeur des 2x2 voies et des bandes d’arrêt d’urgence. Il y en a presque autant au sud, autour du PR 24.200.
PR 25.160 : Une botte de paille est libérée de ses entraves pour être déroulée dans le barnum dortoir monté un peu plus tôt.
(...)



TERRITOIRE / BORD DE LOIRE

Maintenant mettons nous en route, visite du territoire en cartes et photographies aériennes.

Extrait d'un mail de préparation à la Randonnée

Il faut se rappeler que l'histoire urbaine de Nantes est lié à son port et que depuis le moyen-âge celui ci n'a fait que se déplacer vers l'ouest. Les dynamiques urbaines et culturelles d'aujourd'hui aussi vont vers l'ouest de la ville. C'est un terrain de conquête. La proposition là est d'aller plus loin encore à l'ouest derrière le pont de Cheviré dans une zone non pas post industrielle, mais en plein usage. Actuellement l'endroit s'appelle Zone Industrielle de la Loire. C'est le coteau du fleuve, mais c'est aussi la ville de Saint-Herblain, sans doute une des communes les plus décousue de la couronne nantaise, entre zone pavillonnaire, zone artisanales et commerciales...et fragments "verts".
Ça n'est pas un territoire facile pour notre projet de journée spectacle et randonnée. Ce sont des emprises d'espaces qui ont chacune leur force, qui sont un peu des blocs, il faut du temps pour traverser chacun, mais les contrastes sont là au rendez vous. Hier Bastien qui a aussi fait le parcours la semaine passé avait le smile en nous le retraçant, lui qui connaît bien Nantes était surpris... son enthousiasme à lancé la réunion.
>L'île village oublié de Roche Maurice, des maisons en bord de fleuve juste sous le pont. >Une axe circulant qui longe d'un coté un mur d'usine de traitement de eaux et de stockage de gaz, avec de l'autre coté d'étrange bungalow, et la présence de la Loire en pointillé.
>Un quai du part autonome, qui ne ressemble à rien, mais qui contient en lui la force du fleuve, de l'estuaire, d'un coté les industrie, en face une berge sauvage qui commence après le terminal de sable de Cheviré.
>L'ancienne déchetterie de Tougas, devenue une sorte de paysage, herbe rase, relief, on y avance comme sur la dorsale d'un dino géant, jusqu'à croisé l'étrange alliance d'uncentrale de panneau photovoltaïque avec des moutons !
>Puis en passant sous la voie ferré... c'est le clou du spectacle, heu de la randonné, une sorte de chemin volant par dessus le marais... on imagine que en mars yaura de l'eau et cela pourrait être digne d'une série M6 comme Caraibe Offshore
>Enfin, en remontant sur le coteau, c'est le pavillonnaire d'époque divers qui entourera la tombée de la nuit avant de rejoindre la salle de l'amicale laïque, qui se trouve au dessus du marais !




Carte de la Loire, XIXem

Sur cette carte de la Loire on saisi que la Loire c'est un paysage d'îles. La zone où nous avons marché est en haut à droite entre la Loire, "l'île" de Haute Indre et le coteau de Saint Herblain

Photographie aérienne, IGN, 1954

Sur cette photographie on reconnaît "l'île" de Haute Indre et la vallée de Tougas avant qu'elle ne devienne une décharge.

Photographie aérienne, IGN, 1956

Sur cette photographie on retrouve le village de Roche Maurice entre les aménagements du port et le coteau rural. Le square où nous avons commencer la balade est à l'époque un bâtiment.

Plan du port de nantes, 1921

Sur ce Plan du port, on comprend l'importance des infrastructure portuaire sur l'île de Nantes ainsi que sur la zone remblayé du Bas Chantenay sur la rive Nord. Sur le rive sud on distingue bien l'île de Cheviré qui accueillera plus tard la centrale thermique et le terminal bois


Photographie aérienne, IGN, 1982

Sur cette photographie là on saisi le caractère éclaté de Saint-Herblain ; en haut à droite le font urbain du quartier de Bellevue, s'arrête net devant le Bois Jo ; en haut à gauche on trouve la zone d'entreprise qui deviendra Atlantis ; dessous le bourg se Saint-Herblain sur le coteau ; au bord de la Loire on retrouve les différents terminaux du port. Terminal Gaz à l'ouest de Roche Maurice, Terminal céréalier à l'est, terminal bois sur l'île de Cheviré au Sud du fleuve.


Vue aérienne, bingmap, Roche Maurice

Cette vue montre le village de Roche Maurice enserré entre les différentes infrastructures du flux. Périphérique, voie ferrée, quai du port.

Vue arienne, bingmap, friche terminal gazier

Avec cette vue, on peut voir ce que la séquence de marche entre les murs ne nous a permis de saisir, l'importance des implantation industrielle. On voit le terminal Gazier le long de la Loire, et la station d'épuration des eaux en haut à droite. Au devant de l'image, la friche où nous avons fait notre second arrêt. Les cuves oranges ayant depuis été démolies.



LA DECHARGE DE TOUGAS

Je vais voir avec Fred le spécialiste des déchets si il a plus d'info pour compléter ce chapitre mais déjà son article sur les déchets
https://asmn.univ-nantes.fr/index.php?id=289


On trouve un article de 20 minutes qui revient sur une histoire de la décharge, mais internet n'est pas trés prolixe sur son histoire

https://www.20minutes.fr/nantes/343269-20090827-a-tougas-ancienne-decharge-commence-a-peine-a-essouffler

et un jour aussi ça déborde

https://www.ouest-france.fr/environnement/dechets/video-a-nantes-la-pluie-fait-deborder-lancienne-decharge-aea5551d-c16c-4a25-a55d-61aef8d747be

La décharge nous renvois au années 70 80, une ambiance que le film " la décharge" de 1970 semble vouloir gravé.

Et il faudrait s'organiser une petite séance de cinéma au Dahu ou à Magellan avec ce documentaire dont on m'a plusieurs fois parler

Supertrash


GOÛTER, PLASTIQUE ET MYTHE DU RECYCLAGE

Mais revenons au moment vécus ensemble et au goûter, plein d'emballages plastiques et de la tentative de ritualiser ensemble leur enfouissement. Si ce rituel (bien freestyle) on l'espère à été un des grand moment de cette balade, on vous invite très fort à lire le petit livre de l'anthropologue Mikaela LeMeur Le mythe du recyclage aux éditions Première Parrallèle. C'est par ailleurs un trés bon exemple de comment une thése peut être traduit dans un petit livre puissant lisible par tout·es à 8euros. 4em de couv :




Vietnam’s “plastic village” is the tale of Western excess @Laurence Ellis
Stack of sorted plastics ready to be recycled in Minh Khai village, Hung Yen Province, Vietnam, Southeast Asia © Francois Carlet-Soulages / NOI Pictures


Dans ce livre Mikaela évoque le film le chant de Styrène, il est une belle occasion de revenir dans le passé et voir comment le plastique était accueilli comme une révolution technique il y a un peu plus de 50 ans !

Le Chant de Styrène, 1958
Mikaela Le Meur sur Lundi Soir


Le marais de la Pelousière

On peut juste dire, que c'est à force d'explorer ardemment son territoire que l'on révèle sa qualité.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/marais-tougas-le-nouveau-paradis-des-marcheurs-1605687

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-herblain-44800/entre-marais-et-plateau-cest-la-nature-en-ville-ebe1fbcf-9495-4819-8f2a-803aadf81cb0


Coteau et fouloir

En sortant du marais et en montant sur le coteau... les nouvelles urbanisations cachent des histoires comme celle du Fouloir, au lieu du squat nantais ! Détruit il y a 11 ans.

Quatorze janvier 2011, Le Fouloir, squat et lieu de culture alternative, ferme ses portes : expulsion du collectif et destruction du lieu. Emission du Bruitagène

http://www.lebruitagene.info/portfolio/la-fin-du-truc/



Les Cartes Controverses de A LA CRIÉE

A la criée n'est donc pas une startup mais se définit comme Laboratoire d'innovation sociale, géographies, arts et écritures

Si vous n'avez pas encore lu le Best Seller le guide indigène de détourisme foncez dans votre librairie nantaise préférée !

Mais après les cartes de la zad de Notre Dame de Landes, de la Beaujoire et de pont rousseau, vont sortir ce printemps trois nouvelles cartes
> une sur Nantes Atlantique
> une sur Chantenay contre la touristification
> une sur l'hospitalité nantaise

Et bien sûr à nous d'imaginer d'autre cartes sur les luttes et controverses qui rendent notre territoire vivant.



En guise de conclusion, Je vous renvois sur l'appel des Pluri·versités : ICI

Parce-que l'on a besoin de nouvelles façon bien plus "terrestres" d'échanger nos savoirs pour accompagner nos bifurcations et nos ruptures.


En guise de conclusion 2 (18.03.22)

Hier soir deux choses : dans une recension sur Stupeflip (mon premier concert quand j'avais 16ans, à la Trocardière à Rezé) on y trouve ça : L’enfance dont on parle ici n’est pas une période temporelle mais une attitude. L’enfant, c’est celui qui travaille en permanence à construire son monde contre celui qu’on lui impose.
et de me rappeler que la conclusion de la balade Anouk, 8ans, nous l'a déjà donné sous le pont ferré avec sa formule pour faire un cheveu.
Hier soir aussi je croise un livre fraichement débarqué sur notre table Rattachements, pour une écologie de la présence, je vous laisse avec ses lignes :

Ce qu’il faut rétablir, ce n’est pas le climat, mais notre attachement au monde. Ce qui rend possible la catas­trophe autant que ce qui nous laisse aussi indifférent-es à elle est notre inattention, notre arrachement d’avec l’ensemble que nous constituons et qui nous constitue. Suspendre cette suspension au monde repose dans l’attention au comment, se trouve dans la manière et non pas dans la finalité, dans l’usage quotidien, dans la présence immédiate aux manières intriquées par lesquelles s’engendrent des mondes (et la joie d’apprendre à y jouer franchement.)



merci à toute l'équipe d'Interstices ( you rocks)

merci à la compagnie Toile Cirée
et merci à A la criée

Et merci à Jules et Fred, pour m'avoir aidé à la team de déguidage !


A plus dans le bus

Tibo, 13.03.22


Contacts :

plateformebalades@gmail.com

collectif@alacriee.org

contact@interstices.pro