La pute du quartier

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"Elles s'approprient un endroit hostile." Élodie Chrisment, photographe et architecte, a suivi pendant plusieurs années des prostituées du Bois de Boulogne. De l'observation initiale de leur "espace de travail", elle est partie au fil des mois à la découverte de leurs vies. Elle raconte à "l'Obs".
Publié le 12-06-2015 - Mis à jour le 13-06-2015 à 07h09
"Elles s'approprient un endroit hostile." Élodie Chrisment, photographe et architecte, a suivi pendant plusieurs années des prostituées du Bois de Boulogne. De l'observation initiale de leur "espace de travail", elle est partie au fil des mois à la découverte de leurs vies. Elle raconte à "l'Obs".
"Je m'intéresse à cet aspect fondamental de l'architecture : l'espace et les limites", dit Élodie Chrisment. "La tente d'une prostituée est un espace informel et réduit à son plus simple appareil, mais un espace très fort."
Au bois de Boulogne, la photographe a posé son regard sur un "tronçon transsexuel". Elle a gagné la confiance des femmes en les rencontrant plusieurs fois par semaine, et en leur montrant les photos qu'elle prenait.
Au fil des rencontre, les prostituées "sont rentrées dans l'image" et ont "humanisé des photos initialement très formelles", raconte Élodie Chrisment.
Les personnes transexuelles rencontrées par Élodie Chrisment viennent surtout d'Amérique latine et ont connu des vies compliquées. "C'est le Bois qui m'a faite", a déclaré l'une d'entre elles.
"Ces prostituées considèrent qu'elles ont un rôle social face à la misère sexuelle", rapporte la photographe. "Elles sont la température de cette misère."
Au cours de ses reportages, Élodie Chrisment a eu l'occasion de parler à des "clients réguliers". Ils sont difficiles à approcher, "parce qu'ils se sentent épiés par la police."
"Plusieurs facteurs ont un impact sur le bois de Boulogne : la crise, la pénalisation des clients... Ces derniers se réfugient sur Internet."
"Les prostitués du bois de Boulogne peuvent faire face à des hommes qui les frappent, les volent. C'était plus sûr avant", relate Élodie Chrisment. Et de citer cette formule d'une prostituée : "Avant Boulogne était une fête, maintenant c'est un médicament."
"J'aimerais à l'avenir en apprendre davantage sur leur vie privée", confie la photographe. "Et suivre leur recherche de 'normalité' – mais qu'est-ce que la normalité ?"
Pour voir davantage d'images de la série "Lieux de plaisir" et découvrir les autres travaux de la photographe Élodie Chrisment, rendez-vous sur son site web .

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Chaque jour des dizaines de prostituées arpentent les rues des Terres Sainvilles.



©RnB

Les Terres Sainville sont arpentées chaque soir par des prostituées venues principalement de République Dominicaine. Les anciens du quartiers supportent mal cette présence et les nuisances inhérentes.

Raphaël Bastide



Publié le 24 avril 2013 à 20h39,

mis à jour le 24 avril 2013 à 20h43



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Ces femmes reniées par leur famille et par la société indienne vivent dans une pauvreté inimaginable. Malgré tout, elles s'entraident et ont l'espoir d'une vie meilleure pour leurs enfants. Elles ont pris des photos de leur milieu. Les voici.


Ces femmes reniées par leur famille et par la société indienne vivent dans une pauvreté inimaginable. Malgré tout, elles s'entraident et ont l'espoir d'une vie meilleure pour leurs enfants. Elles ont pris des photos de leur milieu. Les voici.


Propos recueillis par Danielle Beaudoin


En février dernier, j'ai donné un atelier de photographie à une quinzaine de personnes - prostituées, ex-prostituées et leurs enfants - à Pune, en Inde. Ces femmes travaillent dans un groupe d'aide aux travailleuses du sexe, Saheli Sangh. Les images qu'elles ont prises dans l'atelier sont très représentatives. Elles donnent un aperçu de leur quotidien, des espaces qu'elles habitent, de leur communauté.


L'organisme sans but lucratif Saheli Sangh (réseau de copines, en français) emploie 10 prostituées et ex-prostituées. Ces femmes vivent dans des bordels, et près de la moitié d'entre elles exercent toujours le métier.


Saheli Sang a pignon sur rue dans Budhwar Peth, le quartier chaud de Pune. La ville de près de 4 millions d'habitants est située à une centaine de kilomètres de Mumbai, dans l'ouest de l'Inde.


Le quartier abrite des maisons closes, mais aussi de nombreux commerces et des temples. Les marchands de saris y côtoient les bijoutiers ou encore les vendeurs de fruits et légumes.


Ces femmes attendent les clients à l'abri du soleil. Pas question de bronzer. Les Indiens raffolent des femmes au teint pâle. Sur le marché de la prostitution, celles-ci sont les plus recherchées et les mieux payées. Les filles népalaises sont particulièrement prisées, notamment à cause de leur peau plus claire.


Le produit le plus vendu chez les femmes indiennes est le Fair and Lovely, une crème blanchissante pour le visage.


La prostitution de mère en fille? Oui, cela existe. Cette grand-mère est une ex-prostituée. Sa fille a aussi fait le trottoir. La photo a été prise par son petit-fils, un adolescent.


Lorsqu'elle était petite, sa famille l'a donnée à un temple pour qu'elle devienne une « devadasi », une servante de Dieu. Dans le sud de l'Inde, des villages entiers offrent ainsi leurs filles aux temples. Cette tradition millénaire des devadasis s'est transformée au fil des siècles en un trafic de prostitution. Dans ce cas-ci, la fillette a été vendue à un bordel de Pune.


En Inde, vous verrez très peu de femmes seules au restaurant. C'est mal vu. Dans ce cas-ci, il s'agit d'une prostituée qui discute avec de potentiels clients. Ce restaurant du quartier est tenu par un proxénète, qui reçoit un pourcentage de l'argent touché par les prostituées.


Le Dal Bhaat, un mélange de riz et de lentilles, est un repas typique de la communauté. Il est préparé dans les locaux de Saheli Sangh pour les enfants de la garderie et d'autres membres de l'organisme.


La garderie est ouverte jour et nuit, et les prostituées peuvent y laisser leurs enfants en toute sécurité.


Dans cette pièce d'un bordel, qui fait office de salle d'attente, les femmes mettent leurs effets personnels dans des casiers fermés à clé. Au mur, une télé et des affiches de dieux.


Dans la salle d'attente de cette maison close, on voit au mur les affiches de différents dieux, ainsi que des photos de famille. De-ci de-là, des vêtements d'hommes. Appartiennent-ils à des clients réguliers? La femme derrière le rideau est une ex-prostituée.


Une prostituée se repose dans une chambre du bordel. Un réduit sombre, où il n'y a de la place que pour un petit lit. Les femmes y dorment et y rencontrent leurs clients.


Un client dans une chambre de la maison close. Certains clients sont des réguliers, qui finissent par développer des liens avec une prostituée. Ils vont lui apporter à manger ou encore lui rendre de menus services.


La cuisine du bordel est rudimentaire, avec son réchaud, une planche de bois pour couper les légumes et le tamis pour faire le thé chai. La cruche brune contient de l'eau, le récipient rouge, du propane.


Savon, tube de dentifrice, brosse à dents… voici la salle de bain. Cette image, comme bien d'autres, montre le grand dénuement des prostituées de Pune.


Ces femmes sont très pieuses, et on trouve ce genre d'autels dans la plupart des bordels. Les femmes font des offrandes aux dieux et prient. Ici, plusieurs représentations d'Hanuman, un dieu très populaire dans l'hindouisme. Le dieu-singe symbolise l'astuce, le dévouement, l'habileté et l'agilité.


En Inde, la grande majorité des prostituées ont été vendues à un souteneur ou à une maison close par un membre de leur famille.



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