LE HARCELEMENT SEXUEL EN MILIEU SCOLAIRE

Ils sont, dans la majeure partie des cas, des étudiants qui ont du mal à se débrouiller dans certaines matières, ou, à l’inverse, des étudiants qui, par leur intelligence, suscitent l’intérêt de certains enseignants sapiosexuels. Dans d’autres cas ce sont juste de pauvres cibles qui, de par leur naïveté ou la crainte que leur aspire leur harceleur, sont à la merci de ces personnes. Mais au fond qu’est-ce que le HARCELEMENT SEXUEL ?
Le harcèlement sexuel peut être défini comme étant un ensemble de comportements dégradants à connotation sexuelle, dans le but d’intimider ou dominer la personne ciblée. La domination peut être physique, mais elle peut aussi être, et elle l’est très souvent, psychologique. Ce phénomène peut toutefois se manifester de différentes manières, allant des violences physiques aux propos sexistes en passant par les blagues sexuelles, les flirts non réciproques, les menaces et j’en passe.

Le harcèlement peut venir de n’importe qui. Un ami, un coach, un parent, ou même un simple inconnu croisé une ou deux fois dans la rue. Le fait donc que l’on s’intéresse aujourd’hui au milieu scolaire et universitaire ne veut en aucun cas dire que les autres cas sont moins importants que celui traité ici. Cependant, il est à souligner que c’est un fléau qui prend un peu plus d’ampleur dans ces temples du savoir car, dans la plupart des cas, les victimes sont facilement réduites au silence.
En effet, il se trouve que les personnes qui s’adonnent à ce genre de pratiques sont souvent détentrices de prérogatives à l’encontre des élèves ou des étudiants. Cela peut aller des notes d’évaluation aux appréciations dans les documents administratifs, en passant par les recommandations pour l’obtention de diplômes ou de certifications. Dans certains cas même, rares ou peut-être pas, les harceleurs entrent en contact avec certains des proches des victimes (amis proches, parents…) afin de pouvoir manipuler ces derniers pour s’assurer une protection qui peut décrédibiliser la victime, si cette dernière venait à déposer une plainte. Cependant, il devient urgent de statuer sur la nature de ces harceleurs mais surtout les raisons qui poussent les hommes ou les femmes (car oui certains hommes se font harceler sexuellement par des femmes, cela pouvant même aller jusqu’au viol), à tenir de tels comportements.
Quand bien même qu’il y ait des femmes qui harcèlent, force est de reconnaitre que ces cas sont extrêmement rares. C’est la raison pour laquelle dans cet article, nous allons plus nous appesantir sur les motivations des hommes. Comme me l’a souligné un ami lors d’une discussion, nous vivons dans une société phallocrate avec des séquelles des idéologies dignes du Moyen Âge. Mais avant même de parler de ces idéologies, encore ancrées dans certaines têtes, et qui encouragent ces agissements, il serait judicieux d’aller à la source même du problème. Qui sont ces harceleurs ? Eh bien il se trouve que ces hommes sont idéologiquement pétris de façon assez spéciale. Lorsque vous prenez le temps d’interroger vos fréquentations masculines sur la nature de l’homme en tant que genre, un mot ressort souvent : VIRILITE. Un concept auquel ils s’accrochent et auquel ils assimilent le MACHISME. Ces hommes, pour la plupart éduqués suivant les règles de la vielle école, partent du principe que l’homme doit, en tout cas et tout temps, asseoir sa domination sur la femme, et ce, de quelque manière que ce soit. Cette vision des choses fait qu’ils ne ressentent que cette obligation de dominer ou d’intimider la personne du sexe opposé, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Toutefois, il n’est pas dit que le « macho » est forcément un harceleur, non. Seulement, cette façon de penser est quasiment la même partout chez les agresseurs. Mais au-delà du fait même de réfléchir de façon aussi arriérée, la jeunesse se retrouve confrontée à la perdition et à la perversité. Cela fait que la plupart des actes ou paroles sexuelles sont devenues banalisées. Il est devenu quasiment normal de traîner sur les sites pour adultes, il est devenu quasiment normal de parier sur le fait de draguer la fille de la classe de l’étage supérieur, les blagues sexuelles sont devenues monnaie courante, les fantasmes abusifs, etc. Tellement de choses qui développent chez certains individus une mentalité assez mauvaise et qui font qu’ils ne comprennent même plus le sens du mot « non ». Un mot pourtant important dans la mesure où il permet de qualifier une action de viol, de harcèlement ou de relation consentie.
Nous allons d’ailleurs nous arrêter un peu sur l’importance de ce mot. Le fait, pour une femme ou même pour un homme, d’évoquer sa non-volonté à entretenir une quelconque relation n’est que l’expression de son droit au consentement. Un droit que certains semblent ignorer.
En effet, lorsqu’on écoute le témoignage de quelques victimes de viol ou de harcèlement sexuel, on remarque que la quasi-totalité manifeste clairement son désaccord. Malheureusement, l’autre ne comprend pas que « non » ne signifie pas « je n’en ai pas TROP envie » ou « je ne suis pas d’humeur ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, certains ne sont même pas au courant qu’ils ont une fois commis un viol ou persécuté une femme, pour cette raison et celles évoquées antérieurement (banalisation des comportements à connotation sexuelle).
En outre, comme je l’ai déjà mentionné plus haut, il existe des individus, qui voient en leurs prérogatives, la clé de la domination qu’ils peuvent asseoir sur la femme. Ce qui ne devrait pas être le cas mais lorsque dans une structure scolaire, il n’y a pas assez d’organes engagés dans la lutte contre le harcèlement sexuel, il est difficile pour les victimes de porter plainte, au risque de ne pas se faire entendre. D’autant plus que se confier sur ce genre d’expériences nécessite énormément de courage et de force de la part de ces dernières.

Le harcèlement est, et restera un délit, quelle que soit la forme qu’elle revêt. Il ne devrait pas être un souci pour quelqu’un de se sentir protégé, compris et soutenu dans ce genre de situations. Les organes de lutte contre le harcèlement sexuel devraient constituer une institution à part entière dans les établissements scolaires/universitaires. Le bien fondé de toute relation réside dans le respect des droits de l’autre et le droit au consentement ne fait pas exception.
« Il n’y a qu’un pas entre faire la cour et faire pression sur une femme »