Jeune Trans

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Bienvenue sur ma chaine ! Ici, je documente et partage ma transition depuis le début dans le but d'apporter aide, conseils et soutien à la communauté Transgenre. Ma démarche sur internet s'adresse tout aussi bien aux personnes trans qu'aux grands curieux et alliés (cisgenres*) de la cause. Suivez-moi, dans ma vie, mon parcours et ma passion du vintage...!
*Cisgenre (mot construit par opposition Ă celui de transgenre) est un type d'identitĂ© de genre oĂč le genre assignĂ© Ă la naissance correspond au ressenti de la personne concernĂ©e.
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Les jeunes trans surreprésentés chez les itinérants de la métropole
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Isabelle Paré
13 mai 2019
Société
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jeune , Montréal , diversité , itinérant , communauté LGBTQ
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Taux de suicide, toxicomanie et itinĂ©rance explosent chez les jeunes trans et non binaires. MontrĂ©al vient de se doter dâune clinique de rue pour mettre fin Ă cette spirale infernale et combler un manque criant dans les services de santĂ©.
Câest lâhistoire dâune chute qui nâen finit plus. Dâabord, lâintimidation Ă lâĂ©cole, les notes qui dĂ©gringolent, lâabandon scolaire, puis le dĂ©part pour la grande ville, oĂč tout devrait mieux aller. Mais la souffrance sourde continue de coller Ă la peau. Un jour, tout bascule : tentative de suicide, transport Ă lâurgence, dĂ©boulant en zigzag dans les dĂ©dales dâun systĂšme de santĂ©, plus habituĂ© Ă traiter les crises cardiaques que la dĂ©tresse identitaire.
« Tous mes amis ont eu des idĂ©es suicidaires. Mais on dirait quâil nây a pas de place pour nous dans le systĂšme de santĂ©. Moi, jâai eu de lâaide. Eux, ils nâont pas de mĂ©decin ou de psy qui les comprennent, et ils commandent leurs mĂ©dicaments sur Internet », affirme Sabryna, une jeune femme trans de 24 ans, qui a rĂ©chappĂ© dâune longue dĂ©gringolade.
Sabryna fait partie des 25 jeunes qui ont pu compter depuis janvier sur la nouvelle Clinique Trans, ouverte en janvier dernier par le CIUSSS du Centre-Sud-de-lâĂle-de-MontrĂ©al, dans le cadre du programme destinĂ© aux jeunes de la rue.
En dĂ©cembre 2017, la Dre Anne-Sophie Thommeret-CarriĂšre, omnipraticienne Ă la Clinique Jeunes de la rue, se heurte pour la premiĂšre fois Ă cette rĂ©alitĂ©. « Mon premier patient est arrivĂ© en me disant : âJe ne suis bien nulle part, je vais me suicider. Faites quelque chose.â », dit-elle. Un patient rebutĂ© par un systĂšme de santĂ© qui nâa pas pris au sĂ©rieux son appel Ă lâaide, sa demande pour recevoir des hormones et pour mettre fin Ă lâincompatibilitĂ© entre son sexe Ă la naissance et son identitĂ© de genre.
« Il y a des personnes trans qui dĂ©cĂšdent par suicide sur les listes dâattente pour obtenir lâhormonothĂ©rapie, lance la Dre Thommeret. Ce nâest pas une maladie, ĂȘtre trans, câest la dysphorie qui crĂ©e la souffrance, et câest ça quâil faut traiter rapidement ! »
Câest ce non-sens qui a forcĂ© la Clinique Jeunes de la rue Ă ouvrir un programme pointu pour ces jeunes en pleine crise dâidentitĂ©, de plus en plus nombreux.
Sur la rue, Ă MontrĂ©al comme ailleurs, on observe une proportion dĂ©mesurĂ©e de jeunes trans, hommes, femmes ou non binaires, parmi les sans-abri. « MĂȘme si ce nâest pas la majoritĂ©, les trans sont surreprĂ©sentĂ©s (dans la rue). Or, entre 14 et 25 ans, câest un moment crucial dans leur dĂ©veloppement. LâitinĂ©rance a le potentiel de compromettre leur avenir », explique Matthieu TancrĂšde, infirmier praticien spĂ©cialisĂ© au CIUSSS Centre-Sud-de-lâĂle-de-MontrĂ©al.
MĂȘme si ce nâest pas la majoritĂ©, les trans sont surreprĂ©sentĂ©s [dans la rue]. Or, entre 14 et 25 ans, câest un moment crucial dans leur dĂ©veloppement. LâitinĂ©rance a le potentiel de compromettre leur avenir.
Si lâouverture de la Clinique Trans est trop rĂ©cente Ă MontrĂ©al pour mesurer le phĂ©nomĂšne dans la mĂ©tropole, une Ă©tude pancanadienne menĂ©e en 2016 par le Homeless Hub de Toronto a dĂ©jĂ chiffrĂ© Ă 30 % la proportion de personnes LGBTQ chez les jeunes itinĂ©rants de moins de 25 ans.
En octobre 2018, on apprenait que plus de la moitiĂ© des jeunes hommes trans de 11 Ă 19 ans, 30 % des jeunes femmes trans et prĂšs de 42 % des jeunes non binaires avaient tentĂ© de mettre fin Ă leurs jours, selon une Ă©tude publiĂ©e par lâAmerican Academy of Pediatrics. La mĂȘme annĂ©e, lâenquĂȘte du National Transgender Discrimination Survey, aux Ătats-Unis, rĂ©vĂ©lait que 19 % des patients trans et non binaires se sont vu refuser lâaccĂšs Ă des soins Ă lâhĂŽpital ou par leur mĂ©decin en raison de leur identitĂ© de genre ; 28 % avaient Ă©tĂ© harcelĂ©s et 2 % carrĂ©ment violentĂ©s.
Sabryna confie, elle aussi, « fuir les hĂŽpitaux comme la peste ». Pourquoi ? « Il faut avoir une Ă©valuation chez un sexologue ou un psychiatre au privĂ© pour obtenir des hormones. Câest comme si on devait se justifier dâĂȘtre assez trans Ă leur goĂ»t, comme sâils savaient mieux que moi si je suis trans », dit-elle.
Câest sans compter le dĂ©rapage survenu aprĂšs son appel Ă lâaide logĂ© Ă un centre de crise pour le suicide. « Les policiers sont dĂ©barquĂ©s, mâont brassĂ©e, ont ri de moi parce que je pleurais, et mâont traitĂ©e âcomme un garsâ. »
La mĂ©connaissance de la rĂ©alitĂ© trans et non binaire dĂ©passe encore souvent mĂ©decins, personnel hospitalier, policiers et ambulanciers. La peur du rejet, dâĂȘtre scrutĂ© comme un objet Ă©trange ou de la discrimination amĂšne bon nombre de personnes trans Ă reporter leurs visites mĂ©dicales ou Ă ne pas consulter du tout, selon une Ă©tude publiĂ©e dans Transgender Health en 2017. Ce faisant, elles sont trois fois plus Ă risque de sombrer dans la dĂ©pression que la population gĂ©nĂ©rale.
« Imaginer un jeune de la rue, dĂ©jĂ instable, devoir payer pour obtenir une Ă©valuation psychologique, en cabinet privĂ©, ou attendre des mois pour une Ă©valuation Ă lâhĂŽpital, ça ne tient pas la route. Ici, on rĂ©clame un consentement Ă©clairĂ© du patient, sans avoir Ă passer par lâhĂŽpital », explique lâinfirmier Matthieu TancrĂšde.
LâĂ©quipe de la Clinique Trans a Ă©tĂ© formĂ©e pour entourer ces jeunes pour qui la transition vers une autre identitĂ© est souvent un des seuls remĂšdes aux souffrances vĂ©cues depuis des annĂ©es. « Pour certains, la dysphorie est clairement identifiĂ©e et Ă la source de la souffrance, alors que pour dâautres, ça fait longtemps que ça couve, mais câest difficile pour eux dâarriver Ă cette Ă©vidence-là  », explique Ălaine Polflit, chef par intĂ©rim de lâadministration des programmes des Ă©quipes ItinĂ©rance.
Au fil des rencontres, le diagnostic se peaufine et, trÚs souvent, des traitements hormonaux sont nécessaires pour apaiser la dysphorie de genre.
« Pour plusieurs trans, avoir des rĂšgles ou une Ă©rection matinale, câest un rappel quotidien quâils sont nĂ©s dans le mauvais corps. Pour cela, les hormones agissent trĂšs vite et ont rapidement un effet bĂ©nĂ©fique sur leur dĂ©tresse », explique la Dre Thommeret.
Les jeunes sont ensuite conseillĂ©s par des psychologues, aidĂ©s pour mettre fin Ă leurs dĂ©pendances, pour se trouver un toit, un travail, et sâils le souhaitent, pour changer leur Ă©tat civil.
Pour Sabryna, aprĂšs son passage Ă©pique Ă lâhĂŽpital, la Clinique Trans a eu lâeffet dâune bouĂ©e de secours. « Aller Ă lâhĂŽpital, oĂč on mâappelait monsieur Sabryna, câĂ©tait humiliant, dĂ©shumanisant. Je nây allais plus, je laissais les
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