Coronavirus de Wuhan (Colonel Cassad)
Actualités mondiales & françaisesAjout n° 5
Source : https://colonelcassad.livejournal.com/5794274.html
Traduit et adapté par mes soins (donc traduction en très bon Français, mais d'un niveau de fiabilité habituel : je peux parfois me tromper d'interprétation).
Bonne lecture.
AJOUT N° 5 - 16 AVRIL 2020
SRAS-2 et Hydroxychloroquine (HCQ)
J'avais une « dette » : dans un récent article, j'avais promis d'écrire sur les essais cliniques en Chine de l'hydroxychloroquine (HCQ), un médicament initialement antipaludéen. Je n'avais pas tenu ma promesse. C'était pour une bonne raison : cet essai clinique a été réalisé avec de grands défauts. Il était impossible de tirer des conclusions raisonnables d'après ses résultats. Je m'en suis excusé. [Note importante aux lecteurs Français : il parle ici de l'essai chinois utilisé par le professeur Didier Raoult. Ce qui devrait en inquiéter quelques-uns...]
Aujourd'hui, une préimpression d'un autre essai clinique HCQ, également réalisé en Chine, est apparue dans MedRxiv. La qualité de cet essai clinique est nettement supérieure. Je vais pouvoir tenir ma promesse.
Peut-être que la principale conclusion qui peut être tirée des résultats de cette nouvelle étude de HCQ en tant que médicament antiviral est que celui-ci ne fonctionne pas. Il s'est avéré que la durée à attendre avant que le virus SRAS-2 ne disparaisse du corps et la dynamique de ce processus chez les patients qui ont reçu le HCQ et ceux qui ne l'ont pas reçu étaient les mêmes.
Cet essai clinique couvre-t-il l'utilisation de HCQ dans le traitement du SRAS-2 ?Probablement pas. Certains de ses résultats, à la limite, indiquent une "atténuation des symptômes" et une amélioration de certains indicateurs qui permettent d'évaluer la gravité de l'inflammation. Les auteurs attribuent cet effet à l'effet anti-inflammatoire du HCQ. Mais cette conclusion est bien éloignée des données présentées. Les auteurs de cet essai ont utilisé le HCQ assez tardivement après le début de la maladie. L'espoir demeure que si vous utilisez le médicament plus tôt, l'effet positif sera plus prononcé. [C'est ce que dit le professeur Didier Raoult depuis toujours.] Je n'entrerai pas dans les détails de ce travail, n'importe qui peut lire la préimpression de l'étude. Je veux juste noter quelques points qui ont un sens commun.
1. Les résultats de ce test sont une autre réfutation du mythe selon lequel, si une substance ou un médicament inhibe la reproduction du virus dans une culture cellulaire in vitro, alors il agira de la même manière dans le corps, c'est-à-dire in vivo. Il y a beaucoup d'affirmations à ce sujet. Mais pour une raison quelconque, c'est toujours une sensation. Le HCQ, comme de nombreux autres médicaments, est capable d'inhiber l'agent permettant la réplication du SRAS-2 en culture cellulaire in vitro. Mais pas in vivo.
2. Pour paraphraser la célèbre phrase "tous les essais cliniques sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres."
Faire des essais sans groupe contrôle ou avec des patients bien triés est une chose, tester sur des cas aléatoires en est une autre. Un test « à l'aveugle » (ni les médecins ni les patients ne savent si le médicament est le HCQ ou un placebo) est une chose, un essai ouvert en est une autre. L'essai dans un seul hôpital est une chose, l'essai multihôpitaux en est une autre. C'est une chose quand quelques dizaines de patients participent au test, c'en est une autre sur des centaines, voire des milliers de patients. L'essai clinique auquel il est fait référence dans cet article est multihôpitaux (16 hôpitaux ont participé au test), avec un contrôle randomisé, mais ouvert, c'est-à-dire que les patients et les médecins savaient qui recevait le HCQ et qui recevait le placebo. Il y avait 70 patients dans le groupe HCQ et 80 patients dans le groupe placebo. Ce test n'est clairement pas d'un niveau très élevé, mais, à mon avis, c'est jusqu'à présent le meilleur essai clinique de médicaments antipaludiques comme traitement pour le SRAS-2. Certes, il faut garder à l'esprit que cet ouvrage n'a été publié que sous forme de préimpression. L'article n'a pas encore fait l'objet d'une procédure d'examen extérieur.
3. Idéalement, les deux groupes "expérimental" et "témoin" ne devraient différer qu'en présence ou en absence de HCQ. Officiellement, à part le HCQ, les patients des deux groupes ont néanmoins reçu un « traitement standard ». Un des composants de ce traitement standard était « des médicaments antiviraux ». Ces derniers n'ont aucune efficacité prouvée contre le SRAS-2 in vivo et n'ont pas été utilisés de manière systématique. Voici une liste de ces médicaments : lopinavir-ritonavir (Kaletra), arbitol, oseltamivir (Tamiflu), virazole, entéricavir, ganciclovir, interféron-alpha. Je pense que les auteurs de ce « cirque antiviral » comprendront les critiques. Je dois dire que la consommation incontrôlée de médicaments "qu'ils donnaient aux patients après quoi ceux-ci se « sentaient mieux »" complique grandement la recherche de méthodes de traitement optimales pour le SRAS-2.
4. Le HCQ n'est pas de la "vitamine C avec du sucre". Ce médicament et d'autres antipaludiques ont de graves effets secondaires, certains très graves, voire mortels. Heureusement, dans cet essai clinique, la plupart des effets secondaires signalés étaient désagréables, mais pas très graves (de la diarrhée dans 10 % des cas). Mais dans deux cas, il y a eu de graves effets secondaires. Ce groupe était limité à 70 personnes. Qu'arrivera-t-il si le médicament commence à être pris par des milliers de personnes ? Les doses sont loin d'être faibles : 1200 mg par jour pendant 3 jours, puis 800 mg par jour pendant 2 à 3 semaines. [Ici, le professeur Didier Raoult divise par 2 la dose et la durée.] Les médicaments absolument sûrs n'existent pas. La décision de les utiliser doit toujours être basée sur un équilibre entre les avantages et les inconvénients potentiels. [Le rapport bénéfices / risques.] Quel est l'équilibre dans la prise de HCQ pour le traitement du SRAS-2 ? Je ne peux pas en juger. Mais il ne me semble pas hors de propos de connaître l'avis sur cette question de l'American Infectious Diseases Society of America (IDSA). Cette association a créé une commission spéciale, qui comprend des spécialistes des maladies infectieuses bien connus. Après avoir examiné tous les documents disponibles, la commission a décidé à l'unanimité de NE PAS RECOMMANDER l'utilisation de HCQ pour le traitement du SRAS-2, sauf si le médicament est utilisé dans le cadre d'essais cliniques.
[Fait étonnant : le scientifique Russe ne mentionne même pas le professeur Numéro 1 mondial et le meilleur hôpital du monde qui ont des résultats époustouflants, dont vous connaissez les noms. Il rejoint plutôt la prudence d'Olivier Berruyer.]