Coronavirus de Wuhan (Colonel Cassad)
Actualités mondiales & françaisesAjout n° 4
Source : https://colonelcassad.livejournal.com/5774312.html
Traduit et adapté par mes soins (donc traduction en très bon Français, mais d'un niveau de fiabilité habituel : je peux parfois me tromper d'interprétation).
Bonne lecture.
AJOUT N° 4 - 07 AVRIL 2020
Le dépistage d'anticorps par analyse de sang.
Dans cet article, j'essaierai d'expliquer pourquoi il est nécessaire (et c'est le cas, je n'en doute pas), quels résultats peuvent être attendus et quels types d'obstacles peuvent être rencontrés sur son chemin.
Qu'est-ce que la présence ou l'absence d'anticorps contre le SRAS-2 indique ?
S'il n'y a pas d'anticorps, tout est très simple : "cette personne n'a jamais été contaminée par le virus". Certes, une réserve est possible : il y a parfois des « faux négatifs ». Mais c'est très rare.
En revanche, si une personne est positive, il y a plus d'options d'interprétation. Tout d'abord, cela témoigne du fait que la personne a été porteuse du virus, et peut-être même que le virus se trouve toujours dans le corps de cette personne.
Le test vous permet de déterminer deux variétés d'anticorps antiviraux. En termes d'interaction avec les antigènes viraux, ils sont presque équivalents. Simplement, ils apparaissent à des moments différents.
Les anticorps « précoces » (appelés IgM) apparaissent en premier et sont présents pendant la phase aiguë de la maladie. Ensuite, ils disparaissent assez rapidement. La détection d'anticorps IgM indique une infection récente.
Les anticorps IgM sont remplacés par des anticorps « tardifs » (ils sont appelés IgG). Ces anticorps atteignent progressivement un niveau élevé et restent approximativement à ce niveau pendant de longs mois, jusqu'à plusieurs années. Dans le cas du SRAS-2, cette durée approximative n'est pas encore connue. La détection d'anticorps IgG indique une convalescence (surtout si leur niveau augmente rapidement) ou une infection antérieure.
Je souligne encore une fois que les anticorps IgM et IgG ne diffèrent pas qualitativement dans leur capacité à combattre le virus. Leurs différences, en plus du moment de leur apparition, se situent dans un plan complètement différent, qui n'est pas directement lié au sujet abordé ici.
Vient ensuite le premier « obstacle ». Les anticorps détectés par le test sont considérés comme protecteurs (sur la base du fait que le but de l'étude est de déterminer le taux de couverture de la population au SRAS-2 : l'immunité de groupe). Mais, hélas, les anticorps antiviraux sont loin d'être toujours « protecteurs ». De nombreux exemples de ce type sont connus, il suffit de mentionner le VIH et le virus de l'hépatite C. Les anticorps protecteurs sont généralement dirigés contre les principaux antigènes de la surface des particules virales. Dans le cas du SRAS-2, il s'agit de la glycoprotéine S. Mais les anticorps contre le principal antigène situé à la surface du virus ne sont pas toujours protecteurs. Par exemple, le principal antigène de surface du VIH est la glycoprotéine gp120. La grande majorité des personnes infectées par le VIH ont des anticorps contre cette protéine, mais elles ne protègent pas contre le virus.
Cette comparaison des infections chroniques et persistantes (VIH, hépatite C) et des infections aiguës (SRAS-2) n'est pas très correcte. Néanmoins, il ne peut pas être pris pour acquis que les anticorps qui réagissent avec la glycoprotéine S sont forcément protecteurs contre le SRAS-2. Qui plus est si l'antigène du système de test n'est pas la glycoprotéine S naturelle, mais un produit génétiquement modifié ou des peptides synthétiques qui modélisent la glycoprotéine S. Et ce sont précisément ces types de produits qui sont le plus probablement utilisés dans le système de test en question (le détail du test n'est pas encore public, c'est peut-être un secret industriel/commercial). Actuellement, personne dans le monde ne connaît quels anticorps munis de "morceaux" de réactifs à la glycoprotéine S représentent une réelle immunité au virus.
Donc, pour le moment, on ne sait pas exactement ce qui sera déterminé. Première possibilité : les anticorps sont un marqueur de l'immunité.
La deuxième possibilité : les anticorps sont un simple marqueur d'une infection actuelle ou antérieure, quelle que soit l'immunité (ou la non protection immunitaire).
Il est toutefois intéressant de noter que l'étude grandeur nature répondra elle-même à ce dilemme. S'il s'avère (et je l'aimerais !) que les personnes qui possèdent des anticorps ne sont plus infectées par le virus ultérieurement, alors nous pourrons conclure que les anticorps qui avaient été choisis pour concevoir le test sont protecteurs. Comme vous le savez, tous les vœux sont loin d'être exaucés. Mais ici, à mon avis, il y a une chance qu'il le soit.
Faux positifs
Le système de test est réalisé sur le principe du dosage immuno-enzymatique (ELISA). Je n'entrerai pas dans les détails techniques. Je vais juste noter que "le diable est dans les détails". Et croyez-moi, il y a beaucoup de petites embûches dans les tests d'anticorps. L'une des caractéristiques les plus importantes d'un tel test est sa spécificité analytique (la capacité de répondre positivement uniquement aux anticorps auxquels il est destiné répondre, et pas aux autres). La spécificité d'ELISA dépend de manière critique de la pureté de l'antigène et du degré de conservation de ses microstructures (les épitopes) contre lesquelles de "vrais" anticorps anti-SRAS-2 se dirigent (les épitopes sont les structures sur lesquels l'anticorps se fixe sur l'antigène du virus). Lors de l'utilisation d'ELISA, malheureusement, souvent, d'autres anticorps non souhaités peuvent se lier à l'antigène, en particulier dans le cas d'un antigène artificiel. Ces anticorps sont appelés "réactifs croisés". Ces réactions croisées sont basées sur une similitude aléatoire entre l'un des épitopes de l'antigène du test et un autre antigène, qui n'est pas nécessairement viral. La conséquence de ceci : des résultats faussement positifs. La mesure dans laquelle le système de test est vulnérable à ce type de réaction croisée indésirable sera révélée lors de son utilisation... Je suis sûr que les développeurs du système de test disposent déjà de données à ce sujet. Mais seule la mise en pratique, via un test massif de la population, montrera l'importance de ce problème potentiel. Par exemple, lors des tests de dépistage du VIH et de l'hépatite C, les faux positifs se sont révélés être très nombreux et on a dû introduire des tests supplémentaires pour confirmer les cas "positifs".
Comment se déroule cette étude et pourquoi est-il nécessaire de mesurer le taux de couverture immunitaire de la population ?
La version classique d'une étude des anticorps de la population (scientifiquement appelée « séroépidémiologie ») est quelque peu similaire aux sondages d'opinion. Dans les deux cas, un échantillon aléatoire est constitué dans chaque région dans laquelle les groupes d'âge et la composition par sexe correspondent à la structure de la population de la région. Dans un sondage d'opinion, les questions posées à l'échantillon et les réponses sont enregistrées. Dans une étude séroépidémiologique, les personnes de l'échantillon sont testées pour les anticorps contre le SRAS-2. Si le test détermine de manière fiable les anticorps protecteurs, les résultats d'une telle étude permettent d'estimer la valeur de la « couverture immunitaire ». S'il n'y a pas de certitude complète que les anticorps sont protecteurs, mais que les anticorps sont néanmoins d'origine antivirale, les résultats de l'étude nous permettent alors d'estimer combien de personnes dans cette région ont été infectées par le SRAS-2. Une telle étude de population est facile à faire sur le papier, mais très difficile à réaliser, surtout lors d'une épidémie. Je doute que cela soit possible maintenant. Mais cela ne signifie pas du tout que des études séroépidémiologiques ne sont pas nécessaires. Au contraire, c'est absolument nécessaire. Mais au stade initial, probablement, il faudra se limiter à l'étude non pas d'un échantillon aléatoire, mais de ceux dont les échantillons de sérum sanguin peuvent être prélevés. Par exemple, le personnel des institutions médicales, les employés des chaînes de vente au détail, les forces de l'ordre, et de manière générale tous ceux qui ont un risque d'infection plus élevé en raison de leur devoir. On peut s'attendre à ce que les résultats d'une telle étude nous permettent, au minimum, de déterminer la proportion d'infections au SRAS-2 dans ces groupes. En cours de route, nous pourrons avoir une idée du pourcentage d'infection par le SRAS-2 dont le porteur est resté asymptomatique. Et si vous avez de la chance et qu'il s'avère que les anticorps choisis sont protecteurs, alors il sera possible de déterminer qui est immunisé contre le SRAS-2 et qui ne l'est pas.
Prof-afv