Comment j'ai trouvé un emploi dans une entreprise de débarras

Comment j'ai trouvé un emploi dans une entreprise de débarras

Arno

Il est souvent difficile de trouver un premier travail lorsque l'on sort à peine du système scolaire et que l'on n'a pas de background mais que l'on brûle du désir de travailler. En ce qui me concerne, mon cursus s'est arrêté après une licence de biologie. J'ai donc eu beaucoup de mal à trouver des emplois intéressants lorsque je recherche des postes. Les annonces se limitent en effet à quelques propositions pour des travaux de nettoyage ou de manutention sans lendemain, ou à des conditions salariales déplaisantes. 

Une autre alternative consiste à s'enregistrer, comme le font de nombreuses personnes, sur les sites de partage de besoins professionnels entre particuliers. Ces plateformes proposent en effet des services de mise en relation qui permettent à tout un chacun de trouver une réponse à un besoin de main d'oeuvre pour une mission très ponctuelle. J'ai, grâce à ce système, être occupé durant trois ou quatre semaines consécutives et accumuler près de deux mille euros. Cependant, le point négatif demeure corrélé au statut de l'intervenant. En effet, n'ayant pas de micro entreprise ou d'entreprise classique, j'étais pris en considération comme un particulier venu pour rendre un service. Les paiements que je recevais étaient donc nets d'impôts, et plus importants que si j'avais dû m'acquitter des cotisations salariales classiques, mais ils ne m'ouvraient aucun droit social.

Le jobbing touche aussi sa limite par le fait qu'il y a parfois des incompréhensions avec les clients. Ces derniers réclament des prestations beaucoup plus conséquentes que prévues pour des prix dérisoires. Il est alors nécessaire de trouver une porte de sortie bénéfique pour chacun lorsque l'on se trouve dans ce genre de situation.


J'ai fini par me résoudre à emprunter les voies classiques de la recherche d'emploi, et à postuler à une annnoce publiée par une entreprise de débarras.


Un premier contrat dans une entreprise de débarras sérieuse


Si l'annonce était compacte, c'était pour mieux dire le maximum de choses avec le minimum de caractères. En substance, cela donnait envie de connaître ce qu'il se passait dans l'envers du décor de cette société ayant pignon sur rue, mais cela faisait quelque peu peur aussi. En effet, il était indiqué que l'entreprise était à la recherche de solides travailleurs, capables d'endurer des journées de manutention difficiles et cela à répétition. N'ayant jamais auparavant effectué de telles tâches à un rythme élevé, je me sentais quelque peu dépassé. J'ai tout de même candidaté et ai été convoqué à un entretien par le directeur des ressources humaines de cette société de débarras. Ce Monsieur, très jeune au demeurant, m'a indiqué qu'il était à la recherche de personnes dans ma tranche d'âge et disposant d'une énergie considérable. Je semblais, à ma plus grande surprise, faire l'affaire. Cela m'a été confirmé par téléphone quelques jours plus tard, lorsque j'ai appris que j'étais retenu pour occuper le poste.


Mes débuts en tant que débarrasseur


Mon premier jour de travail est arrivé rapidement. J'ai rencontré mes nouveaux collègues dans un fourgon blanc qui est venu me chercher devant chez moi. Assis à côté du conducteur, j'ai pu découvrir ceux avec qui j'allais partager mes journées dorénavant. Il s'agissait de deux hommes d'une vingtaine d'années, qui semblaient heureux d'être là et qui m'accueillirent de manière fort joviale. Ils me demandèrent si j'avais bien aux pieds les obligatoires chaussures de sécurité, et si j'étais déjà intervenu en tant que débarrasseur pour vider une maison ou un appartement. Je répondis que non, et ils sourirent alors en devisant gaiement. Le plus vieux me dit calmement qu'il était chargé de m'expliquer le travail. C'est ainsi que se déroula mon premier contact avec ce nouveau travail qui me passionne.


Mon premier débarras


Il s'agissait d'un logement entier à vider. Un appartement à débarrasser, où j'ai compris après quelques minutes qu'il allait falloir tout évacuer. Meubles, objets, vaisselle, appareils électroménagers, tout devait disparaître. C'est ainsi que mon apprentissage débuta. Mise en sac des encombrants. Tri des biens en fonction de leur composition, de leur éventuelle valeur de reprise ou de la possibilité d'être donnés. Voici ce qu'il se passait. Au bout d'une heure, j'avais complètement pris le rythme de mes deux collègues débarrasseurs, et j'étais parfaitement dans le bain de ce qu'il se passait autour de moi. J'avais quelques questions de temps à autre, mais au final, rien qui ne dérangeait ces deux féroces travailleurs. en levant la tête, je m'aperçu rapidement que j'avais trié deux fois moins d'objets et de meubles qu'eux. Rassuré par le plus ancien, je me remis à l'ouvrage.

La manutention commença rapidement après la fin du conditionnement. Elle constitua un temps fort de ce débarras et se prolongea durant plusieurs heures. Pas aisé de bouger plusieurs tonnes de meubles et d'objets en moins d'une journée. En tout cas cela ne m'a pas paru simple. Aujourd'hui je souris à l'évocation de cette première friction avec le métier de débarrasseur, et j'ai déjà pu vider plus de maisons et d'appartements que je ne peux en compter. Je suis passionné par ce métier, qui fait des encombrants de nouveaux objets. Qui donne un nouvel intérêt à l'inutile. Bref, je suis débarrasseur et j'aime ça!