HISTORIQUE DU CINEMA CAMEROUNAIS

HISTORIQUE DU CINEMA CAMEROUNAIS

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Le Cinéma Camerounais
Tout comme les deux saisons, les gens changent au gré du temps, c’est un phénomène
assez rare, mais quand ça arrive le plus souvent, c’est en mieux. Tel est le cas du 237

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qui, depuis les années 60 après les indépendances, a vu naitre et grandir son cinéma local
à travers l’engagement et l’amour inexorable des premiers pionniers de ce domaine dans
notre Afrique en miniature. Aussi, pouvons-nous nous demander : qui sont les pères du
cinéma au Cameroun ? Comment s’est développé ce cinéma ? Quelles sont les réactions
du public face à l’émergence des salles de cinéma dans leurs localités ? Comment
fonctionnent les maisons de productions de films au Cameroun ? La réponse à ces
questions constituera alors la toile de fond de cet article dédié au cinéma Camerounais.

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Tout d’abord, le cinéma Camerounais a vu le jour non pas dans son berceau mais bel et
bien à l’étranger, dans la ville de Paris où en 1962, Jean-Paul Ngassa décide de faire un
documentaire sur la situation des étudiants camerounais en France du nom d’ Aventure
en France ,qui rencontra un grand succès et

Jean paul Ngassa

inspira d’ailleurs d’autres figures telles que
Thérèse Sita-Bella, la réalisatrice de Tam-tam à Paris en 1963.

thérèse sita-bella

Pour que les jeunes camerounais se mettent réellement au 7eart, il aura fallu attendre 1966 pour que Dia Moukouri publie son premier long métrage tourné sur le territoire national intitulé Point de vue n° 1 .
Dans les débuts des années 70 avant la Réunification, le cinéma Camerounais avait
d’autant plus une connotation patriotique à travers un engagement plus accru du jeune
Ngassa de retour au bercail et qui produira le film Une Nation est née. Dans le même
sillage, nous retrouverons le même son de cloche patriotique chez Jean-Pierre Dikongué Pipa qui aura plusieurs films à succès au rang desquels Muna Moto en 1975,qui sera
sacré Grand prix FESPACO(Festival Panafricain de Cinéma à Ouagadougou) en 1976,
Histoires drôles, drôles de gens (1983) et Badiaga (1986).

Jean-Pierre Dikongué


D’autres producteurs tels que
Daniel Kamwa, Jean-Marie Téno, Jean-Pierre Bekolo et Bassek ba Kobhio suivront les pas de leurs prédécesseurs dans ce domaine en mettant en exergue tant des thématiques sociologiques, culturelles que politiques dans leurs réalisations.

Daniel Kamwa
Jean-Marie Teno
Jean-Pierre Bekolo
Bassek ba Kobhio


Mais alors, à chaque siècle chaque nom, dès le début des années 2000, émergera une nouvelle génération de cinéastes au Cameroun, avec des personnages comme Joséphine Ndagnou connue par son film à succès Paris à tout prix, a enregistré 70 000 entrées en 2008.

Joséphine Ndagnou


Cependant,Joséphine Ndagnou n’est pas la seule à avoir fait vibré le cinéma
Camerounais, nous aurons aussi le célèbre Thierry Ntamack reconnu pour ses films à la fois patriotiques qu’humoristiques à l’instar de La Patrie d’abord et du Blanc d’Eyenga.

Thierry Ntamack

Dès 2010, avec l’avènement des nouvelles technologies, le cinéma Camerounais
connaitra un nouvel essor avec notamment l’émergence du cinéma d’animation à travers le premier long métrage historique de Daniel Kamwa, Turbulences, un film d'animation en images de synthèse conçu et produit au Cameroun mais animé en Afrique du Sud. Ce sera alors en 2017 que sortira le premier long-métrage entièrement conçu et fabriqué au
Cameroun, Minga et la cuillère cassée de Claye Edou, dessin animé inspiré des contes des années 1970.

Claye Edou

Mais, il est aussi à noter que, dans l’histoire de l’industrie cinématographique au
Cameroun, l’Etat Camerounais a tout de même contribué à aider ses citoyens à s’exercer dans ce nouveau métier artistique, on pourra par exemple dire que, en 1973, le gouvernement créa le Fond de développement de l’industrie cinématographique (Fodic), qui encourage la production cinématographique nationale sur les plans logistiques et financiers. Et, avec l’avènement de la mondialisation, dans les années 2000, on assistera à une privatisation du cinéma au Cameroun, avec l’essor des chaines de télévisions privées.
Pour ainsi dire, le cinéma Camerounais acquit ses lettres de noblesses dès les années 70 jusqu’à nos jours, car avec le temps, le Cameroun s’intègre petit à petit dans le Panthéon des grands cinéastes Africains, après avoir gagné 6 prix au FESPACO.
En 1976, le film Muna Moto de Jean-Pierre Dikongué Pipa a remporté le 1er prix du FESPACO appelé
l’Étalon de Yennenga.
En 1997, le film Le Complot d'Aristote de Jean-Pierre Bekolo a remporté le 1er prix du meilleur son du FESPACO.
En 2005, le film Les Saignantes de
Jean-Pierre Bekolo a remporté l'Étalon d'argent : 2e prix du FESPACO.
En 2009, toutes catégories confondues, le Cameroun a présenté 8 films, dont 3 ont été primés :
Waramutseho de Bernard Auguste Kouemo Yanghu : Poulain de Bronze dans la
catégorie "Court métrage".
Une affaire de nègres d’Osvalde Lewat : 3e prix documentaire.
Paris à tout prix de Joséphine Ndagnou : Prix spécial du jury série télévisée Vidéo. Et, en 1997, Bassek Ba Kobhio préside le festival Écrans noirs via l'association éponyme qui permet la diffusion des créations cinématographiques
Camerounaises et Africaines permettant aussi d'apporter une réflexion sur le cinéma Africain en général.
Dans la vie quotidienne des citoyens de « L’Afrique en miniature », les salles de cinéma affluaient sur l’étendue du territoire nationale on dénombrait en tout 32 dans les années 70.Mais, avec la prépondérance du petit écran qui fait contrepoids à celles-ci le nombre
de leurs fréquentations s’est vu réduit avec le temps, on aura par exemple en 2003 le
« capitole » qui fermera ses portes à Yaoundé, en 2009,les trois dernières salles
nationales fermeront également : l’ « Empire » à Bafoussam, le « Wouri » à Douala et l’ « Abbia » à Yaoundé.
En 2017, nouveau souffle de vie pour les salles de Cinéma au Cameroun, Vivendi, le
Groupe détenu par Vincent Bolloré, ouvre deux salles modernes de cinéma, à Yaoundé (Campus Ngoa-Ekelle) et à Douala (Quartier Bessengué), dénommées Salles Olympia, et faisant partie du vaste projet de construction d'un réseau de salles modernes partout en Afrique(Canal Olympia).

En définitive, le cinéma Camerounais est un art qui a déjà fait ses preuves sur la scène Africaine, et qui d’ailleurs a su susciter l’attention de son public national, ceci depuis Jean-Paul Ngassa en passant par Bassek ba Kobhio jusqu’à Claye Edou sans oublier l‘illustre Thierry Ntamack qui sont ces jeunes producteurs qui donnent vie au cinéma national, comme quoi , 60 ans plus tard ,la jeunesse continue d’être le fer de lance de notre Nation .Et on espère qu’un jour cette jeunesse sera le porte étendard des valeurs patriotiques qu’enseignent le Cameroun et conduira nos jeunes cinéastes à des festivals
encore plus reluisant dont le Festival de Cannes où nous pourrons ainsi représenter
l’Afrique comme nos frères Magrébins dans ce grand festival international, l’image
d’une Afrique qui sait fait du cinéma au même rang que les Occidentaux.

Par BAPFUBUSA SIAPZE JESUS-MARIE

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