7 Novembre 2023
Romain GressotMatin - Hôtel
- Mon oreille secrète un mucus jaune puant.
- Anastasia a pris un rdv pour moi dans un centre médical. Rdv le surlendemain matin. 1500 roubles.
- Je fais quelques recherches de photos de Paris pour la présentation à laquelle je suis invité tout à l'heure. Je retourne parler pour un cours de français à l'université БГПУ. On m'a demandé de faire un PowerPoint avec des bâtiments ou des régions de France et d'en parler. Je réunis quelques photos pour ma présentation: Arc de triomphe, photo de François Joseph Gressot (un type pas connu du tout, mais dont le nom est gravé sur l'Arc de triomphe - Je ne sais pas si c'est mon ancêtre, mais je prends le pari, et le prétends), parc des Buttes Chaumont (où j'habite), le Sacré Coeur, la Maison russe des sciences et de la culture à Paris (où j'ai pris des cours de russe) et le Le Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe, le musée Jacques Chirac du Quai Branly, les quais de Seine (où on prend l'apéro l'été), les bouquinistes qui y travaillent ("typique"), une vidéo marrante d'un type qui note des croissants au milieu des manifestations parisiennes, une photo de croissant et d'une chocolatine (le débat), une photo de Gérard Depardieux, et quelques photos des anciennes carrières de paris (et anecdotes).
Midi - Université БГПУ
- J'arrive à la fac et attend dans le hall, devant les tourniquets restreignant l'accès, et les deux gardes installés dans leur boite à écrans de surveillance.
- Une vidéo est en train d'être tournée dans le hall, devant les escaliers, avec des étudiants.
- Olga me rejoint, nous nous saluons puis nous dirigeons vers la salle de cours. Elle pause son manteau au vestiaire, je garde le mien.
- Arrivés dans la salle de classe, il n'y a que des jeunes filles. Elles sont une vingtaine. Cette fois, je ne suis pas dans la classe d'Olga, mais dans celle d'une autre professeure. Olga nous quitte.
- Suivant les indications de la professeure, je commence à poser quelques questions simples au hasard aux élèves.
- Ça me fait bizarre de me retrouver de ce côté du bureau dans une salle de classe, mais on ne va pas se mentir, vu le public, l'expérience n'est pas désagréable.
- Pendant une heure, j'arrive à débiter un enchaînement entre chacune des photos avec des anecdotes toutes plus insignifiantes les unes que les autres sur mes aventures à Paris, et tout semble clair, en apparence. Mais ce sont des premières années, et je soupçonne que tout le monde m'a laissé parler pour rester poli. Roue libre. Bref, ça passe.
- Vers la fin du cour, Olga revient. Nous recommençons à nous échanger quelques questions. Quand le cour se termine, je reprends ma clef usb, et nous nous dirigeons, Olga, l'autre professeure et moi, vers une exposition concernant la commémoration des opérations militaires que la Russie a mené conjointement avec la Chine contre le Japon durant la Seconde Guerre Mondiale.
- Sur le chemin, je croise Dasha et Arisha. On se fait joyeusement gronder par Olga quand on se met à parler anglais entre nous, comme on l'a fait tout l'autre soir au bar.
- Je mentionne que j'ai un peu soif et Olga m'offre une bouteille d'eau, achetée dans une toute petite échoppe de boissons, sandwich et biscuits située dans un coin de l'université. Il y a une vendeuse. Et non loin, il y a des distributeurs automatiques.
- Après quelques minutes, nous arrivons dans une salle où une superbe expo est installée. Au milieu de la salle, des chaises sont installées. Devant, il y a un grand écran plat, et une table. Trois hommes sont présents. Je les salue tous. Deux vont me faire la visite, et le troisième restera en retrait et filmera toute l'interaction avec plusieurs caméras ou appareil photo. Ça devrait faire l'objet d'une vidéo pour un réseau social de l'université. Ça en jette, c'est beau, c'est pro, ça n'a pas dû faiblir sur le budget.
- Nous sommes donc six, et deux des hommes commencent donc à nous (me?) faire faire une visite guidée. Olga traduit.
- On m'explique plein de choses, mais, erreur majeure, je n'ai pas de quoi prendre des notes.
- Il y a des éléments de paquetage de soldat, des médailles, des livres, des photos... Sous vitrine. Certains des éléments sont d'époque, d'autres sont des copies.
- Un des deux hommes me faisant la visite est un descendant d'un des soldats soviétiques présents sur une des photos.
- Ils insistent sur les exactions que les Japonais ont commises à cette époque.

- On me pause quelques questions sur la guerre en Ukraine et le rapport que ça pourrait avoir avec ma démarche d'anthropologue. J'explique que ce n'est pas mon centre d'intérêt. Cela fait partie du contexte géopolitique dans lequel est inscrit le chantier du téléphérique, qui est mon sujet d'étude. Ce qui m'intéresse, ce sont les relations sino-russes, et plus particulièrement les relations locales (Heihe-Blagovechtchensk).
- À la fin, on me demande d'écrire un mot dans une sorte de livre d'or, et d'en dire un, face caméra. J'improvise, je joue le jeu, comme si on me demandait de danser autour d'un feu de camp au fond de la jungle. J'aime bien ça, ça m'amuse, et de toute façon, je ne crois pas qu'il y a beaucoup de place pour un non. Comme je l'ai plusieurs fois exprimé, je suis ici en tant qu'anthropologue, donc si on me propose de prendre part à quelque chose, je me décentre et j'accepte. Je ne dis pas qu'il faut tout accepter, mais là, je ne voyais pas de raison valable de ne pas me plier à l'exercice.
- Une fois le tour fini, Olga, la seconde professeure et moi quittons le reste du groupe. Dans l'escalier menant à la sortie, elle me prend en photo à côté d'une sculpture d'un jeune Lénine en une sorte de plexiglas. Je pause comme si c'était mon meilleur pote. Ça fait sourire.
- Avant de nous quitter, Olga me donne quelques indications sur la présentation que je devrais faire demain pour les tout jeunes écoliers apprenant le français. Elle m'informe qu'il y aura des caméras, la télé.
- Je mange au Free Time. Des élèves m'ont demandé si j'avais mangé des plats typiques Russe. J'ai fait rigoler quand j'ai demandé si le menu du Free Time rentrait dans cette catégorie.
- On me demandait si je préférais les femmes russes ou françaises.
- Je vais acheter des blocs-notes et un stylo, en face du Centre commercial Mega.
17:00 - Devant un bâtiment administratif
- Je retrouve Оля. Elle était dans ce bâtiment pour faire faire un visa qui lui permettra de rester hors du pays pour plusieurs années.
- Nous allons faire du shopping, au Острова, un autre gros centre commercial. J'ai besoin de gants. Nous nous arrêtons dans un café, et discutons. Elle vient de passer plusieurs heures à interviewer un prêtre qui n'en finissait pas de parler. Elle travaille beaucoup.

- On sort, et on me trouve une paire de gants. Ça y est, je n'ai plus froid dehors.
- Nous continuons à discuter dehors, et marchons. Elle me met en garde sur les photos que je prends. Il est interdit de photographier des agents du gouvernement. Nous nous quittons à un arrêt de bus.
- J'achète du Coca-Cola. L'étiquette est chinoise. Le produit est le même.
- Par message nous éclaircissions la situation concernant notre relation, Оля et moi. Je suis ici pour bosser, et nous nous en tiendrons à certaines limites.
- Une fois rentré, je remarque une veste aux motifs camouflage urbain-neigeux (gris noir blanc) avec une écriture jaune sur le pectoral droit, accroché dans la chambre. Elle appartient au plus vieux. On dirait une veste d'agent de sécurité.
- Il se trouve qu'Игорь Горевой du journal Amour Life que j'ai interviewé l'autre jour, est un des boss d'Оля.