4 Novembre 2023
Romain Gressot11:09 - Hostel
- Je reviens des barres.
- Tour des réseaux sociaux (Telegram, VKontact, boite mail)
- Aujourd'hui c'est le jour de l'unité nationale en Russie. Du côté des médias français, ça cherche la critique.
- Je me dis qu'il y aura peut-être quelque chose de spécial qui va se passer au баня pour l'occasion.
12:50 - Au bania
- Je m'aperçois que j'ai oublié de prendre mon maillot de bain. Pourtant, j'ai pensé à tout le reste, tapatchki, chapka, miel, thé, lunettes, bonnet, serviette...
- Je salue quand même les gens et quelques-uns des gars me demandent de les prendre en photo et en vidéo.
- Il y a une couche de glace sur l'eau, d'environ huit centimètres. Elle est formée sur le bord de la rivière, là où le courant est le moins fort, perturbé par le pont où accostent quelques petits bateaux en amont. Plus loin, là ou le courant nous emportait quand nous nagions (pas de nageurs quand la glace est formée), on voit des morceaux de glace dériver.

- Je retourne chercher mon maillot. Au passage, je mange au free time.
- Il n'y a rien d'exceptionnel qui se passe au bania aujourd'hui, hormis qu'il y a plus de monde que d'habitude. On a parfois du mal à se trouver une place à l'intérieur du sauna.
- Parfois, une femme ajoute quelques gouttes d'huile essentielle dans le versoir. Quand ça s'évapore, ça fait une odeur agréable. À un moment, le bouchon de son flacon se défait, et la moitié de son flacon tombe dans le versoir. Elle dilue le tout dans un des seaux d'eau. Mais ça restera probablement très concentré.
Plus tard -
- Je fais une sieste en rentrant du bania.
- Je vais acheter une bière chinoise d'un litre avant d'aller à На месте.

Plus tard - На месте
- Il y a un événement de stand up.
- La salle était pleine, les gens, entre vingt et trente ans, étaient assis par terre pendant que d'autres prenaient la parole un par un et faisaient leur show humoristique. À la fin, il a fallu choisir le comique qu'on a préféré, en entourant son visage sur une feuille A4, et le gagnant a gagné un peu d'argent (pas plus de vingt euros, je crois).
- Je bois deux litres de bière.
- L'événement se termine, et je vais chercher à manger et à boire avec Anastasia et Olia. On passe par le KFC et une supérette qui vend de l'alcool.

- Quand on revient à la galerie, tout le monde est parti, et nous restons manger là.
- Anastasia, qui fait partie de l'équipe qui est à l'origine de На месте, m'explique qu'ils touchent de l'argent de la part de l'Etat, et qu'ils doivent rendre des comptes en prenant quelques photos de leurs événements, et justifier leurs dépenses d'argent.
- Nous passons la soirée à discuter, en écoutant de la musique sans enceinte directement avec le smartphone, et à boire du vin.
- J'ai remarqué qu'il y avait une machine à imprimer des journaux apparemment à l'abandon dans le couloir du rez-de-chaussée (considéré comme le 1er étage pour les Russes). Dans mon ivresse, j'imagine à haute voix comment imprimer un journal qui dirait la vérité sur tout, au monde entier, et ça lance une discussion sur la liberté d'expression et ses limites, ainsi que les sanctions pénales, professionnelles, et autres qui matérialisent ces limites.
Vers minuit - Devant le bâtiment d'Амурская Правда
- Les filles rentrent en taxi. J'ai encore mon énergie de soûlard, et je décide de rentrer à pied dans le froid avec un détour par la supérette.
- Sur le chemin, alors que je m'amuse à "patiner" sur la glace, mon regard est attiré par trois énormes cheminées au loin, illuminées aux couleurs du drapeau Russe, créant d'énormes nuages de vapeur. En tournant la tête, je m'aperçois qu'il y a beaucoup de monde sur le parking du centre commercial jouxtant le journal.

- Je me rends compte qu'il y a une session de drift sur glace en cours ! Il a neigé récemment. Sur le parking, le passage des voitures a créé une patinoire parfaite pour déraper. Je vois que des voitures, allant à une vitesse infernale d'environ quatre kilomètres par heures sont en train de déraper de l'arrière les unes à la suite des autres sur une piste circulaire glacée improvisée. Moi, fasciné comme un gamin, je m'approche, et observe le balai des bagnoles. Je reste planté là quelques minutes à rigoler tout seul et à faire le supporter, les pieds dans la neige, smartphone à la main à faire des vidéos. Une caisse est garée juste à côté de moi sur le bas-côté. Le conducteur rentre dedans, allume des LEDs violets qui colorent son habitacle, puis recule. Je suis un peu sur son chemin et le laisse passer. Il est seul. Je le regarde, et je lui fais un geste qu'on pourrait se traduire par :"Y'a moyen que je monte?", ce à quoi il répond de la tête :"Ouai vas-y entre".
- Me voilà installé dans une caisse au tableau de bord décoré au marqueur et aux poignée bringuebalantes, à expliquer en Russe que je suis Français, saoul, anthropologue et un peu zinzin. Heureusement, le type ne discute pas trop et s'occupe de glisser sur la glace et de régler le volume de la musique. Moi, je profite, et je fais des vidéos. Je souris bêtement comme un type de l'Ouest, tout du long. C'est un bon moment.

- On finit par s'arrêter. On sort et il rejoint trois potes à lui, garés. Ils sortent de l'arrière d'une des voitures, dans laquelle il y avait plusieurs personnes. Moi, je suis toujours dans le même état, mais eux sont sur une autre longueur d'ondes. Je pause une ou deux questions non-concluantes, et je sens qu'il est temps pour moi d'aller voir ailleurs. Un pipi dans les buissons, et je m'éclipse. "L'alcomarket" est fermé, je râle, mais c'est pas plus mal. Je rentre à pied, ça me prend trois quarts d'heures. -Parfois, aux carrefours, des bagnoles passent en dérapant. Je trouve ça très distrayant. Mais j'ai rarement entendu du bien de ce genre de comportement de la part des locaux.
