29 Octobre 2023
Romain Gressot- Ce matin je suis à peine réveillé qu'Andreï (le vieux) vient me taper une clope. Ça me gonfle surtout que je ne suis pas encore sorti du pieu et qu'il ne dit pas "s'il-te-plaît". Il a l'audace de me dire que je suis étrange aujourd'hui. C'est vrai, car il me saoule et je cherche comment réagir de la façon la plus appropriée. Je suis en train de demander à l'administratrice si je peux laver mes vêtements quand il dit "Français! Viens là!". Je ne bouge pas et lui rappelle que je m'appelle Roma. Sa voix baisse un peu dans les aigus et je vais au sport.
11:30 - Aux barres
- Je viens de finir mes exercices. Un type d'environ 45 ans m'a adressé quelques mots. JE n'ai rien compris à ce qu'il m'a dit, c'est catastrophique.

- Andreï (le vieux) a transféré ses affaires dans la chambre où Andreï (le jeune) et moi, sommes.
- Je me rappelle qu'Olga m'a dit que j'aurais dû la contacter plus tôt pour pouvoir assister aux événements russo-chinois ayant eu lieu les jours précédents.
- Je me pause des questions sur ma position sur le terrain, et la façon dont il conviendrait que je me présente : Je suis scientifique, je suis Français, j'ai l'intention de m'inscrire dans une université française pour une thèse, et je souhaiterai coopérer/travailler/codiriger cette thèse avec une université Russe et/ou Chinoise. Cependant, Olga me disait que la France était officiellement dans la liste des Etats ennemis. L'important pour moi est d'être clair sur ce que je viens faire ici, comment, et avec le soutien de qui.
12:00 - =
- J'entends des détonations. J'ai du mal à comprendre leur origine, car ça ressemble à des feux d'artifices, mais nous sommes en plein jour. Difficile de profiter d'un spectacle de feux d'artifices en plein jour.
- L'université, grâce à l'enseignement du Français, reçoit des financements de la part de l'Institut Français. Mais ce n'est pas comparable à la quantité d'argent que la Chine est prête à mettre sur la table pour que le Chinois soit enseigné. (Me remémorant la discussion avec Olga)
- À l'université, les groupes Anglais-Français et Anglais-Allemand compent une grande majorité d'élèves par rapport aux groupes Anglais-Chinois. (Me remémorant)
13:25 - Fast Food Free Time
- Un groupe de gamines est arrivé à l'hostel. Elles prennent deux chambres. Elles doivent être une dizaine.
- Je mets mes vêtements dans la machine à laver de l'hostel.
- Pas de mélange filles/garçons dans les dortoirs.
- Andreï (le vieux) m'a demandé si je lui en voulais, à cause de la façon dont je lui ai rappelé comment je m'appelle. Je lui souris et lui dit que c'est bon, tout va bien, en lui pausant la main sur le bras.
- (Me remémorant) Olga avait fait une blague : Je ferai l'expérience anthropologique des gardes-frontières si je vais faire du patin à glace sur le fleuve gelé.
- Je tombe sur le compte VKcontact de Xenia (car j'ai enregistré son numéro de téléphone, et l'application à accès à ma liste de contact). Elle pause beaucoup en maillot de bain dans différents endroits du monde.
13:52 - =
- Артюм vient de m'écrire. Il sera en bas de l'hostel à 15:00.
- Je ne sais même plus combien de jour de retard j'ai sur mes posts.
- (Me remémorant) Olga m'a parlé du travail de plusieurs journalistes qui viennent faire des reportages ici, en restant pour une courte durée (autour d'une semaine en général).
15:00 - En bas de l'hostel
- Je retrouve Артюм. Nous discutons en français pendant que nous nous dirigeons vers le lieu où va avoir lieu la projection du film. On arrive dans un centre commercial en face du Три кита. On me dit que c'est le premier centre commercial qui a été construit à Blagovechtchensk. Il porte un nom chinois, comme les autres similaires à celui-ci. Une fois entrés, on monte au dernier étage, et on marche au milieu des couloirs de vitrines. On s'arrête devant une vitrine calfeutrée d'un grand sticker noir. C'est ici. Quand la porte coulissante s'ouvre, la salle est déjà plongée dans le noir, éclairée à la bougie, décorée sur le thème d'halloween. C'est une salle profonde avec un bureau au milieu. Des chaises sont positionnées devant le bureau, et le film est projeté sur le petit tableau blanc. Il doit y avoir huit personnes, d'environ vingt ans, ainsi que le professeur, Romain. Ici, il donne des cours d'Anglais et de Français. Différentes personnes parlent plus ou moins l'une de ces langues.
- Pendant qu'on marchait, Артюм a dit que pour lui c'était quelque chose de prestigieux de parler dans la rue en français avec un Français.
- On commence le film, sur le thème d'halloween :" La famille Adams", en anglais non sous-titré. C'est un bon moment et on boit un verre d'une boisson verte.
- Après la séance, nous discutons brièvement avec les personnes présentes, un peu en français, un peu en anglais.
- Une des jeunes filles présentes, Anastasia, m'invite à un événement qui a lieu ce soir. Romain s'y rend aussi. J'accepte, et nous passons par une épicerie, acheter du vin et de l'eau. Puis nous prenons le bus en direction d'un bâtiment au style soviétique, que Romain me décrit. Il s'agit du bâtiment où est installé un journal local (Amourskaya Pravda, je crois).

- Une partie du bâtiment semble héberger diverses activités. Il est possible de louer des espaces. D'abord, nous allons voir l'atelier d'un artiste qui travaille et vit ici. Il s'est fabriqué une mezzanine dans son atelier à plafond haut (sans fenêtre ni douche). La mezzanine fait office de cuisine et de chambre. Il nous parle de ce qu'il fabrique, et je regarde sa collection de vinyles. Je suis aussi intéresse par les masques qu'il fabrique. Il parraît que les masques sont associés à la mort, et qu'on n'en trouve pas à l'intérieur des maisons Russes. J'apprendrai plus tard qu'il fabrique des masques mortuaires. Puis, nous nous dirigeons vers une autre salle, au troisième étage (à noter qu'il y a un étage 2 et demi).

- On arrive dans une petite salle, encore à haut plafond, où se trouvent déjà une dizaine de jeunes gens. L'endroit s'appelle На месте. L'ambiance est aux déguisements d'halloween, et la décoration aussi. D'après ce que je comprends, tout le monde est réuni ce soir pour lire, où performer des histoires qui font peur. Des œuvres sont accrochées ou collées sur les murs. C'est une petite galerie. Je ne comprends rien aux histoires, et j'applaudis en même temps que les autres. Je rencontre Gena, Olga, et d'autres, dont je prends les contacts (Telegram). Gena et Olga parlent anglais. Gena travaille chez 2GIS, une application de cartes géographiques très utilisée en Russie. La soirée se termine et tout le monde rentre en taxi. Cependant, Romain et moi marchons jusqu'à mon bâtiment. Il a son vélo avec lui (vélo de ville au cadre bas, qui freine en rétropédalant, pas de freins au guidon). Nous discutons de sa vie ici, à Blago, où il a toujours vécu, sauf pendant les quelques années qu'il a passé à travailler en Chine. Il a douze chats, mais ils ne sont pas tous à lui. Nous parlons aussi de ses années étudiantes laborieuses à l'АМГУ. Il connaît Olga (la professeure de français). Il me dit que tous les garçons étaient amoureux d'elle, à l'époque.