11 Novembre 2023

11 Novembre 2023

Romain Gressot

10:21 - Hôtel

  • L'administratrice la plus âgée vient discuter pendant que j'écris sur mon bloc-notes. Elle me dit qu'elle n'aime pas cette ville, par rapport à Yakoustsk (ou la région de Yakutia, je ne saisis pas bien). Elle n'apprécie pas les gens d'ici.
  • À la télé, passe une publicité d'enrôlement militaire. Je ne l'ai encore jamais vu, celle-ci. Le salaire a augmenté. Avant, ils proposaient 204000 roubles. Maintenant, ils affichent 210000 (soit environ soixante euros de plus).

11:38 - =

  • Une attaque d'ours est montrée aux infos (floutées). Le plus vieux qui dort dans la chambre, avec la veste camouflage, m'explique que c'est dans sa région que cela a eu lieu. Il me montre la vidéo non floutée, en cliquant sur une vidéo postée sur un canal de discussion whatsapp ou télégram. On utilise le traducteur du téléphone pour communiquer. La seule chose à faire face à un ours, c'est de tirer, m'explique-t-il. Puis il me montre la photo d'un type au crâne explosé, cervelle répandue. Il se serait fait ça tout seul, en s'appuyant sur son fusil chargé pour se relever lors d'une session de chasse. Je ne comprends pas pourquoi il me montre ça.
  • Je paye mes derniers jours à l'hôtel.

12:45 - Aux barres

  • Je viens de finir mes exercices. Le vieux Andreï a encore été chiant. Je cogite sur comment je vais le confronter cette fois-ci.
  • Les balançoires ont été enlevées dans l'espace de jeu, à côté des barres.
  • Je pense a mes activités parisiennes. Certaines choses me contrarient. J'écris pour mettre de l'ordre.
  • L'idée d'aller faire des petits trous dans du papier au stand de tir me prend.

Plus tard - Au bord de l'Amour

  • Je regarde un aéroglisseur traverser le fleuve, du bord russe vers le bord chinois. Quand il arrive sur le sol chinois, plusieurs véhicules se pointent immédiatement autour. C'est très loin, je ne peux pas voir grand-chose. Puis un autre aéroglisseur fait le chemin inverse. Il n'y a plus de bateau au milieu du fleuve. Mais il y a de nouveaux panneaux indiquant qu'il est interdit de traverser sur la glace. Il y a aussi des minis cubes préfabriqués, à intervalles réguliers, qui sont apparus du côté russe. Certainement pour maintenir des gardes-frontières au chaud.

Plus tard - Au stand de tir Выстрел

  • Je passe une porte. Je me tourne vers un comptoir. Une femme souriante vient me voir. Elle m'explique des choses. Puis un homme parlant anglais vient. Il me détaille les différentes armes utilisables, etc. Je dois attendre qu'un couple ait fini sa séance avant de pouvoir tirer à mon tour. On m'autorise à aller les regarder. Je m'assois et les observe. Les dix premières détonations me font toutes sursauter, même en regardant le type appuyer sur la détente. Les munitions, quel boucan. En attendant, on me fait signer des papiers de décharge, si jamais je me tirais une balle. À un moment, l'instructeur va dans son bureau et laisse le couple avec les flingues et les fusils. Il n'y a pas de pas de tir individuel. C'est juste un hangar avec un amortisseur au fond pour arrêter les balles avant le mur de briques. Et je comprends vite que niveau sécurité, ils la jouent sélection naturelle. Je dis ça par rapport à mon expérience de tir à Prague qui n'avait rien à voir, niveau briefing sécurité: Très long très détaillé très encadré. Ici, c'est plutôt : "Tiens, et fais gaffe".
  • Le mec prend les deux armes de poing. Un flingue dans chaque mains, il se met dos au pas de tir, et les pointe en rigolant vers sa copine qui le prend en photo. L'instructeur est dans le bureau. J'écarquille les yeux en imaginant la réaction qu'aurait eu l'instructeur à Prague, ou un instructeur en France. Ici, ça passe, ça rigole. Puis elle aussi tire. Elle se prenait en selfie avec son gars en arrière-plan pendant qu'il tirait. Les douilles brûlantes s'envolent. Ça sent la poudre.
  • Mon tour vient, et on me présente les jouets. Il y a un flingue de la marque Kalashnikov, le ПЛК (PLK) qui est une sorte de Glock russe, et un flingue tchèque, le CZ Shadow 2. Les deux envoient du 9 millimètres. Ensuite, j'aurai pu jouer avec un fusil automatique de la Seconde Guerre (le même qu'au musée dont on m'a fait la visite), mais j'ai préféré le Saiga-9, aussi en 9 millimètres, puis deux autres fusils, dont un à lunettes. Ce dernier, c'était ennuyant, tout fonctionnait trop bien. 
boom-sticks
  • Bon alors, en gros, tout ça c'est beaucoup de fric et de bruit pour au final faire des petit trous façon poinconneur des Lilas. J'ai foutu la moitié des 100 munitions dans le mur au lieu de traverser les cibles (surtout avec le PLK, je ne comprends pas comment j'ai pu être si mauvais, j'ai une revanche à prendre). Tout était en semi-automatique, je n'ai pas pu défourailler à la Tony Montana. Quand j'en ai eu fini avec ces boom-sticks, j'ai lâché 7500 roubles, et me suis barré avec le sourire et les oreilles qui sifflent, car oui, j'avais le casque anti-bruit sur la tête, mais pas sur les oreilles. Bien joué Romain. Un autre jeune couple m'a suivi. C'est pas la même notion du rancard qu'à Paris.
  • Je vais à На Месте, l'expo a commencé depuis longtemps déjà. À l'entrée, je croise Olia qui s'en va.
  • J'arrive à la fin d'une présentation de l'expo. Il y a une trentaine de jeunes gens. Des photos et des vidéos sont prises. Je rencontre beaucoup de monde. C'est le côté français qui rend curieux.
  • On est maintenant avec Anastasia, et on va voir des artistes dans leur atelier bois. On boit de la bière artisanale, on discute. Puis on retourne dans la salle d'expo, et on mate un film.
  • Chacun rentre ensuite chez soi.

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